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Comprendre les Québécois en 106 pages

4 juillet 2012 - Par Denys Paul-Hus

Mesdames et Messieurs, après Comprendre l’Afrique du Sud, Comprendre le Japon, Comprendre la Chine, Comprendre Cuba, Comprendre le Brésil et Comprendre la Thaïlande, les lecteurs ont maintenant droit, non pas à Comprendre le Canada, mais à Comprendre le Québec.

« Les grands espaces naturels, la chaleur de son peuple, le dynamisme d’une société où tout est possible : l’image du Québec séduit. Mais quelle réalité se cache derrière cette vision romantique ? » Voilà, en résumé, la mission de cet ouvrage, qui vient tout juste de paraître chez Ulysse. Ce manuel – fort bien écrit, soit dit en passant – nous dresse un tableau complet de nos us et costumes. Et ce qui est sans doute le plus intéressant, c’est que nous nous retrouvons sous la loupe d’un journaliste franco-québécois qui, ma foi, n’y va pas avec le dos de la main morte, comme dirait Jean Perron.

L’avant-propos sent presque la vendetta. L’écrivain dépeint la Belle Province comme un « lieu de faux-semblants ». En plus d’aborder la question de notre histoire d’indépendance, « très symptomatique de la société québécoise », écrit-il encore, il scrute notre système de santé et nous jette au visage le fait que de nombreux Québécois n’ont pas accès à un médecin de famille, alors que nos instituts de recherche et nos universités donnent l’image à l’étranger d’une province performante médicalement. Il dépeint les hommes québécois comme des mauviettes (ce terme n’est pas de lui, mais découle de mon interprétation personnelle) qui ont abandonné leur rôle aux « sirènes du féminisme » et nous décrit comme un peuple qui souffre de nombrilisme et axe l’essentiel de ses nouvelles sur le hockey et les faits divers. Et ce n’est là qu’un bref aperçu… Ouf…

Il m’a fallu prendre une grande respiration, je l’avoue. Surtout lorsque je me suis rappelé que ce manuel ne nous est pas destiné. Il se retrouvera plutôt dans les mains de personnes qui s’intéressent au Québec en tant que destination touristique, mais aussi en tant que terre de développement économique en provenance de l’étranger. Quelle belle image de nous, n’est-ce pas ? Ça donne envie de nous rendre visite et d’investir chez nous !

Néanmoins, même si l’analyse que fait Ludovic Hirtzmann du Québec est pour le moins dérangeante, force est d’admettre qu’il a raison sur plusieurs points… Surtout lorsqu’il aborde la question des « étudiants-rois du Québec » qui, bien qu’il ne l’écrive pas aussi explicitement, prônent la loi du moindre effort et revendiquent sur tout. Ce livre ayant été écrit avant la crise que nous vivons actuellement démontre qu’il a vu venir les choses…

Rassurez-vous, l’auteur pense aussi le plus grand bien de nous sur plusieurs points, mais comme c’est souvent le cas dans la vie, on retient davantage la gifle que la caresse. Est-ce que je vous recommande cette lecture pour vos vacances ? À vous de décider… si vous souhaitez sourire ou grincer des dents.

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