PUBLICITÉ

Le bon usage de la carafe

3 mai 2012 - Par Jean-Sébastien Delisle

J’ai récemment entendu, sur les ondes de la radio, un commentateur « spécialisé » en vin déclarer que l’utilisation de la carafe était inutile. Je dois dire que j’en suis resté pantois. Plutôt que de critiquer ces propos dépourvus de sens, je vous propose un petit guide pratique sur la bonne utilisation de cet objet, au demeurant fort pratique.

Je fais souvent la comparaison suivante quant au vin embouteillé : il est aussi à l’étroit que le génie dans la lampe d’Aladin, qui a tôt fait de s’étirer dès qu’on frotte sa prison dorée ! C’est pareil pour le vin, qui est « emprisonné » dans sa bouteille et qui mérite également de se détendre lorsqu’on débouche son flacon. Le vin a besoin d’air, d’oxygène, pour libérer ses arômes, assouplir sa texture et adoucir sa structure. Mais attention ! Tous les vins ne nécessitent pas le même traitement…

Lesquels ?

Tout d’abord, on pense plus souvent à passer en carafe les vins rouges que les vins blancs. Pourtant, nombre de ces fioles mériteraient une dose d’air. Les vins liquoreux, question de rendre encore plus affriolants leurs arômes exotiques, et les vins issus de grands terroirs, souvent plus tendus en structure (chablis, savennières, alsace grand cru, etc.) sont les premiers qui me viennent en tête. À ceux-ci s’ajoutent, évidemment, les vins blancs de garde.

Combien de temps ?

Pour ce qui est des vins rouges, l’affaire est plus délicate. Les vins jeunes et robustes devraient être passés en carafe au moins une demi-heure, voire beaucoup plus longtemps dans certains cas. Les vins plus souples, quant à eux, peuvent « respirer » simplement dans le verre, qui fera office de petite carafe. Mais avant tout, il vous faut préparer votre bouteille pour qu’elle vous plaise. Si vous aimez les vins corsés, charnus et puissants, passez-les peu ou encore pas du tout en carafe. Si vous préférez les textures fondues et lissées, donnez au vin plus de temps. N’oubliez jamais que vous voulez vous faire plaisir…

Pour les amateurs de vieux vins…

Méfiez-vous. Même si le liquide a de l’âge, il a probablement besoin d’air, mais pas trop… Le meilleur conseil que je pourrais vous donner, c’est de goûter au vin en petite quantité, disons un demi-verre. Puis, remettez le bouchon sur la bouteille, ce qui permettra une aération contrôlée, puisque vous aurez enfermé le vin avec une petite quantité d’oxygène, très exactement votre demi-verre de dégustation. Consommez votre vin dans l’heure qui suit.

Dernière chose…

Le cas des vins élevés en régime oxydatif – les vins jaunes, les xérès, les portos tawny… – sont probablement les produits qui ont le plus criant besoin de s’aérer. Ils ont été mis au monde dans un contact prolongé à l’air, et ils auront avantage à se remettre en forme en carafe. J’ai souvenir d’un madère 1977 dégusté récemment. Au départ, il était cuivré, aux arômes assez « alcooleux » et plutôt sur des notes de rancio. Après deux heures en carafe, il était devenu bronze-brun, offrait un nez velouté et développait beaucoup plus de bouquet : caramel, boîte à cigares, dattes, cannelle. Et le lendemain, il respirait encore !

PUBLICITÉ

/ CETTE SEMAINE À QUÉBEC

Consultez tous les événements
PUBLICITÉ
X