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Mgr Gérald Cyprien Lacroix

2 juin 2011 - Par Pierre Champagne

Place au nouvel archevêque de Québec

Le téléphone sonne, je réponds. « Bonjour M. Champagne, c’est Gérald Cyprien Lacroix. Je vous appelle pour notre rendez-vous. » « Le rendez-vous ? Mais quel rendez-vous ? Pour quelle raison ? » que je demande à ce dénommé Lacroix, que je ne pense connaître ni d’Ève ni d’Adam. « Vous avez demandé à me rencontrer, M. Champagne… » Et j’allume enfin ! Gérald Cyprien Lacroix, le nouvel archevêque de Québec…

Il est vrai que j’ai sollicité une entrevue par le biais de son attaché de presse, M. Jasmin Lemieux-Lefebvre, il y a de cela deux ou trois jours. Or, jamais je n’aurais imaginé recevoir un jour l’appel personnel de mon évêque pour me confirmer notre rencontre. Pas de son secrétaire administratif, ni de son attaché de presse. De lui-même ! De Dieu, pour ainsi dire. Du moins, de son représentant officiel dans l’archidiocèse de Québec. Voilà qui, déjà, illustre bien l’humilité de notre nouvel archevêque de Québec.

« Voici donc notre jeune évêque de Québec. » C’est en ces termes que le pape Benoît XVI a salué le nouvel archevêque de Québec, en mars dernier, lors de son plus récent voyage à Rome. Toute l’entrevue s’est déroulée en français, une langue que le Souverain Pontife maîtrise très bien, selon Mgr Lacroix.
« Voici donc notre jeune évêque de Québec. » C’est en ces termes que le pape Benoît XVI a salué le nouvel archevêque de Québec, en mars dernier, lors de son plus récent voyage à Rome. Toute l’entrevue s’est déroulée en français, une langue que le Souverain Pontife maîtrise très bien, selon Mgr Lacroix.

Un Beauceron

Il faut d’abord savoir que Gérald Cyprien Lacroix, le nouvel archevêque de Québec, est né aussi humblement que l’Enfant Jésus, dans un tout petit village de la Beauce, Saint-Hilaire-de-Dorset. Un village où l’on compte aujourd’hui 110 personnes, ce qui fait dire à Mgr Lacroix que le maire de Dorset peut prétendre, sans mentir, qu’un pour cent de la population du village est composée d’archevêques.

Avant d’être nommé évêque, l’abbé Gérald Cyprien Lacroix fut missionnaire en Colombie pendant près de 10 ans. On le reconnaît ici au début de son ministère, en 1988, avec un groupe d’enfants de ce pays qu’il a tant aimé.
Avant d’être nommé évêque, l’abbé Gérald Cyprien Lacroix fut missionnaire en Colombie pendant près de 10 ans. On le reconnaît ici au début de son ministère, en 1988, avec un groupe d’enfants de ce pays qu’il a tant aimé.

À huit ans, le garçon a suivi sa famille à Manchester, dans le New Hampshire, où son père travaillait dans les usines de chaussures et de tissage. Il n’est revenu à Québec que pour compléter sa théologie à l’Université Laval. Durant ses études secondaires, il a travaillé comme plongeur dans un restaurant américain, le Queen City Inn, où il a atteint le niveau de gérant. Après ses études universitaires, il a été missionnaire en Colombie pendant près d’une décennie. Il affirme d’ailleurs que le jour le plus douloureux de sa vie a été celui où, le 19 juillet 1998, il a dû quitter ce pays et ce peuple merveilleux, qu’il aurait souhaité servir encore longtemps.

Un jeune archevêque… également primat du Canada

Aujourd’hui, « le jeune archevêque de Québec » — comme l’a appelé le pape lors d’une récente rencontre — est aussi primat du Canada. La primatie est la dignité d’un évêque qui possède une suprématie sur tous les évêques et archevêques d’une région. Une suprématie qui n’est pas très lucrative, cela dit… En effet, l’archevêque de Québec gagne 500 $ par semaine, soit 23 000 $ par année, ce qui représente à peine plus que le salaire d’un vicaire de paroisse. Mais il est logé gratuitement dans le palais épiscopal. Et non, il n’aura pas droit à une prime de performance à la fin de l’année, même s’il a contribué à ramener 100 000 fidèles chrétiens dans l’Église.

L’archevêque a, par contre, droit à un chauffeur, mais il préfère conduire lui-même sa voiture, une Toyota Camry, lorsqu’il se rend de l’archevêché à son bureau diocésain, situé sur René-Lévesque, à huit kilomètres du Vieux-Québec. Le chauffeur est alors assigné à certaines « autres tâches connexes », pour utiliser un langage de ressources humaines. Et c’est lui qui prépare lui-même ses rôties le matin. On ne lui apporte pas son petit-déjeuner au lit ; il n’a ni cordon ni sonnette pour appeler son valet de pied ou un groom quelconque.

Mgr Gérald Cyprien Lacroix explique ses insignes épiscopaux à sa grande famille. Il est l’aîné d’une famille de sept enfants. Il a 22 neveux et nièces et ses parents, Raymond et Brigitte, que l’on reconnaît très bien sur la photo, célèbrent cette année leur 55e anniversaire de mariage. La photo est de Dachowski Photography, la boîte de la sœur de Mgr Lacroix au New Hampshire.
Mgr Gérald Cyprien Lacroix explique ses insignes épiscopaux à sa grande famille. Il est l’aîné d’une famille de sept enfants. Il a 22 neveux et nièces et ses parents, Raymond et Brigitte, que l’on reconnaît très bien sur la photo, célèbrent cette année leur 55e anniversaire de mariage. La photo est de Dachowski Photography, la boîte de la sœur de Mgr Lacroix au New Hampshire.

Le jeune évêque est, par ailleurs, un maniaque d’ordinateurs. Il a acheté son premier en 1985, bien avant tout le monde. Il possède aujourd’hui son iPhone, son iPod et tout ce qui va avec ! « Je suis équipé jusqu’aux oreilles », affirme-t-il. Mais si vous voulez lui faire plaisir, achetez-lui plutôt des fleurs. Il n’adore que Dieu, mais il aime bien celles-ci.

C’est évidemment un homme d’une extrême piété, totalement heureux d’avoir été choisi évêque de Québec par le pape. Il affirme que le jour de son baptême, le 28 juillet 1957, est le plus beau jour de sa vie… Même s’il ne s’en souvient pas, il le ressent immensément. « J’éprouve un bonheur profond d’avoir donné ma vie à Dieu. »

15 QUESTIONS EN RAFALE À MGR LACROIX

  • 1. Le comportement humain que vous n’arrivez pas à comprendre ?
  • La mesquinerie.
  • 2. Le premier péché que vous avez commis ?
  • Un péché classique : avoir désobéi à ma mère.
  • 3. Quand ça va mal, le mot qui vous fait du bien ?
  • « Reste avec moi, Seigneur ! Reste avec nous, Seigneur ! » C’est une phrase tirée de l’Évangile selon saint Luc, chapitre 24, verset 29.
  • 4. Ce que vous aimez le plus faire durant votre journée ?
  • Célébrer l’Eucharistie et rencontrer des gens, seuls ou en groupes.
  • 5. La tâche que vous détestez le plus ?
  • Mettre de l’ordre sur mon bureau et classer des papiers.
  • 6. Vous qui avez vécu sur trois continents, quelle cuisine préférez-vous ?
  • La meilleure cuisine du monde est celle de ma mère. Mais la cuisine sud-américaine me fascine aussi. Il y a beaucoup de légumineuses, de fruits et de légumes frais. C’est très santé.
  • 7. Votre vin préféré ?
  • Un vin rouge italien sans prétention, le Folonari Valpolicella.
  • 8. Que pense-t-on faussement de vous ?
  • Que je ne me repose pas, que je travaille trop, que je ne sais pas m’arrêter.
  • 9. Votre sixième sens ?
  • Je suis assez intuitif.
  • 10. Avez-vous déjà été amoureux ?
  • J’ai aimé quelques filles à la fin de mon primaire et au secondaire, mais rien de sérieux.
  • 11. Que reportez-vous toujours à plus tard ?
  • Faire plus d’exercice et marcher davantage. Demain, peut-être !
  • 12. Le sujet de votre dernière dispute ?
  • Dans un centre commercial de Québec, il y a quelques mois, j’ai vu un parent humilier son enfant en public. Je n’ai pas pu supporter et j’ai fait le commentaire à ce parent… Il n’a pas beaucoup apprécié.
  • 13. Votre after-shave préféré ?
  • Joop. Ce sont mes sœurs qui me fournissent. En passant, c’est le temps de renouveler mes stocks, les filles !
  • 14. La personne la plus extraordinaire que vous avez rencontrée ?
  • Régina Goulet Lacroix, ma grand-mère paternelle. Elle a été tout un modèle pour moi !
  • 15. Un surnom lorsque vous étiez jeune ?
  • Comme j’ai immigré aux États-Unis à l’âge de 8 ans avec ma famille, je me suis souvent fait appeler « Frenchy ». Pas très agréable. Mais j’ai vite appris l’anglais et j’ai appris à me défendre.
  • 16. Vous qui parlez déjà plusieurs langues, quelle est celle que vous aimeriez apprendre ?
  • Il y en a deux. L’italien, pour mieux communiquer lorsque je vais à Rome ou que j’ai à lire des documents venant de Rome, et l’inuktitut, la langue des Inuits. J’ai eu le bonheur d’aller trois fois faire du ministère à Iqaluit sur la Terre de Baffin au Nunavut. J’aimerais beaucoup communiquer avec ce peuple dans leur langue.
  • 17. Vous arrive-t-il de cuisiner ? Si oui, quel plat aimez-vous préparer ?
  • J’aime bien cuisiner et recevoir. C’est une détente pour moi. J’ai travaillé 5 ans dans la restauration lorsque j’étais jeune. J’ai beaucoup appris et c’est un bonheur d’enfiler le tablier. J’aime préparer le poisson, le saumon en particulier, mais aussi, j’aime inventer et faire des essais de toutes sortes.
  • 18. Le jour de votre vie que vous avez le plus détesté ?
  • Je ne dirais pas que j’ai détesté un jour de ma vie, mais le jour qui a été le plus douloureux a été celui où j’ai dû quitter définitivement la Colombie après 9 ans de vie missionnaire. J’aurais souhaité continuer encore longtemps à vivre au service de ce peuple merveilleux. Ça s’est passé le 19 juillet 1998.
  • 19. Et le plus beau jour de votre vie ?
  • Le jour de mon baptême, le 28 juillet 1957. Évidemment, je ne m’en souviens pas. J’avais à peine un jour de naissance, mais c’est le jour où mes parents m’ont amené à l’église pour me faire baptiser, le jour où j’ai reçu cette semence de foi, d’espérance et d’amour, et le jour où a commencé la grande aventure d’une vie de communion avec Dieu dans l’Église catholique.
  • 20. Votre résolution pour cette année ?
  • Je ne suis pas beaucoup le genre à prendre des résolutions. J’essaie de vivre un jour à la fois. Ma mère dit souvent ceci : « On va prendre ça un jour à la fois. On n’est pas rendu là… On verra dans le temps comme dans le temps. » J’aime bien vivre le moment présent.
  • 21. Ce que vous aimez bien recevoir en cadeau ?
  • Des fleurs et des volumes.
  • 22. Un événement, une personne ou une aventure dont vous parlerez jusqu’à la fin de vos jours ?
  • Il y a deux sujets. D’abord, ma famille, une bénédiction et un soutien constant dans ma vie. Nous sommes très unis, nous nous aimons beaucoup et nous aimons nous rencontrer. Et ensuite, mes années en Colombie, en Amérique du Sud. Je parle souvent des expériences de ces 9 années vécues là-bas. J’ai tellement appris de ce peuple !
  • 23. La question que vous aimeriez qu’on vous pose ?
  • « Êtes-vous un homme heureux ? » À ceci, je répondrais : « Oui, je le suis. » Il y a beaucoup de joie à servir le Seigneur et à donner sa vie au service des autres. Je me considère un homme comblé et pleinement heureux, même si être prêtre et maintenant archevêque de Québec n’est pas toujours simple. Mais j’ai la conviction que je suis là où Dieu me veut et cela me comble de bonheur.
  • 24. Des copains, amis ou collègues de votre tendre enfance que vous aimeriez revoir aujourd’hui ?
  • Priscile Létourneau, qui est aujourd’hui pharmacienne. Elle était en première année de primaire avec moi. Nous étions sans cesse en lutte pour la première place à l’école, à Saint-Hilaire-de-Dorset. Et Daniel Knight, un ami du secondaire, au Trinity High School de Manchester. Il était très drôle tout en étant très timide. Il est aujourd’hui inspecteur des bâtiments pour la ville de Manchester, New Hamphire, aux États-Unis.
  • 25. La plus belle job du monde selon vous ?
  • La mienne ! Faire quelque chose qu’on aime et qui rend service est un privilège.
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