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Lendemains d’élection : Trois défis à relever pour le prochain gouvernement

6 septembre 2012 - Par Nelson Michaud, Ph.D.

La récente campagne électorale a mis en lumière plusieurs thèmes sur lesquels les partis se sont prononcés. Certains relevaient de la gestion courante d’un gouvernement, d’autres, tel le système de santé, touchaient des dimensions structurelles, mais certaines questions plus conjoncturelles sont néanmoins d’une grande importance. Parmi celles-ci, au moins trois devront capter l’attention immédiate du gouvernement à qui les Québécois ont confié les destinées de la nation le 4 septembre.

L’économie

Ce sujet a certes été abordé pendant la campagne sous différents aspects. Mais la dimension la plus importante qui y est associée est toutefois la manière dont le Québec pourra se positionner par rapport aux grands remous économiques internationaux qui risquent de se produire au cours des prochaines années.

L’économie québécoise ne pouvant être autarcique, il lui faut compter sur des apports externes. Or, la crise de l’euro, la difficile reprise aux États-Unis et le ralentissement de l’économie chinoise font en sorte que les principaux partenaires du Québec ne pourront peut-être pas jouer un rôle aussi important. Le Québec a traversé la crise de 2008 en étant aussi peu écorché que possible. Serons-nous en mesure de répéter l’exploit ?

Évoquer l’évidence risque de nous placer devant des matins moins heureux. Le gouvernement devra assurément faire preuve d’une solide capacité prévisionnelle, d’une grande perspicacité pour équilibrer l’investissement et réduire l’endettement qui plombe nos efforts et d’une forte aptitude à appuyer des projets qui permettront à l’économie québécoise de traverser, sans trop de heurts, une mer qui s’annonce, encore une fois, plutôt houleuse.

Les institutions

Un autre élément évoqué, mais non exploré à fond pendant la campagne, est en lien avec la crédibilité que nous accordons à nos institutions politiques, juridiques et administratives. Corruption et collusion ont peut-être été des concepts martelés à l’envi par quelques-uns, mais peu d’acteurs politiques ont traité de certains événements printaniers pourtant fort inquiétants. « La rue », avec la complicité ouverte de certains médias, a cherché à discréditer l’ensemble de nos institutions. La loi de la minorité a prévalu un temps et elle a été présentée comme une solution de rechange légitime à des institutions que quelques centaines d’années d’ajustements incrémentaux ont façonnées pour répondre aux besoins de la démocratie.

Conscient que tout système est perfectible, le gouvernement nouvellement élu devra investir les énergies voulues pour valoriser nos institutions, d’abord en les faisant mieux connaître, si nous ne voulons pas nous trouver face à la dictature du chacun-pour-soi, une approche aux antipodes des valeurs développées par la société collectiviste québécoise.

L’administration publique

Il est facile de critiquer l’administration publique qui, par son devoir de réserve, est peu encline à riposter aux attaques qui lui sont adressées. L’administration publique est la fonction de l’État qui permet à nos choix collectifs de s’incarner et de modeler les environnements social, économique et écologique dans lesquels nous vivons et nous nous reconnaissons. La considérer comme statique et coûteuse sans retour sur « l’investissement » constitue une grave erreur : elle est une entité dynamique, appelée constamment à se renouveler et à se redéfinir, certes par rapport aux nouveaux défis collectifs qui se présentent, mais particulièrement en cette époque où une partie importante de ses effectifs terminera une carrière au service de ses concitoyens.

Les jours où on lui a demandé de « faire plus avec moins » sont terminés ; il faut passer au « faire autrement » tant plusieurs ministères sont à court de ressources, voire en attrition d’expertise pour remplir leur mission. Tout en respectant la capacité des contribuables et des entreprises à défrayer les coûts de services et de programmes collectifs au moyen de leurs taxes, le gouvernement élu devra pouvoir compter sur une administration publique souple et efficiente en lui donnant les moyens voulus pour y arriver.

Ces sujets ne sont peut-être pas ceux qui auraient permis aux partis de glaner plusieurs votes et de gagner une partie importante de l’électorat. Ils constituent toutefois des rendez-vous incontournables pour qui veut offrir au Québec des conditions propices à son développement immédiat et futur.

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