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Au Japon chez Hoshinoya

5 octobre 2012 - Par Louise Bilodeau

Il est cinq heures du matin, on frappe à la porte. À l’auberge Hoshinoya, on n’a pas ainsi l’habitude de réveiller les clients à la barre du jour, mais ce matin, la maison propose une activité d’initiation à la culture japonaise : nous allons méditer dans un temple bouddhiste.

Ce paisible ryokan est situé en pleine nature. On y accède par bateau, au départ d’Arashiyama, quartier à l’ouest de l’ancienne capitale impériale du Japon. La demeure aurait, au XVIe siècle, servi de résidence de lecture à un marchand prospère de la région. « Le défi a été de redonner vie à ce bijou du patrimoine tout en respectant son histoire », explique Kyoko Tanzawa, porte-parole de ce havre de beauté, agrippé à la falaise qui surplombe les gorges de la rivière Oigawa.

L'un des plats du repas kaseki
L’un des plats du repas kaseki

Résultat ? Une harmonieuse fusion entre les styles contemporain et suyika des maisons de thé du XVIIe siècle. Le cèdre omniprésent, les cloisons en papier de riz et les baignoires en cryptomère (un bois odorant) confèrent aux chambres une esthétique résolument nipponne. Chacune donne sur la rivière et la forêt d’où, avec un peu de chance, on peut voir surgir un macaque japonais, adorable bête aux longs poils argentés.

Il est 5 h 15, il fait toujours noir, un batelier nous attend sur le quai. Le trajet ne dure que de 10 minutes, mais est ravissant. Dans le calme de la nuit, la pénichette glisse à travers une brume légère, croissant de lune en prime. Le Togetsukyo, littéralement « pont qui traverse la lune », se dessine à l’horizon. On vient de partout pour admirer ce pont de bois qui enjambe la rivière Hozu-gawa. Le paysage, avec ses cerisiers et ses pins, évoque une estampe japonaise ancienne.

Nous arrivons au Zuiho-in, un temple du Daitokuji, au moment où l’aube se lève sur le jardin zen et sa composition de gravier blanc, de mousses et de pierres. Sur l’une d’elles, un émouvant prunier-bonsaï couvert de fleurs roses annonce le printemps. Pendant plus d’une heure, je laisse mon esprit errer dans les montagnes peintes sur les fusuma, ou cloisons de papier de la salle de méditation. L’air vibre du tintement des cloches et des gongs, et de la rumeur des sutras récités par deux moines.

Suite chez Hoshinoya
Suite chez Hoshinoya

L’un d’eux, le révérend Shado Maeda, nous convie ensuite à la cérémonie du thé, le chanoyu. « Le Daitokuji a été pendant plus de quatre siècles un haut lieu de ce rituel, prisé des samouraïs et des moines bouddhistes », précise-t-il. Le moine soulève un couvercle en bronze, à même le plancher, et en sort la théière qui réchauffait là. Profondes révérences, bols à tourner trois fois d’un quart de tour, matcha à boire avec humilité, la parfaite maîtrise de la cérémonie du thé, dans sa dimension spirituelle, exige des années, voire une vie.

Le réputé Togetsukyo, un pont de bois qui enjambe la rivière Hozu-gawa.
Le réputé Togetsukyo, un pont de bois qui enjambe la rivière Hozu-gawa.

De retour à l’auberge, j’assiste à un atelier de fabrication d’encens. La maison propose également une classe d’arrangement floral, la visite de brasseries de saké et, l’expérience nipponne ultime, un dîner dans un salon de thé en compagnie d’une geisha. À moins que vous ne préfériez jouer les ermites dans le petit temple isolé, tout en haut de la falaise ? À ne pas manquer dans les environs, le Tenryu-ji, ou Temple du dragon céleste, célèbre pour son jardin de paradis, un des plus vieux du Japon, et la bambouseraie, sa voisine.

Autre plaisir chez Hoshinoya, le repas kaiseki, haute expression de la cuisine japonaise, où la succession de plats relève de l’expérience gustative, visuelle et poétique. Poétique ? Voyez ! Au petit-déjeuner, l’hôtesse ou makai-san dépose, sur un lit de feuilles-légumes, un étrange monticule blanc. Cette mousse de daikon suggère, par sa texture, la neige fondante. Le mets, servi en février, porte le nom de « petit-déjeuner du printemps qui s’annonce ». En mars, les bourgeons sont à l’honneur, en avril, les boutons de fleurs. Raffiné, disions-nous ?

Carnet de route

Bonnes adresses :

  • Le nouveau Hyatt Regency Kyoto, pour le design contemporain inspiré des motifs du kimono masculin, pour son bar-restaurant Touzan et ses divins sushis, ainsi que le Riraku spa.
  • Hiiragiya, un ryokan traditionnel, membre de la bannière The Ryokan collection.
  • À Osaka, l’Hotel Nikko Osaka, irréprochable.

Pratique :

  • Au Japon, il existe un service de messagerie assurant le transport des bagages d’un hôtel à l’autre. Vous pouvez faire l’expérience de plusieurs ryokans et hôtels et ainsi explorer différents quartiers. Les bordereaux de livraison sont disponibles dans tous les hôtels.

Guides :

  • Le Michelin vert, le Guide Évasion, le Routard et le guide Voir se complètent.

Site à consulter :

PHOTOS LOUISE BILODEAU

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