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Le monde du vin : Prédictions pour 2012

2 février 2012 - Par Pierre Paul-Hus

Comment se comportera le marché du vin cette année ? Quelles seront les tendances de la consommation au Québec ? Si l’on part du principe que le passé est garant de l’avenir, tout en gardant à l’esprit le contexte économique mondial difficile, une certitude se dégage : le consommateur québécois fera preuve de plus de modération. Il diminuera probablement ses dépenses relatives aux produits chers et non indispensables.

Ainsi, les vins champions du rapport qualité-prix continueront de se tailler la part du lion. Puisqu’ils sont accessibles et attrayants, leur niche est assurée. Parallèlement, les gens voudront continuer de mieux boire en optant pour de meilleures bouteilles. En ce sens, la vente des vins issus d’une agriculture plus propre continuera de croître et la demande de précision dans les conseils en matière de vin fera de même. Toutefois, la véritable évolution se fera dans le contenu de la bouteille.

Afin de séduire les amateurs, les producteurs de vin ont usé de différentes techniques pour styliser leurs vins. C’est particulièrement vrai pour les vins du Nouveau Monde, conçus pour nous en mettre… plein la gueule ! Ces vins rouges sont colorés, très aromatiques, avec du volume, souvent de la lourdeur, et beaucoup d’alcool. S’ils pêchent encore parfois par excès de boisé, leur nouvelle trouvaille pour nous allécher consiste à laisser du sucre résiduel dans leurs produits. Dans les concours de vin, certaines bouteilles très connues se retrouvent désormais dans la catégorie « rouge demi-sec » ; c’est tout vous dire… Mais l’acheteur québécois commence à se fatiguer de tous ces goûts « surfaits ». De plus en plus, il recherche un produit présentant une réelle fraîcheur, qui ne brûle pas la bouche et qui offre de la polyvalence à table. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces changements dans les habitudes de consommation. D’abord, fini de croire que la qualité rime avec une extraction exagérée, tant en ce qui concerne l’alcool que les tannins. Ensuite, on commence à réaliser le peu d’intérêt que représentent ces cuvées linéaires pour les accords mets et vins : leur registre est, en effet, plutôt limité. Enfin, la nouvelle génération de consommateurs, pour laquelle le vin est synonyme de convivialité, oriente ses achats vers des vins plus festifs.

D’où proviendront ces cuvées plus gourmandes ?

D’abord, il faut s’attendre à des ajustements de la part des producteurs du Nouveau Monde. L’Australie, par exemple, devrait faire un retour en force après quelques années difficiles. Depuis quelques années, les vins de ce pays gagnent en fraîcheur ; les cuvées alliant cépages rouges et blancs, du type shiraz/viognier, se multiplient. Mais je crois que les grands gagnants seront les Européens. Non seulement leur économie en souffrance nous permet-elle de payer moins cher leurs vins, mais ils retournent progressivement à leur tradition viticole, c’est-à-dire à la production de vins digestes. L’Espagne et le Portugal resteront des sources fiables de vins de consommation courante, mais des régions comme la Loire, la Bourgogne et le Jura verront sans doute leurs ventes bondir.

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