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Vivre de son art ou l’art pour mieux vivre

2 octobre 2017 - Par Johanne Tremblay

© Louis Garneau Sports Inc

Quatre parcours de vie où l’art prend une place privilégiée. Des parcours remplis de sens et inspirants à tous points de vue.

Louis Garneau

« Enfin, j’ai trouvé la bonne formule : tout est intégré ! »

Ancien coureur cycliste, philanthrope et entrepreneur accompli, Louis Garneau a su tirer profit à la fois de son expérience sportive, de sa formation en arts plastiques et de son sens des affaires pour s’inscrire dans la lignée des grands designers de l’industrie.

Après avoir entrepris des études en droit, l’élève créatif bifurque vers le programme en arts du cégep de Sainte-Foy, puis fait un baccalauréat à l’Université Laval, avec le projet de devenir artiste. Il pense même faire une maîtrise. Le succès en affaires l’en détourne aussitôt, sans toutefois supplanter son œil sensible et averti.

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Louis Garneau dans son atelier

Aujourd’hui, c’est dans son Art Factory, un atelier-galerie installé dans le même bâtiment que son magasin concept, que le président fondateur de Louis Garneau Sports boucle la boucle avec ses intentions professionnelles de départ. Il peint sur place, au cœur de l’usine, pour donner au suivant. C’est ainsi que chandails et tableaux se partagent les mêmes imprimantes et que sa création trouve son sens dans la philanthropie.

Louis Garneau ne se prétend pas artiste, mais prend plaisir à s’exprimer par l’art et se réjouit d’avoir trouvé la manière d’articuler l’ensemble de ses passions et de contribuer à faire vivre celles des autres. Tout le fruit des ventes de ses créations va aux nombreuses causes qu’il soutient avec l’enthousiasme et la ferveur auxquels on peut s’attendre d’un homme de sa trempe.

« L’équilibre des formes, la couleur, la technique, les outils amassés en cours d’histoire de la peinture et d’analyse des œuvres s’intègrent à ma production et m’aident à être un bon homme d’affaires », affirme-t-il.

Dans l’entreprise familiale, l’art est une discipline du regard et une culture visuelle imbriquées dans le processus de développement des produits, et indissociable de son identité. Il contribue à personnaliser les articles et traverse tous les départements de l’entreprise, jusqu’à la formation des employés. Cet amour pour l’art et la valeur qu’il lui porte « doivent rester dans l’ADN de la famille et être transmis aux générations futures », conclut Louis Garneau, qui souhaite voir les plus jeunes accorder une importance toujours plus grande à l’art et à son épanouissement.

Éric Dupont

« L’art est mon extension à moi de la science. »

Scientifique, philanthrope, collectionneur et homme d’affaires initié aux arts dès son tout jeune âge, Éric Dupont transmet sa soif de connaissances et de beauté avec un enthousiasme contagieux. Celui qui se sait inspiré par l’œuvre de Léonard de Vinci admet qu’il est plus difficile d’être sensible à l’art, comme à la science, si on n’y a pas été exposé tôt, et accorde une grande importance à la famille et à l’éducation.
Éric Dupont

Éric Dupont soutient le point de vue selon lequel l’art aide à mieux vivre et à se garder éveillé. Attiré lui-même par la création, il a choisi la peinture sur le seuil de sa retraite pour explorer et donner à voir autrement le monde microscopique, de même que l’infiniment grand qui le fascine toujours. La recherche scientifique, qui façonne et enrichit le regard, a eu un effet certain sur cet attrait et la posture expérimentale qui caractérise sa démarche.

Éric Dupont assume avec fierté le rôle d’un ambassadeur des créateurs qu’il apprécie et de l’art que l’on crée et que l’on fréquente chez soi ou ailleurs. La relation qu’il entretient avec les artistes en est une à la fois d’admiration et de plaisir partagé. À la question de ce qu’apporte l’art dans la vie des gens, il répond sans ambages : la liberté.

Pendant que d’autres se concentrent sur une seule activité, Éric Dupont remplit sa vie de passions diverses dans une optique de santé globale et d’émerveillement sans cesse renouvelé, qu’il aimerait voir être adoptée collectivement pour le bien-être du plus grand nombre. Cette diversification, qu’il exerce aussi en affaires, et l’intégration de l’art dans son quotidien lui procurent un sentiment d’équilibre qu’il enjoint à tout un chacun d’expérimenter.
© Brigitte Thériault

Annie Baillargeon

« Même si cela peut être essoufflant, il faut sans cesse être proactif et visionnaire, comme en affaires ! »

Artiste professionnelle bien établie dans la ville de Québec, Annie Baillargeon examine depuis plusieurs années le domaine des arts visuels. Reconnu par les conseils des arts et récompensé par des prix, son travail a fait l’objet d’articles, d’expositions solos dans les centres d’artistes, dans des musées au Canada et dans plusieurs pays du monde. Ce parcours paraît habituel pour quiconque aura choisi de faire carrière en arts visuels au Canada. Or, il n’en est pas toujours ainsi, les sillons n’étant jamais tracés d’avance et commandent de faire des choix.

Parmi les premiers se trouve celui d’effectuer des études universitaires qui lui donnent l’occasion d’analyser le travail de nombreux artistes, de réfléchir, d’avoir accès à des technologies et à des équipements de pointe et d’étudier différentes techniques avant de trouver la sienne. Puis, de rester à Québec pour notamment affiner son moyen d’expression de prédilection : la photographie.

C’est après l’obtention de son baccalauréat à l’Université Laval que « tout a explosé », dit celle qui aime gérer son temps, vivre hors des cadres préétablis, tout en étant très organisée. « Au début, c’est plus la survie que la vie, mais la liberté allume. » La mise au monde de ses enfants l’oblige ensuite à planifier de plus belle et à penser à l’argent.

Munie du tempérament et des réflexes hérités de son père, un homme d’affaires, et en concertation avec lui, elle investit dans un immeuble, puis dans une maison, dont la vente l’amène à acheter un atelier. Sa carrière est ainsi lancée, soutenue par deux galeries, l’une à Québec et l’autre à Montréal, lesquelles lui assurent un solo tous les ans, en plus d’alléger sa charge et de représenter plus de 50 % de ses revenus.

Enfin, les demandes de bourses la conduisent à devoir penser sa production sur au moins deux ans. Ces bourses lui assurent de poursuivre sa recherche et de participer à des expositions à l’étranger. Ces ressources sont pour beaucoup réinvesties dans de nouveaux projets, ce qui lui offre la possibilité d’en faire toujours plus et de se diversifier pour consolider son savoir-faire et aller de l’avant.

Dominic Besner

« La peinture me permet de faire apparaître l’invisible, l’envers du décor, et de redonner ce que je vois. »

C’est au cœur de la ville, de sa vitesse et de ses bruits que Dominic Besner, un Ontarien installé à Montréal, puise les vibrations qu’il module en peinture. Son travail, aux figures tragiques et ornementales, a été présenté au Canada, à Shanghai, au Maroc et aux États-Unis, et fait partie de collections privées et d’entreprises.
Dominic Besner

Très tôt, l’architecture le fascine en ce qu’elle lui permet de communiquer ses goûts et ce qu’il perçoit de son environnement. Elle s’efface ensuite derrière la peinture, qui s’installe graduellement dans la vie de Dominic Besner à partir du milieu des années 1990.

Celui qui affectionne la matière et se qualifie d’artiste manuel essaie d’abord le pastel, puis adopte le bâton à l’huile, dont il apprécie l’application et le résultat produit au contact de la chaleur de ses doigts. Il expérimente par ailleurs d’autres techniques artistiques, notamment la gravure et le vitrail, dont il aime les lignes de plomb. La liste des artistes qui l’ont inspiré – Keith Harring, Marcelle Ferron et Jean-Paul Riopelle, celui de la dernière époque – lui rappelle qu’il aurait aimé étudier l’histoire de l’art, riche en enseignements de toutes sortes.

Dominic Besner, qui a d’abord exposé dans le café où il travaillait, se réjouit de pouvoir aujourd’hui se concentrer sur la production de tableaux, à temps plein, depuis plus de 20 ans. La solution trouvée pour ce faire est à la fois simple et délibérée : le recrutement d’agents qui font valoir son travail, tant à l’international que localement, et sans lesquels il constate qu’il serait difficile de sortir de nos frontières. Interface entre lui, les galeries et les collectionneurs, l’agence qui le représente lui évite de plus de devoir faire face aux refus et à la négociation. « Les artistes seuls peuvent se décourager et devoir, pour vivre, se promouvoir en prenant du temps qu’ils pourraient autrement consacrer à la création. » Du temps précieux qu’il se considère choyé d’avoir à sa disposition et qu’il juge indispensable à la créativité.

Pour Dominic Besner comme pour tous les autres, les collectionneurs occupent une place prépondérante qu’il est bon de souligner à grands traits. « Les collectionneurs aiment s’évader, s’entourer du regard de plusieurs artistes, dit-il, parce que l’art joue un rôle de soupape dans un monde où la beauté n’est pas toujours au rendez-vous. Nos œuvres voyagent avec eux. Ce sont véritablement des ambassadeurs. »

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