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N’ayez pas peur, Monsieur Couillard

29 mai 2014 - Par Pierre Paul-Hus

Un sondage récent effectué par la firme Léger le confirme : vous avez l’appui de la population en général pour faire ce qu’il se doit, c’est-à-dire redresser nos finances publiques précaires en effectuant des compressions budgétaires de 3,7 milliards de dollars au cours de la prochaine année. Si la tâche est monumentale, les moyens pour y arriver ne manquent pas. Par où commencer ? À mes yeux, la réponse est évidente et se trouve dans ce même sondage : 71 % des répondants sont d’accord pour réduire les dépenses du gouvernement en maintenant les taxes et impôts à leurs niveaux actuels ; 84 % sont totalement d’accord avec une réduction de 3 % des dépenses de fonctionnement dans les administrations publiques ; et 80 % sont d’accord avec un gel d’embauche de nouveaux fonctionnaires.

Soyons honnêtes : ce grand ménage aurait dû être fait depuis longtemps. Le manque de courage des uns et les idéologies des autres ont provoqué le cul-de-sac dans lequel nous nous trouvons actuellement. À force de vouloir plaire à tout le monde, on finit par se mettre à dos la réalité et, comme on le constate, cette réalité finit toujours par nous rattraper et nous frappe souvent de plein fouet.

Vous pouvez mettre fin à ce cercle vicieux, Monsieur Couillard. Et vous pouvez le faire avec doigté et compassion, j’en suis convaincu. Vous avez une équipe solide derrière vous, des gens qui savent calculer et s’appuient sur la logique toute simple prônant qu’on ne peut dépenser que l’argent que l’on a.

Surtout, ne vous laissez pas ébranler par tous ces groupes de pression qui ont fait du Québec ce qu’il est devenu : une province qui vit nettement au-dessus de ses moyens. Nous savons tous qu’une certaine partie de la population bénéficie des largesses de l’État et voit votre arrivée au pouvoir comme une menace à ce qu’elle considère comme des « acquis ». Rappelez-vous que les enfants réagissent de la même manière quand on les prive de leurs sucreries.

Pour faire peur à la population, tout un chacun parle de budget d’ « austérité ». Le mot austérité n’a pourtant rien d’effrayant. Rigueur et gestion responsable de l’économie seraient, selon moi, des expressions plus appropriées. Ce qui m’effraie davantage, et qui fait faire des cauchemars à tous les gens d’affaires du Québec, c’est plutôt l’éventualité d’un Québec décoté.

Croyez-moi, Monsieur Couillard, l’opération « dégraissage » n’est plus une option, c’est une obligation. Au risque de me répéter, vous avez l’appui de la population pour « opérer ». Vous l’avez souvent fait en tant que médecin, il est maintenant temps de le faire au bénéfice de notre société. Jamais nous ne pourrons avancer dans la bonne direction avec ce boulet à nos pieds. Il est temps que vous nous en libériez…

Allez-y, n’ayez pas peur, tous les gens de bonne foi sont derrière vous.

 

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