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L’ambition au féminin redéfinie

5 mai 2022 - Par Annie Fortin, Focus TDL

« L’ambition, c’est croire en soi avec lucidité et être suffisamment ancré pour voir loin. C’est oser prendre des risques, donner le meilleur de soi et assumer ses choix, ses succès et ses échecs. L’ambition, c’est questionner ses certitudes pour grandir et se révéler à soi-même. »

Cette citation, signée Églantine Jamet, fondatrice d’Artemia Executive, une firme de recrutement et conseil dont la mission promeut un meilleur équilibre entre femmes et hommes à la tête des organisations, résume parfaitement ma pensée relativement à l’ambition. Même si chaque être en a sa propre perception, pour moi comme pour bien d’autres, et beaucoup de femmes, le terme illustre maintenant une autre réalité depuis que la pandémie a labouré profondément nos certitudes.

Avant cette remise en question, ma vision rejoignait la définition usuelle du dictionnaire, soit ce « désir ardent d’obtenir les biens qui peuvent flatter l’amour-propre (pouvoir, honneurs, réussite, etc.) ». En effet, dans l’esprit d’une grande majorité, l’ambition a beaucoup à voir avec la réussite, les projecteurs et l’admiration d’autrui qui nous valident. Mais le Robert propose un second sens dit affaibli, « désir, souhait », avec l’exemple « borner son ambition à vivre en paix ». Borner ? Pourtant, vivre en paix, d’abord avec soi-même, en cohérence avec nos idéaux les plus nobles, n’est-elle pas en définitive la plus belle et globale des ambitions, pour — comme le dit Églantine — « grandir et se révéler à soi-même » ?

En ce sens, la pandémie a agi pour moi comme un révélateur. J’ai compris que ma quête de réussites, qui avait été jusque-là mon moteur, me distançait de qui je suis réellement. Il ne s’agit point ici de juger la réussite, mais de voir si elle peut cohabiter harmonieusement avec notre véritable nature, vers un meilleur équilibre. On en revient au dilemme ultime : réussir dans la vie ou réussir sa vie ? Difficile alors de redéfinir l’ambition sans trouver un nouveau sens à la réussite.

J’ai compris que ma quête de réussites, qui avait été jusque-là mon moteur, me distançait de qui je suis réellement. Il ne s’agit point ici de juger la réussite, mais de voir si elle peut cohabiter harmonieusement avec notre véritable nature, vers un meilleur équilibre.

Je ne suis pas la seule femme à avoir évolué vers davantage de paix et de cohérence en moi. J’en connais plusieurs, qui occupaient des postes de haute direction, au public autant qu’au privé, et qui ont décidé de laisser derrière elles les projecteurs. Elles ont fini par se lasser de maintenir à bout de bras idées et projets, de se battre constamment contre des principes qui ne fonctionnent plus mais qui résistent à cause du nombre. Et elles ont choisi d’être davantage elles-mêmes, à un âge où elles savent qu’elles n’ont plus besoin de prouver à quiconque leur valeur. Peut-on conclure que leur ambition s’est tarie, qu’elles ont abandonné ? Au contraire, elles décident dorénavant de la façon dont elles veulent contribuer et non pour montrer qu’elles sont capables. Et plus rien ne les arrête.

Avec leur doigté unique — savant mélange de douceur et de leadership — pour diriger et influencer, les femmes occuperont toujours une place importante pour incarner le changement, pour casser le moule plutôt que se fondre dedans. En ce sens, l’ambition au féminin n’est pas forcément synonyme de carriérisme, car les femmes ont toutes une belle place à prendre afin de faire évoluer nos organisations, nos sociétés. Désormais, à mes yeux, l’ambition et le verbe OSER revêtent une signification globale consistant à avoir envie de me réaliser dans toutes les facettes de ma vie et de foncer, libérée de cette quête de pouvoir et de réussites à tout prix.

Pour en savoir davantage sur Focus TDL : FOCUSTDL.COM

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