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Essai routier de la nouvelle Audi A4

7 septembre 2016 - Par Frédéric Masse

Jumelles non identiques

Vous avez déjà vécue cette expérience, j’en suis persuadé. Vous rencontrez deux jumelles. L'une est jolie, intelligente. L'autre… dans une autre ligue. Elle est magnifique, surdouée. C'est cette drôle d'impression que j'ai eue avec la nouvelle Audi A4. De l’extérieur, l’ancienne et la nouvelle génération se ressemblent énormément, comme des jumelles quasi -identiques. Mais la nouvelle génération est dominante, au point où, selon moi, elle est devenue LA référence dans cette catégorie. 

Pareilles, pas pareilles

Quand on la regarde, il faut être attentif pour distinguer la nouvelle génération de l’ancienne. La calandre avant, quelques jeux de tôles et les lumières sont les indices les plus perceptibles. Le commun des mortels ne saura même pas que la A4 a changé. Pourtant, à l'intérieur et au volant, c'est le jour et la nuit. La nouvelle berline est plus grande et plus spacieuse, au point où on se croirait parfois dans une A6. À l'extérieur, c'est moins évident. Elle n'est pas flamboyante et c'est peut-être là son principal point faible. Même ma version S-Line, toute de noire vêtue, avec ses magnifiques roues couleurs titane, était belle, mais manquait d’un peu de charisme. C'est le type de détails qui ne se décrit pas, mais se voit. Le design de la carrosserie est plus rationnel, moins passionnel qu'une Jaguar XE, une Lexus IS ou encore, une BMW Série 3.

Mais si nous revenons à l'intérieur, c'est une toute autre histoire. Alors que l'ancienne génération, bien que déjà fort jolie, était totalement dépassée sur le plan technologique, la nouvelle A4, à l'image du Q7, est maintenant devenue une geek. C'est la première chose qui frappe. Ça, et l'impression d'être dans un habitacle tellement silencieux, spacieux et luxueux. Des prises USB à des endroits accessibles (les propriétaires de l’ancienne génération comprendront), un tableau de bord tout numérique appelé Virtual Cockpit (magnifique et pratique, mais optionnel), une console centrale hyper minimaliste (ça, on aime ou on n’aime pas), tous les systèmes d'assistance et de détection (évidemment offerts en option pour la grande majorité), une caméra de recul 360, le Apple Car Play (ou Android Auto)... On peut même l'équiper d'un système audio Bang & Olufsen de 755 watts qui compte 19 (!) haut-parleurs ou d'un système d'assistance à la conduite qui lui permet, pendant de brefs instants, de se conduire seule. Bref, si on est prêt à « déplier », la A4 ne manque de rien et surpasse même la A8 à certains égards.

Comme toutes les voitures de cette catégorie, ses options peuvent faire grimper son prix à des sommets stratosphériques (le prix de ma voiture d'essai dépassait les 60 000 $). On y trouve d'ailleurs la dernière génération du système de contrôle des interactions MMI, que je trouve un peu complexe à manipuler. Son interface est magnifique, mais il demande beaucoup de concentration pour être assimilé. Comme tous ces systèmes, à force d'utilisation, on finit par s'y faire et par comprendre une certaine logique, mais bon. Puis, il y a aussi ce satané bouton Park sur le levier de transmission. Ça, c’est le pire défaut de la A4. Il est complexe à engager, trop lent à réagir et devient un peu dangereux, si on ne porte pas attention (on pense alors être en position Park, mais on se trouve encore en position Drive). Quelle mauvaise idée !

Côté sièges et espace, il n'y a rien à redire. Les sièges sont accueillants (et peuvent aussi être ventilés en option), bien moulés et confortables. À l'arrière, les centimètres ajoutés font toute la différence. On peut accueillir deux passagers de six pieds sans problème. Pour les gamins, c'est amplement spacieux pour trois, même avec un siège d'appoint. 

Au volant ?

C'est là que la magie opère. Ça débute avec un puissant moteur quatre cylindres turbo de 2 litres, frugal par-dessus le marché, qui génère 252 chevaux (32 de plus que l'ancienne génération) et 273 livres-pieds de couple à 1 600 tr/minute. Les accélérations sont excellentes, franches et elles retranchent en fait une grosse demi-seconde au 0-100 km de l'ancienne génération. Avec 5,9 secondes, c'est une différence majeure qui la met pratiquement nez à nez avec la BMW 328i, la référence dans la catégorie. À la différence de l'ancienne génération, ce moteur (une évolution de l'ancien, soit dit en passant) ne semble jamais s'essouffler jusqu'à la ligne rouge. C'est impressionnant. 

La suspension adaptative (optionnelle) de ma version d'essai était tout simplement géniale. Cette A4 est tellement stable, a tant d'adhérence qu'elle m'a simplement jeté par terre. Assise sur quatre grosses roues de 19 pouces, équipée d’une suspension qui assure de coller sans jamais trop brasser et grâce à une traction intégrale quasi parfaite, telle semble indétrônable. J'ai eu beau la pousser, la tester, la faire changer de direction, elle demeurait imperturbable. Il faut grimper à des vitesses très élevées pour parvenir à toucher à sa vulnérabilité et sentir du sous-virage. Dans cette catégorie, c'est ahurissant. La sensation au volant est correcte. On la sent légère, un peu comme si on était moins connecté sur la route. Mais là est la seule faille que la A4 d'essai m'a concédée. 

Je n'irais toutefois pas jusqu'à qualifier la A4 de voiture sportive, ce qui demeure la palme de la BMW Série 3, la Cadillac ATS ou encore, la IS 350 avec l'ensemble F. Elle offre plutôt une expérience équilibrée, comme une Mercedes Classe C. Sa transmission à double embrayage à sept rapports en est un bon exemple (une manuelle sera offerte début 2017, paraît-il). Extrêmement efficace, elle est précise, mais pas nerveuse, à moins que l'on souhaite la contrôler avec les palettes derrière le superbe volant à la base plane de l’option S-Line (dans ce cas, la A4 se transforme en VW Golf R), alors qu'elle hésite parfois un peu lorsqu'on la sollicite fortement. Rien de terrible, mais puisqu’elle est combinée avec une direction un peu trop assistée, c'est juste assez pour teinter l'expérience.

Sur l'autoroute, la A4 ressemble à un train. Elle est stable, confortable, extrêmement bien insonorisée. En sélectionnant le mode confort du système adaptatif, on la croirait une berline quasi ennuyeuse avec un léger flou au centre de la direction... exactement ce que l'on veut sur la grande route. Si on a le goût de mettre plus de piquant, on enclenche le mode dynamique et, hop !, nous voilà au volant d’une berline sport. 

En résumé, la A4 m'a impressionné  : de l'accélération au freinage, en passant par sa transmission à double embrayage et jusqu'à son habitacle moderne. Elle est maintenant la voiture que les autres doivent battre. Remplie de techno, désormais fiable, agréable à conduire, plus spacieuse et rapide, même dans sa version de base, elle propose pratiquement tout ce qu'un amateur de berlines de luxe peut vouloir. Les personnes à la recherche d'une berline plus pointue, plus sportive, se tourneront vers les voitures nommés plus haut, mais pour les autres, soit la grande majorité, l'équilibre offert par la nouvelle A4 est pratiquement imbattable. J'imagine à peine l'expérience au volant la future S4... Imaginez lorsque la RS4 fera son retour. J'en salive déjà. 

 

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