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L’Écosse, de Glasgow aux Hébrides

30 août 2018 - Par Louise Bilodeau

© Photos : Louise Bilodeau

Bon coup, de la part de la Glasgow School of Art, de confier à ses étudiants la visite guidée de la plus grande ville d’Écosse, sur les pas du génial architecte Charles Rennie Mackintosh. Menée avec brio, cette promenade vaut à elle seule un séjour à Glasgow, avant de mettre le cap vers les îles sauvages des Hébrides.

Glasgow

Dans le quartier de Merchant City, érigé au 18e siècle sur les rives de la Clyde par les opulents marchands de tabac et de coton de l’Empire britannique, notre guide, Laura Geiger, relate le riche passé de sa ville. Les somptueuses façades néoclassiques en témoignent. Autour de 1900, à contre-courant de cette profusion d’ornements, Mackintosh mise sur la légèreté des lignes. S’inspirant de la nature, son style voltige entre Art nouveau, japonisme et poésie celte. Ainsi naît le Glasgow Style, salué dans toute l’Europe. Le Lighthouse, dont la tour offre une belle vue sur la ville, le Mackintosh Building, en cours de restauration après un incendie, et les Willow Tea Rooms portent sa griffe.

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Architecture néoclassique à Glasgow
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Maison pour un amateur d’art à Glasgow

Après cette leçon d’architecture, la curiosité nous entraîne à la Maison pour un amateur d’art, créée par le couple que l’architecte forme avec l’artiste Margaret Macdonald. Elle en signe entre autres les précieux vitraux au motif de rose, symbole de vie pour les Celtes. Située dans les beaux quartiers du West End, la Hunterian Art Gallery présente leur maison, reconstituée à l’identique. Meubles, horloges, tissus, vases... ils ont tout dessiné. Rattaché à la vieille université de Glasgow, dont un bestiaire fabuleux garde les entrées, ce musée possède une fine collection de tableaux écossais. Les salles consacrées à l’histoire naturelle sont dignes de l’école de sorcellerie d’Harry Potter.

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Kelvingrove Art Gallery and Museum

Le West End vaut qu’on y consacre deux jours, pour son grand parc et ses squares bordés de ravissantes maisons victoriennes : le Kibble Palace, élégante serre du jardin botanique, et le sentier de la rivière Kelvin, qu’enjambe un pont de pierre qui relie l’université au Kelvingrove Art Gallery and Museum. Grandiose !

À un jet de pierre, le secteur de Finnieston abonde en chefs imaginatifs, inspirés par les excellents produits locaux. Au très couru Ox and Finch, l’exquise épaule d’agneau, écossais, bien sûr, yaourt, pomme grenade et harissa aux pétales de rose, reflète l’esprit qui règne aux fourneaux. Au cool Crabshakk, des photos en noir et blanc des pêcheurs du nord ornent les murs de chêne et de céramique blanche. On y savoure des produits de la mer joliment apprêtés, dont les divines huîtres du Loch Fyne.

Au pays du chardon, la mer n’est jamais loin... et l’archipel des Hébrides est à notre portée. À moins d’avoir la vie devant soi, on se limite à une ou deux îles ; parce que les routes indiciblement sinueuses ont une seule voie ; que chaque tournant vaut un arrêt, soit pour visiter un château ou une distillerie de scotch, grimper une montagne ou admirer les collines émeraude peuplées de moutons. Ce sera Mull et Iona.

Île de Mull

Sur l’île de Mull, le château-forteresse Duart, fouetté par les embruns depuis plus de six siècles, raconte la saga du clan Maclean. Une visite aussi mémorable que les scones de lady Maclean, dégustés au salon de thé attenant.

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Château de Glengorm sur l’île de Mull

Le soir, on se plaît à jouer les seigneurs dans la whisky room du château de Glengorm, à regarder le feu crépiter dans l’âtre de cette chaleureuse maison d’hôtes, un verre de scotch à la main. On butine d’un single malt à l’autre, histoire de les comparer. Le Tobermory, dont la distillerie fondée en 1796 se trouve au village, remporte la palme. Dans pareil endroit, on devient vite chauvin.

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Vaches des Highlands

Achevé en 1860, ce petit château est situé sur un vaste domaine qui domine la mer. Un sentier mène sur la grève par les champs qu’on partage avec les moutons et les vaches des Highlands, si photogéniques avec leur longue fourrure rousse et leurs interminables cornes recourbées. Nos châtelains sont aussi fermiers. On peut aussi voir un cercle de pierres, vestiges préhistoriques vieux de 4 000 ans. La vie sauvage étant un attrait du lieu, la maison prête les jumelles pour observer les lièvres bondissants et, avec de la chance, l’aigle royal.

Les anciennes étables abritent le salon de thé. Oui, un énième scone nappé de confiture maison et de clotted cream, pour se donner le cran d’affronter la route vertigineuse qui ourle la côte jusqu’au traversier vers l’île sacrée d’Iona, si petite avec ses 5 km de long qu’on l’aborde seulement à pied.

Île d’Iona

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L’île sacrée d’Iona
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L’île sacrée d’Iona

Est-ce la splendide abbaye fondée par Saint-Colomba au 6e siècle, les tombeaux de rois ou les croix celtiques dressées le long des murets de pierre qui confèrent au lieu sa magie ? Selon ses habitants, c’est aussi les idylliques criques de sable blanc, entre l’océan turquoise et les collines raboteuses. Un refuge pour l’eider à duvet, ce canard nordique dont l’élégant plumage a, qui sait, sûrement inspiré Mackintosh.


Carnet de route

/ Se loger : À l’hôtel-boutique Malmaison, une ancienne église orthodoxe restaurée à l’extérieur dans les règles de l’art, et à l’intérieur dans un esprit contemporain. Idéalement situé entre le centre et le West End.
/ S’y rendre avec Air France : Le bus Air France relie quotidiennement la gare d’autocars de Sainte-Foy à l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal. Le tarif est le même qu’en réservant de Montréal. Code de réservation : BQC.
/ Renseignements : peoplemakeglasgow.com / visitscotland.com / Le guide Lonely Planet

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