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Le tsundoku

3 mars 2022 - Par Marie-Josée Turcotte, éditrice

©Marjorie Roy, Optique Photo

Tsundoku. Assez convaincue que très peu d’entre vous connaissez la définition de ce terme. Et moi-même, en toute honnêteté, j’ignorais de quoi il était question avant que mon amie Mylène m’apprenne qu’elle était une adepte de cette pratique japonaise qui consiste à empiler des livres qu’on prévoit lire un jour… ou dans bien des cas, jamais. J’ai alors pris conscience que j’étais aussi une fervente pratiquante du tsundoku.

Depuis toujours, les livres exercent sur moi un attrait irrésistible. Non, je ne suis pas devenue éditrice par hasard ! Mais au cours des dernières années, pour une raison que j’ignore, j’avais quelque peu délaissé la lecture de romans et autres ouvrages d’intérêt. Les livres prenaient la poussière, bien entassés dans ma bibliothèque ou empilés sur ma table de chevet. La pandémie a contribué à réanimer cet amour négligé, si bien que, depuis deux ans, je lis une trentaine de livres de toutes sortes par année. Pourtant, tsundoku oblige, la pile de livres ne s’amenuise jamais…

Si j’en crois les statistiques, je ne serais pas la seule à avoir trouvé un réconfort certain dans les bouquins. Malgré le fait que les librairies aient été fermées durant un mois et demi en 2021, les ventes d’ouvrages au Québec ont connu une progression avoisinant les 20 % selon le système d’information Gaspard de la Société de gestion de la Banque de titres de langue française. Nul doute que j’ai contribué à cette croissance.

Le tsundoku s’applique évidemment aux livres. Mais cette pratique, me semble-t-il, nous l’appliquons tous et toutes depuis deux ans dans divers domaines de notre vie.

Pensons à tous ces voyages remis à plus tard, ces sorties au théâtre, ces soupers au restaurant, ces fêtes entre amis, ces projets personnels ou professionnels, voire ces rêves grandioses mis en veilleuse, que nous avons dû « empiler » contre notre gré dans un coin en attendant que la vie dite normale reprenne son cours. Un véritable tsunami de moments retardés, égarés, peut-être même perdus à tout jamais. Mais cette pile de plus en plus haute, parfois semblable à une tour de Babel chambranlante, vaut quand- même mieux qu’une tablette vide et ensevelie sous la poussière, non ? Alors, en attendant que le feu rouge passe au vert, restons zen, gardons la forme et continuons de pratiquer le tsundoku. Car ce jour viendra où nous n’aurons pas assez de 24 heures pour rattraper le temps perdu.

Bon printemps !

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