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Virée dans le vignoble valaisan en Suisse

8 décembre 2015 - Par Jean Chouzenoux

Si la Suisse n’obtient pas pour ses vins le même rayonnement international que pour son chocolat, son fromage ou son horlogerie, ce n’est point faute de qualité, mais plutôt de quantité !

Petit pays, petite production, petites exportations. Conséquemment, il n’y a que 2 % de la production de vins suisses qui échoient sur les tablettes étrangères. En revanche, le pays retrouve sa rigueur légendaire en la tenue de concours internationaux destinés à gratifier les meilleurs pinots, merlots ou chasselas du monde entier. C’est l’Association Vinea, présidée par François Murisier et dirigée par Elisabeth Pasquier, qui régit ces Olympiades et voit aussi à la promotion locale, en organisant annuellement le Salon des vins suisses, dans les rues de la ville de Sierre (près de Lausanne). C’est d’ailleurs cet événement distinctif qui fut le prétexte de ma récente visite dans les majestueuses contrées de la Suisse romande. Hormis le Salon, une excursion dans les deux régions viticoles phares que sont le canton de Vaud et celui du Valais est également au programme. Confiant à mes hôtes la carte routière, je me suis égoïstement réservé la consultation de la carte des vins des restaurants que nous allions bientôt assaillir.

Le Castel de Daval propose cinq chambres d’hôtes en plein coeur du vignoble.


Patrimoine mondial de l’Unesco

En quittant l’aéroport de Genève en direction de Sierre, nous longeons le lac Léman, défilons en bordure des villes de Lausanne, Vevay et Montreux… Nous sommes dans le canton de Vaud. Ici, dès le XIIe siècle, les moines ont planté de la vigne sur des terrains fortement escarpés qui plongent littéralement vers le lac Léman. Pour retenir la terre, ils ont érigé des murets, sculptant ainsi le paysage telle une courtepointe. L’emprise panoramique à partir du lac (mieux vaut être sur le pont d’un navire) est d’un charme ébahissant et révèle à la fois toute la difficulté d’œuvrer à la vigne sur de tels coteaux. Experts et historiens l’ont d’ailleurs reconnu, en élevant le vignoble de Lavaux au rang de joyau du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Monique Caloz-Evéquoz et son vin du Castel de Daval.


Nous nous posons au cœur de ce vignoble patrimonial, chez nos hôtes, Les Frères Bovy. Ces encaveurs (c’est ainsi qu’ils s’autoproclament dans la région), Eric et Bertrand, ont grandi sur la propriété familiale et se sont rapidement passionnés pour le métier de la vigne ; l’un à la cave, l’autre à la promotion des crus de ce terroir d’exception. Plusieurs cépages y ont droit de cité, la part belle étant accordée au chasselas (aussi nommé fendant) et au pinot noir, variétés emblématiques de la région. Le chai est particulièrement impressionnant avec ces immenses foudres (grosses barriques) sur lesquels sont peintes, en teintes pastel, de truculentes scènes de libations ou des évocations de la vie prosaïque des artisans locaux. 

Les deux brillants œnologues du Castel de Provins : Johanna Dayer et Damien Carruzzo.


Castels et vignobles

Quant au canton du Valais, son vignoble est planté sur les versants alpins qui bordent une longue et large vallée. Au centre de ce creuset court le Rhône, fleuve impétueux de 800 km qui puise sa source à la fonte des glaciers, pour aller se répandre dans la Méditerranée, à Marseille. Un tableau idyllique ! Ici, la virée entre dans une autre dimension. En effet, sous l’impulsion de quelques vignerons, la région cherche à se démarquer par l’implantation d’un circuit oenotouristique. La tournée s’articule donc autour de jolies propriétés que l’on a baptisées Castel.

Voici justement un petit château érigé au pied d’un piton rocheux formé à la suite d’éboulements survenus à la fonte des glaciers ; il s’agit du Castel de Daval. Dans ce décor féérique, Monique Caloz-Evéquoz nous reçoit gentiment et lève le voile sur l’histoire familiale du Domaine. La colline de Daval fut acquise par sa belle-famille en 1910 et depuis, sur ces cinq hectares, on y fait la culture de la vigne, mais aussi d’asperges, de pommes, de figues et d’abricots. De coquettes chambres d’hôtes sont aménagées à l’étage du Castel avec une vue imprenable sur le vignoble, la vallée et les montagnes. Mais pour l’instant, il y a urgence de combler une certaine appétence, or, la dégustation s’harmonise autour des produits du cru, en solide et en liquide ! Incontournable cépage valaisan, la petite arvine ouvre le bal et met tous nos sens en éveil.

Méditation au pied des Alpes, dans le vignoble valaisan.


L’autre encaveur qui accueille la joyeuse bande est le Groupe Provins à son Castel d’Uvrier. La coopérative Provins est le premier groupe producteur de vin en Suisse et vinifie avec grand soin, depuis 1930, la vendange annuelle des quelque 3500 adhérents. La dégustation est animée par un jeune duo d’œnologues passionnés, surprenants et rafraîchissants. Damien Carruzzo et Johanna Dayer unissent leurs efforts à hisser la qualité des vins du Valais vers les plus hauts sommets. Si Damien peut s’enorgueillir d’avoir reçu avec ses collègues de la Cave, en 2013, l’auréole de Vigneron de l’année, Johanna, quant à elle, fourbit ses armes en vue d’acquérir le prestigieux titre de Master of Wine. Ensemble, ils élaborent les différentes cuvées du domaine ; de surcroît, ils s’ingénient à créer des crus qui, osent-ils espérer, rivaliseront avec les grands vins de Bordeaux, de Bourgogne ou d’Italie. Évidemment le prix est à l’avenant… Retenez le nom d’Electus : 150 francs suisses, prix au Domaine !

En terminant, pour les amateurs qui veulent sortir des sentiers battus, sachez qu’il y a une vingtaine de vins suisses qui sont aléatoirement offerts au Québec. Rendez-vous sur le site de la SAQ pour connaître leur disponibilité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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