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Marché et Salon de l’auto de Québec : Plus de 100 ans d’histoire

16 février 2012 - Par Jacques Arteau

En dépoussiérant des archives, on découvre que le marché de l’auto à Québec fait plus de 100 ans d’histoire et remonte à une époque où les steamers et les voitures électrifiées avaient le haut du pavé en comparaison aux motorisations à essence. Aussi faut-il reculer au tournant du XIXe siècle pour retracer les premières expositions d’autos en plein air au rond de courses de l’Exposition provinciale et des premiers salons d’autos au Manège militaire.

Joseph De Varennes, un marchand de bicycles, de bijoux et de montres, s’est avéré le pionnier des détaillants d’automobiles à Québec sous l’enseigne Automobiles De Varennes, rue Dorchester, dans le quartier Saint-Roch. C’est au début de 1900 que se sont installés les premiers distributeurs de constructeurs d’automobiles, appelés par la suite concessionnaires d’automobiles. Ils étaient, en 1908, une poignée de détaillants, en majorité déjà engagés dans le marché des bicycles, qui vendaient différentes marques d’autos. En cette année du tricentenaire de la cité de Québec, de la fondation de General Motors et du lancement de la production à la chaîne des premiers modèles T de Ford, on dénombrait un peu moins de 300 conducteurs-propriétaires de véhicules enregistrés et immatriculés au Québec. L’enregistrement obligatoire avait été décrété deux ans plus tôt par la législature provinciale pour les véhicules moteurs.

Le marché de l’auto au Québec et à Québec était propulsé par une industrie tournant à fond de train, comptant autant que 280 constructeurs en 1911, puis fondant à une quarantaine en 1927. C’est dans l’entre-deux-guerres que ce marché connut une magistrale croissance.

Le Salon de l'auto de Québec en 1963, à Laurier Québec (autrefois Place Laurier).
Le Salon de l’auto de Québec en 1963, à Laurier Québec (autrefois Place Laurier).

Les années folles

Le nombre de véhicules enregistrés et immatriculés à Québec était estimé à autour de 2 000 quand l’ère de « l’automobilisation » (1919-1939) coïncida avec les folles années 20 à Québec. À Montréal, un premier salon d’envergure prit l’affiche du 22 au 29 janvier 1921 au Motordrome ; après quoi, Québec a risqué semblable expérience l’année suivante au Manège militaire. Un coup d’éclat en partant suffit à une poignée de concessionnaires pour créer un regroupement en 1923 : l’Association des marchands d’automobiles de Québec. François Morisset (de Morisset et frères, concessionnaire Dodge/DeSoto), J. L. Drolet (de Drolet Chevrolet/Oldsmobile), J. Roméo Racine et Henri Giguère (de Giguère Automobiles) furent les chefs de file de ce qui deviendrait plus tard l’actuelle Corporation des concessionnaires d’automobiles de la régionale de Québec (CCARQ).

Trépidante période, s’il en fut une, que celle des années 1920 à 1930, qui donna lieu, notamment, à l’application d’un plan de développement urbain pour solutionner un trop plein « d’hippomobiles », de tramways, de charretiers, de « machines sur quatre roues », de cyclistes et de « gros chars » aux passages à niveau, ce qui créait un monumental fouillis dans la cité.

Souvenir du Salon de l’auto de Québec, édition 1990.
Souvenir du Salon de l’auto de Québec, édition 1990.

Au milieu des années folles, les marchands étaient concentrés à Saint-Roch. Au moment où le pont de Québec devint accessible aux automobiles durant l’année du krach en 1929, le nombre total de véhicules franchit un nouveau sommet de 100 000 unités au Québec.

Le Salon de l’auto, lancé en 1923, se poursuivit jusqu’en 1939, puis fut interrompu lors de l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale. C’est en 1945 que des marchands de Montréal, de Québec, de Sherbrooke et de Chicoutimi unirent leurs forces dans un regroupement provincial, l’APMA, qui réunissait 259 membres en 1948, soit 40 % des détaillants d’autos au Québec. L’organisme devint, en 1980, la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec (CCAQ), qui regroupe aujourd’hui plus de 800 concessionnaires répartis dans 10 régions.

Une renaissance

Au milieu d’une crise du pétrole et d’une flambée des taux de financement autour de 20 %, toutes les conditions étaient réunies, au début de la décennie 1980, pour favoriser le marché des compactes et des sous-compactes. Un premier Salon de la p’tite voiture fut ainsi présenté au Centre municipal des congrès, Place Québec, en février 1982. Plus de 45 000 personnes le visitèrent sur une période de 5 jours ; ce fut une retentissante première pour le groupe Richard Cantin et associés, un promoteur privé collaborant avec la Corporation régionale des concessionnaires. L’expérience fut reconduite les deux années suivantes. Cherchant à optimiser le concept d’une immense salle d’exposition et, du coup, la visibilité de ses membres, la CCARQ visa à son tour dans le mille en 1985.

La direction avec, à sa tête, Jean-Marc Bédard, président, et Jean-Guy Bégin, directeur général, conclut l’acquisition des droits du Salon de Richard Cantin et associés et, du même coup, procéda à un déménagement de l’activité au PEPS de l’Université Laval. Bénéficiant d’une superficie rehaussée de quelque 11 000 pieds carrés, le premier Salon qui eut lieu au PEPS dépassa les prévisions les plus optimistes en accueillant 68 846 visiteurs en 5 jours ! Le Salon de Québec s’est tenu au PEPS jusqu’en 1997, puis fut déplacé l’année suivante au tout nouveau Centre de foires, qui proposait une superficie de 125 000 pieds carrés. Depuis cette première édition au Centre de foires en 1998, le Salon de l’auto a su maintenir une assistance moyenne supérieure à 65 000 visiteurs jusqu’en 2008, avec un record de 72 128 entrées marqué lors du 25e Salon, en mars 2006.

Au-delà de l’activité, qui permet l’étalage d’une nouvelle cuvée de modèles, le Salon regroupe quelque 131 concessionnaires de la CCARQ, lesquels font tourner un marché automobile constituant un important potentiel économique à Québec et en régions. Récemment, on estimait que le chiffre d’affaires de la CCARQ dépasse les 3 milliards de dollars en ventes de véhicules, ce qui tient compte du total de 66 360 unités vendues en 2010 sur le territoire de la CCARQ, soit 8 % de plus qu’en 2009. Cette donnée représente 17 % du total des ventes pour l’ensemble des régions de la Corporation provinciale des concessionnaires d’automobiles.

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