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RESPECT.

30 mai 2013 - Par Pierre Paul-Hus

Certaines dates marquent notre existence et deviennent impossibles à oublier. Il y a bien
sûr celle de notre naissance, puis toutes celles qui sont liées à des événements intimes
heureux ou malheureux (mariage, décès...), mais il y a aussi ces dates liées à divers
événements ou anniversaires inscrits dans l’histoire, et en général difficiles à retenir,
que notre mémoire enregistre à tout jamais au moment où l’émotion se met de la partie.
Dans mon cas, cette date est le 6 juin 1944.

Si vous n’avez aucune idée de ce qui s’est produit en ce jour J, je vous invite tout de
suite à lire l’excellent reportage que signe Jean Chouzenoux, ce mois-ci, en page 64. En le
parcourant, j’ai revécu ce moment qui a marqué au fer rouge cette fameuse date dans mon
esprit. En juin de l’année 2004, en tant que commandant du Régiment de la Chaudière, j’ai
en effet eu le privilège d’accompagner un groupe d’anciens combattants en Normandie, à
l’occasion des célébrations entourant le 60e anniversaire du Débarquement. Au cours de
ce périple, nous avons eu droit à une brève visite du cimetière de Beny-sur-Mer. Brève mais
ô combien intense…

Encore aujourd’hui, lorsque je repense à toutes ces pierres tombales de soldats canadiens
morts au combat (dont plusieurs d’entre eux n’avaient pas encore 20 ans), ma gorge se
noue. Je songe à la douleur des familles qui ont perdu leur fils ou leur frère. Je revois aussi
le visage de ces vétérans qui nous accompagnaient. Ceux qui ont survécu et qui portent en
eux des blessures, surtout à l’âme.

D’un certain point de vue, on peut se dire que toutes ces vies furent sacrifiées pour une
guerre qui n’était pas la nôtre, mais aux yeux des Français, ces pertes innombrables
pavèrent le chemin vers la Libération et redonnèrent espoir en l’humanité. Près de 70 ans
plus tard, ceux-ci continuent d’honorer la mémoire de ceux qui les ont sauvés et s’assurent
que les générations suivantes n’oublient jamais la date du 6 juin 1944. Chez nous, un
parfum d’indifférence voire de mépris flotte dans l’air quand il est question de notre
histoire militaire. Ce parfum n’a évidemment pas le même arôme pour moi…

À tous ces soldats disparus, à tous ces vétérans qui ont connu les horreurs de la guerre,
et à tous ces militaires qui sont actuellement en mission à l’étranger, un seul mot me vient
à l’esprit lorsque je pense à eux : RESPECT.

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