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Sélections mondiales des spiritueux Canada

29 septembre 2011 - Par Jean-Sébastien Delisle

Les autres gagnants…


C’est bien connu, le plus grand concours de vin en Amérique s’est tenu à Québec en juin dernier. Or, discrètement, le registre Sélections mondiales des vins Canada s’est élargi pour inclure l’appréciation des spiritueux, une nouveauté qui témoigne de la crédibilité de ce concours. Sur une journée de dégustation, les jurés ont décerné cinq médailles, dont une médaille Grand Or, la plus haute distinction. C’est un pisco péruvien qui l’a raflée.

Le pisco, c’est la boisson nationale du Pérou. Contrairement au marc ou à la grappa, qui sont élaborés avec les restes de grappes après extraction du moût, il s’agit d’une eau-de-vie de raisins entiers. Pour subvenir à l’énorme demande locale, on autorise l’utilisation de maïs et de pommes dans sa composition, bien évidemment au détriment du goût. Ce n’est donc pas étonnant que ce produit ait une bien mauvaise réputation. Mais il faut faire attention, car derrière les vodkas médiocres, il existe celles que l’on prend avec du caviar. C’est un peu ça, le Pisco Porton Torontel, produit à la Destileria La Caravedo. C’est la grande eau-de-vie cachée, celle que l’on déguste essentiellement sur place, au Pérou. Un homme d’affaires texan, Bill Kallop s’est arrogé les services de l’un des plus éminents spécialistes de ce produit, Johnny Schuler, afin de traverser les frontières avec cette boisson. Convaincu du potentiel énorme du pisco à la suite de séjours en Amérique du Sud, Kallop se lance dans l’aventure de la production commerciale de pointe avec la construction d’un chai moderne, dirigé par Schuler.

Le résultat est époustouflant : un nez floral et muscaté, avec des accents de pêche et de tangerine. Une bouche ronde relevée par des épices, et surtout, cette sensation veloutée que procure un alcool distillé avec des grappes de raisins ultra-mûrs de cépages aromatiques et sucrés. Comme la vodka ou la tequila, le potentiel pour en faire des cocktails est fabuleux. Avec son corps texturé qui s’équilibre parfaitement avec son taux d’alcool, il intéresse au plus haut point la communauté des mixologues, une spécialisation de plus en plus recherchée et prisée.

Je m’en voudrais de passer sous silence le Lemon Hart Rhum, élaboré dans les Antilles, mais embouteillé par la Newfoundland Liquor Corporation. Ce produit a remporté une médaille d’or à Québec. Ce qui impressionne le plus, c’est qu’il ne s’agit pas d’un rhum vieilli issu d’une distillation particulière, mais bien d’un produit d’entrée de gamme. En vente à moins de 25 $ à Terre-Neuve, il fait la démonstration que la qualité n’est pas nécessairement une affaire de prix. Dans le monde spéculatif des boissons fermentées, il y a de quoi être rassuré.

Le Québec n’est pas en reste. Deux médailles d’argent ont été distribuées aux producteurs d’ici. D’abord, la Cidrerie du Verger s’est vue récompensée pour son vin doux à base de framboises nommé Le Framboisier. Aux arômes de kirsch, pourvu d’une texture riche, il se déguste seul à l’apéritif ou avec des desserts, mais rehaussera également les kirs tranquilles ou effervescents. Et puis, il y a le Sortilège, ce whisky canadien aromatisé au sirop d’érable. Il se retrouve sur la carte de nombreuses tables québécoise, mais également au cœur de plusieurs recettes de chefs réputés.

Les spiritueux forment une classe à part dans le monde des boissons alcoolisées. Tout comme le vin, ils se consomment seuls. Mais contrairement au vin, ils peuvent aussi servir à d’autres fins. En cela, ils sont extraordinaires, hors du commun, en raison de leur polyvalence. On peut apprécier le pisco en pisco sour, Le Framboisier en kir fruité ou encore le Sortilège dans une sauce pour accompagner l’agneau… pour notre plus grand plaisir.

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