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Réflexions d’une artiste en affaires confinée...

27 avril 2020 - Par Sabrina Ferland, soprano et présidente de Bellita Production

En ces temps où le coronavirus sévit sur notre belle planète, nous imposant un confinement que personne n’aurait pu prévoir, la vie nous donne une occasion toute particulière de nous arrêter un instant pour réfléchir à l’essentiel.

Personnellement, en tant qu’artiste, j’ai vu tous mes contrats annulés, ce qui signifie que, durant une période encore indéterminée, je ne serai pas en mesure de partager pleinement mon art avec le public.

Or, ce métier que j’embrasse depuis plusieurs années n’est pas qu’un boulot pour moi ; il constitue également ce que je suis, ce qui me permet d’exprimer qui je suis. Confrontée à moi-même (comme sans doute la plupart de mes collègues), je m’accorde ce moment d’introspection. Un exercice difficile, certes, mais ô combien intéressant et révélateur…

Pourquoi choisit-on de devenir artiste et de gagner sa vie de cette manière ? Tout d’abord, parce que la musique est un langage universel. Elle rassemble tout le monde et procure un bonheur des plus contagieux… bien plus contagieux que peut l’être ce fameux COVID-19. Et lorsqu’un chanteur ou un musicien monte sur scène et se produit devant un public venu pour l’applaudir, la dose d’adrénaline qui l’envahit lui donne un immense « buzz » qui n’affectera nullement sa santé, bien au contraire ☺ !

Lorsqu’on choisit le métier d’artiste, les raisons de ce choix sont évidentes : on veut être vu, entendu, apprécié et, par-dessus tout, on veut être aimé. Par notre art, on se définit, on s’identifie et on se valorise auprès des autres. Mais le jour où tout s’arrête, où ce partage n’est plus possible, que devient-on ?

Quand j’ai commencé à chanter, étant jeune, c’était à cause de mon père. Je voulais qu’il m’entende, j’avais besoin qu’il m’écoute et qu’il soit fier de moi. À la suite de son décès, en 2009, je me suis sérieusement demandé si j’allais continuer puisqu’il n’était plus là…

Je me suis vite aperçue que ma voix et mon chant faisaient beaucoup de bien aux gens et qu’aussi, bien égoïstement, je ressentais un bien-être tout aussi grand à performer. Car il faut bien le dire, chanter nous donne un immense pouvoir ☺. Celui de passer un message, de vivre certains fantasmes tel un acteur qui entre dans la peau d’un personnage, de sortir parfois du cadre des convenances et d’assumer certains débordements qu’on ne se permettrait pas en temps normal…

Or, aujourd’hui, alors que tout n’est qu’incertitude, on en arrive à se demander quelles sont les raisons fondamentales pour lesquelles on exerce le métier d’artiste. Pourquoi ce choix ? Pour qui le fait-on ? Et quel message souhaite-t-on transmettre à travers celui-ci ?

À ce propos, on me demande souvent comment je suis parvenue à bâtir mon entreprise et à lui donner la belle visibilité qu’on lui connaît aujourd’hui. Je réponds alors que le travail assidu et constant, de même que l’organisation font en sorte qu’on gagne la confiance de nos clients, qu’on développe une notoriété et que les projets s’accumulent et sont mis de l’avant. Il n’y a pas d’élixir miracle au succès…

Si on a un objectif clair et précis et qu’on travaille de façon constante pour y arriver, ça se concrétise et ça se battit jour après jour. Depuis que nous sommes confinés dans nos foyers, je n’ai pas cessé de travailler. J’en profite pour faire des mises à jour, pour traiter des dossiers sur lesquels je n’avais pas assez temps pour travailler. Des idées nouvelles se pointent et je prends soin de les coucher sur papier. Je me fixe de nouveaux objectifs.

Entre temps, je me pose des questions en ce qui concerne l’avenir ; je sais que j’ai besoin d’être nourrie par un désir. C’est ce sentiment profond qui me donne la motivation pour entreprendre chaque projet, et c’est ce qui m’amène à créer et à assumer tous les chapeaux. Je réalise aussi que les collaborations et le travail d’équipe me motivent particulièrement. J’ai envie de m’entourer uniquement de personnes inspirantes qui me « drivent » vers le haut.

Ce grand bouleversement que nous vivons actuellement me fait d’ailleurs constater la naissance d’une solidarité hors du commun. Je reçois des appels et des messages de certains collaborateurs et collègues qui veulent simplement avoir de mes nouvelles et savoir comment je vais. Je trouve ça touchant et beau. Une situation telle que celle-là nous invite à être moins narcissique, moins nombriliste, à favoriser davantage le travail en collaboration et à prendre du temps pour notre entourage.

En conclusion, je pense que ce recul est une belle opportunité à saisir pour grandir et ouvrir ses œillères. Toutes les épreuves que j’ai eues dans ma vie m’ont permis de prendre un certain recul pour me donner un nouvel élan afin de pouvoir aller plus loin.

Je choisis de voir ce COVID-19 comme un trampoline qui va me permettre de rebondir et de saisir les rêves que je choisis, mais aussi et surtout de décider avec qui je veux les vivre et les partager !

Bonne réflexion, les amis !

Source : Cet article est tiré du blogue de Bellita Production. Merci à l’artiste Sabrina Ferland, présidente de Bellita Production, d’avoir accepté la reproduction de cet article.

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