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Prendre le temps de prendre le temps… ça existe pour vrai ?

3 décembre 2020 - Par Annie Fortin, Le Groupe Structura

Extrait de ma chronique de juin dernier : « D’abord du temps pour réfléchir, pour expérimenter autre chose et relativiser. Du temps pour soi, pour sa famille, ses proches, ce qu’on néglige bien souvent quand on est en affaires. Une introspection qui a donné lieu à des constats, des changements. Travailler cinq jours et 60 heures par semaine au bureau ? Ça ne m’intéresse plus. »

Le syndrome des résolutions du Nouvel An, vous connaissez ? Au cours de l’automne, cet engagement printanier que j’avais pris envers moi-même s’est progressivement émoussé dans le contexte de survie lié à la poursuite des restrictions et à cette étouffante incertitude qui continue à nous priver de tous nos repères…

Oui, j’avais vraiment décidé de ne plus mettre autant l’accent sur le travail à tout prix et à être davantage à l’écoute de mes véritables priorités dans la vie. Mais mes vieux réflexes ont refait surface, j’ai fait des rechutes, comme recommencer à me taper des semaines-marathons de 60 heures à me débattre au cœur de ce « nouveau désordre mondial ».

Il m’a fallu me recentrer, ce que j’appelle affectueusement « mes meetings avec moi-même ». Une vingtaine de minutes à me rééquilibrer, généralement en début de semaine.

Bref, j’ai pris du recul quelque part en novembre en voyant que je revenais en arrière. Pour ne pas oublier qu’on a une vie à vivre et qu’on ne sera pas plus avancé si on se rend malades. Déjà que les jours les plus courts de l’année, avares de lumière, n’aident pas…

Ces réactions de survie, je suis loin d’être la seule à les ressentir. Étant en lien avec nombre d’entrepreneurs, je suis à même de le constater. J’en connais qui se demandent s’ils vont prendre des vacances dans le temps des fêtes au cas où ils pourraient aller chercher un contrat de plus… Et plusieurs sont vraiment plus touchés — on sait dans quels secteurs ils évoluent — tandis que beaucoup d’autres, même s’ils demeurent en activité, subissent également les contrecoups du ralentissement général.

Que dire à ces entrepreneurs en panne d’activité ? Ce n’est guère évident. Nous attendons tous de voir ce qui va se passer, mais qu’arrivera-t-il si le sabot de Denver maintient son emprise ? Tout cela me rappelle la clé que j’avais dû mettre sous la porte de mon entreprise du secteur de l’événementiel lors de la récession du tournant des années 1990. Je n’ai pas eu le choix, il m’a fallu réorienter mes projets d’affaires, ce qui m’a amenée à ce que je fais aujourd’hui. Un jour ou l’autre, devant l’impasse, il faut imaginer un plan B. Et plus on conserve notre sang-froid, plus on est en mesure de prendre des décisions réfléchies.

Je ne sais pas pour vous, mais ces meetings avec moi-même me font vraiment du bien, me ramènent à davantage d’équilibre. Respecter d’abord mes priorités personnelles, me rappeler que JE suis importante aussi. Voilà ce que la pandémie m’a enseigné.

À cet égard, je ne veux plus retrouver la normalité d’avant. Il n’empêche que peu importe la tournure des événements, plus rien ne sera jamais comme avant, ne serait-ce que dans nos perceptions de la réalité, de ce que nous pensions tenir pour acquis. Chose certaine, nous allons tous arriver à Noël ensemble. Un pas à la fois. Et même s’il est petit, l’important est qu’il soit vrai.

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