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Salon de High Point, LE rendez-vous des acheteurs de meubles

8 décembre 2011 - Par Nancy Ricard, designer d’intérieur, Un Fauteuil Pour Deux

Après être revenue quelque peu déçue de mon dernier Salon du cadeau à New York, je n’avais qu’une hâte : me rassasier à celui de High Point, dont le slogan est : « Si tu ne trouves pas ce que tu cherches à High Point, c’est que ça n’existe pas. »

Un peu d’histoire…

D’abord, je me dois de vous faire un minicours d’histoire sur cette ville dont l’économie est uniquement basée sur le commerce du meuble. Située en Caroline du Nord, la ville de High Point est LE rendez-vous des acheteurs. En effet, il y a plus de 100 ans, le point de rencontre des commerçants de meubles y faisait son apparition. À cette époque, tous les meubles étaient fabriqués en bois massif et la Caroline de Nord était reconnue pour ses immenses forêts. High Point était alors tout indiqué pour répondre à la demande d’un marché international et pour y construire des immeubles à cet effet.

Une communauté engagée

Je trouve admirable que certaines compagnies de cette région, telles que VanBassett, aient pris l’engagement de planter deux arbres pour chaque ensemble de chambre à coucher vendu. Mais cet engagement s’effectue aussi par les membres de la communauté. En effet, afin d’assurer la survie de ce salon, toute la ville est mise à contribution ; plusieurs résidents quittent leur maison deux fois l’an afin de la louer aux représentants de différentes compagnies. Pour ce faire, trois agences de location s’occupent de ce volet. Sans le soutien des habitants de la place, les hôtels ne pourraient répondre à la demande.

Pouvez-vous imaginer une ville complète transformée en un immense centre de foire ? Durant ces deux semaines dans l’année, la ville se trouve complètement débordée, les restaurants sont bondés et les taxis sont introuvables. Mais le plus invraisemblable demeure qu’à l’exception de ces deux petites semaines, la ville tombe en dormance. Les immeubles ferment leurs portes. Les gardiens de sécurité, les serveurs de restaurant, les agents de circulation… tous ces employés, « prêtés » par différentes compagnies afin de répondre à une demande extrême, reprennent leur emploi régulier. Autrement dit, toute la ville s’endort jusqu’au prochain salon.

L’impact chinois

Il est très malheureux de réaliser l’impact négatif qu’a eu la Chine sur le marché international. Par exemple, une grande partie des usines de meubles en Caroline du Nord ont dû fermer leurs portes au « profit » de ce pays d’Asie. Tout autour du Salon du meuble de High Point, on peut en voir les conséquences ; une pauvreté alarmante d’une ville jadis fière de son industrie. Une industrie qui nous a servis pendant plus de 100 ans…

Aujourd’hui, la Chine perd néanmoins du terrain, car, bien sûr, là aussi la mondialisation fait son œuvre. L’augmentation des salaires des employés chinois a incité le marché du meuble bas de gamme à se déplacer vers le Vietnam. On y a construit des entrepôts de 400 000 pieds carrés avec d’immenses déshumidificateurs qui permettent de retirer l’eau du bois des meubles. Avec cette eau, on pourrait remplir trois piscines olympiques par jour ! Malgré ce transfert d’une quantité astronomique d’entreprises de fabrication de meubles en Asie, la Caroline du Nord demeure une industrie solide en cette matière.

Quelques belles découvertes

Une fois rendue sur place, valise sur roulettes à la main, je suis prête à faire des achats pour la prochaine saison. Décidément, je n’ai pas assez d’yeux pour tout voir. En premier lieu, ce salon m’a permis de me réconcilier avec les Américains ; enfin, la recherche et le développement se sont remis en branle dans le domaine du meuble haut de gamme ! Je note, dès mon entrée, une influence scandinave, mais actualisée. Le noyer américain est à l’honneur, les couleurs orangé, taupe, gris-bleu et prune composent la palette pour l’année 2012.

Les compagnies sont de plus en plus écologiques. Elles utilisent des coquilles d’œuf dorées sur le grill et recouvertes d’un vernis qui protège ces objets, de la nacre de perle, des écailles de tortue et de l’agate. En plus d’utiliser, bien sûr, la peau de ces animaux, ils récupèrent même les intestins des chèvres ; c’est David Suzuki qui serait content !

Les compagnies sont de plus en plus écologiques. Elles utilisent des coquilles d’œuf dorées sur le grill et recouvertes d’un vernis qui protège ces objets, de la nacre de perle, des écailles de tortue et de l’agate.
Les compagnies sont de plus en plus écologiques. Elles utilisent des coquilles d’œuf dorées sur le grill et recouvertes d’un vernis qui protège ces objets, de la nacre de perle, des écailles de tortue et de l’agate.

Le marché du meuble haut de gamme connaît une belle envolée, tandis que le marché du meuble bas de gamme est en dégringolade. Les compagnies bon marché n’investissent ni dans la recherche, ni dans le développement. Elles se contentent de faire ce que les Chinois font depuis toujours : de la copie. Elles diminuent la superficie de leurs salles d’exposition et proposent aux acheteurs des produits sans qualité ni raffinement. À voir tous ces meubles qui sont presque une insulte à notre intelligence de consommateur, cela m’a donné l’idée de ma seconde chronique, que je vous invite à lire en page 38.

En ratissant les interminables allées, j’ai aussi découvert la compagnie Genesee River. Je dois admettre que j’étais sous le choc en visitant leur espace, mais encore plus en apprenant que leurs clients sont tous des Canadiens. Pas étonnant que les Européens et les Américains croient encore que nous vivons dans des tentes et que nous chassons l’orignal en raquettes !

La compagnie Genesee River. Pas étonnant que les Européens et les Américains croient encore que nous vivons dans des tentes et que nous chassons l’orignal en raquettes !
La compagnie Genesee River. Pas étonnant que les Européens et les Américains croient encore que nous vivons dans des tentes et que nous chassons l’orignal en raquettes !

Tout comme les Italiens, les Américains sont un peuple patriotique, fiers de leur pays. Il faut croire qu’il existe un marché pour ce genre de meubles, car n’oublions pas que ces compagnies n’ont que deux occasions par année de vendre leurs produits dans le plus gros salon du monde.

Tout comme les Italiens, les Américains sont un peuple patriotique, fiers de leur pays. Il faut croire qu’il existe un marché pour ce genre de meubles...
Tout comme les Italiens, les Américains sont un peuple patriotique, fiers de leur pays. Il faut croire qu’il existe un marché pour ce genre de meubles...

Après l’arrivée du Salon de Las Vegas, le Salon du meuble de High Point a senti sa pérennité’ menacée. En effet, Las Vegas offrait tellement d’activités et de divertissements que la comparaison avec la « ville morte » de High Point aurait pu leur être fatale. Et de fait, à l’extérieur du salon, il n’y a strictement rien à faire dans cette ville. Les organisateurs ont donc mis en place, sur le site même du salon, une scène présentant des spectacles, des services de traiteurs, des vélos-taxis pour les pieds fatigués, des navettes pour nous déplacer d’un immeuble à un autre et de l’animation pour égayer un peu notre semaine d’achats.

Assurément, le Salon du meuble de High Point restera, pour les 100 prochaines années, l’incontournable des salons. Je ne dois cependant pas oublier de mettre dans mes valises un bon livre pour mes soirées passées dans ma chambre d’hôtel…

À propos du Salon du meuble de High Point :

  • Il reçoit 85 000 visiteurs deux fois par année, en octobre et en avril.
  • Il est composé de 180 immeubles, qui totalisent 10 millions de pieds carrés de surface.
  • Plus de 80 000 compagnies de 106 pays différents y sont représentées.
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