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La meilleure bouteille est…

3 mars 2015 - Par Philippe Lapeyrie, sommelier et chroniqueur

On croit souvent à tort que la meilleure bouteille sera la plus chère, la plus âgée, la plus rare... 

Je ne suis pas vraiment d'accord, car il y a une question de goûts et, selon moi, ceux-ci ne se discutent pas. De toute façon, ce serait triste et lassant si tout le monde aimait et buvait les mêmes vins, non ? Le prix d'un vin ou son âge ne déterminent donc pas toujours sa qualité. De nombreux vins haut de gamme assez chers m'ont laissé sur mon appétit au cours des dernières années. Même son de cloche pour les flacons plus évolués, dont on aurait dû tirer le bouchon il y a belle lurette, et qui sont quelque peu à bout de souffle à leur ouverture...

Vous êtes sept ou huit bons vivants autour d'une fondue chinoise à ricaner, à manger, à refaire le monde, à bien boire… et la question qui revient toujours est celle-ci : « Quelle est la meilleure fiole sur la table, selon toi ?  » « Euhhh... » Il y en a une demi-douzaine, vous les regardez toutes une à une et la réponse est toute simple : c'est la bouteille qui sera vide en premier. Aucun autre questionnement, point final ! Une bonne cuvée, ça se boit sans se casser la tête et on en redemande un deuxième ou un troisième verre... C'est tout !

Une bonne cuvée, ça se boit sans se casser la tête et on en redemande un deuxième ou un troisième verre... C'est tout !

Habituellement, on voit le fond d'une bouteille assez rapidement au contenu plus digeste et plus frais. Vous savez, ces produits alliant « buvabilité » et « glougloubilité » (deux qualificatifs non présents dans le Larousse, mais que tout le monde comprend très bien !) ? Les vins hyperboisés, concentrés à souhait, peu acides, trop riches et « confiturés », ça sent bon au premier coup de nez, mais après un verre, l'envie de le reprendre en bouche se dissipe rapidement... Et je ne lève pas le « nez » sur ce type de vin, mais disons qu'ils ne sont vraiment pas… ma tasse de thé. 

Il faut aussi faire attention et ne pas oublier vos fioles trop longtemps en cave, en croyant que celles-ci seront meilleures dans 10, 15 ou 20 ans... Informez-vous sur l'aptitude au vieillissement des blancs ou des rouges que vous achetez. Une cuvée d'un quart de siècle, qui offre un bouquet aux notes balsamiques ainsi que des parfums de feuilles mortes et de cuir, ça ne plaît pas à tout le monde. Il faut tirer le bouchon d'une bouteille au bon moment et selon vos goûts personnels. Si on aime le fruit, la fraîcheur, l'éclat et le côté gourmand d'un produit, il faudra le déguster lors de sa prime jeunesse.

Lors de votre prochain souper entre amis, n'oubliez pas de prendre bonne note de la première bouteille qui sera vidée sur la table... C'est elle, la meilleure !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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