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Le chenin blanc, ce grand oublié

6 mai 2011 - Par Jean-Sébastien Delisle

La Loire est sans doute la plus belle région viticole de France. Pour preuve, elle fait partie du club sélect des lieux désignés patrimoine historique mondial par l’UNESCO. Parmi ses trésors, on trouve, bien sûr, les superbes châteaux, les magnifiques berges et les historiques villes de Tours, Nevers ou Saumur. Mais il y a également un cépage extraordinaire qui n’exprime vraiment toutes ses subtilités qu’en son sein : le chenin blanc.

C’est, curieusement, en Afrique du Sud que ce cépage est le plus planté. On serait porté à croire que ce pays nous offre des cuvées plus que goûteuses, mais ce n’est pas encore le cas. La plupart des vins de chenin contiennent une bonne part de chardonnay, et la majorité des raisins aboutissent dans des fioles de vins fortifiés de style porto, ou encore, dans des eaux-de-vie du genre brandy.

Pourtant, ce cépage est probablement le plus polyvalent qui soit. Il ne nécessite pas d’assemblage avec d’autres raisins pour produire admirablement tout le registre des vins blancs : de l’effervescent au vin sec, en passant par le liquoreux. Il possède un corps plein de matière lissée et une tension qui lui assure de la longévité, grâce à son acidité structurante. Ses arômes de poire et de coing, de tilleul, de miel et de cire, sa touche de genêt… lui donnent un air princier, comme s’il était destiné à s’épanouir dans le giron des châteaux royaux.

Les sommeliers se plaisent à dire que le chenin blanc est la réponse française au riesling. Sachant que le riesling est maintenant considéré comme le cépage le plus Food Friendly, vous comprendrez qu’il vous faut partir à la découverte de ce trésor ! Je vous propose donc mes coups de cœur de cette année en matière de chenin ligérien.

D’abord, un incontournable. Pas un vin, plutôt un domaine. Tout ce que produit le domaine Huet sous l’appellation Vouvray est un travail d’orfèvre. Pour une première, optez pour la cuvée en vin sec le Haut-Lieu. Un vin d’une telle race, si équilibré entre sa profondeur et sa soif, qui vous donnera le goût de vous procurer les autres cuvées de ce producteur. À l’apéro et pour les amateurs de sushis et de cuisine asiatique.

Ensuite, pour les becs sucrés, ce Coteaux du Layon du Clos de la Guiberderie. Plus mellifère, floral, sucré, mais tenu en laisse par une acidité vibrante ; de l’opulence sans excès. Un remplaçant plus que sûr pour accompagner le foie gras ou, mieux encore, pour la tarte tatin… au foie gras !

Enfin, pour ceux qui voudront explorer ce cépage sous toutes ses formes, goûtez l’incontournable Clos de la Coulée de Serrant, sur l’AOC Savennières. Ce vin de méditation, qui nécessite plusieurs heures de carafe et plusieurs dollars, vous laissera pantois tant il est minéral, à la fois nerveux et à tendance oxydative. J’ai vécu un moment fort de dégustation avec ce cru sur des ris de veau caramélisés au sirop d’érable et en croûte de maïs. Inoubliable !

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