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Le slow travel : une autre façon de voyager

3 mars 2022 - Par Marie-Josée Turcotte

Sur la photo : Jean-Michel Dufaux, dans un tuk-tuk à Chiang Mai en Thaïlande.

Découlant du mouvement slow food né en Italie en 1986, qui se voulait une protestation contre l’émergence envahissante de la restauration rapide, le slow travel – ou voyage lent – prône, lui aussi, un ralentissement de la cadence afin de mieux savourer le moment présent. C’est ce qu’a vécu le comédien, animateur, chroniqueur, photographe, et surtout, grand passionné de voyage, Jean-Michel Dufaux. Également auteur, il vient de publier aux éditions Parfum d’encre le récit de son année à l’étranger en mode slow travel. Prestige s’est entretenu avec lui.

Jean-Michel Dufaux reconnait qu’il a eu de la chance. Son voyage à l’étranger a eu lieu tout juste avant la pandémie, soit de l’automne 2018 à la fin de l’été 2019. Six mois plus tard, la COVID frappait la planète. « Disons que je suis passé d’un état d’insouciance à un état préoccupé. Mais le timing a été bon dans les circonstances. » Surtout que le globe-trotter caressait ce rêve depuis longtemps, comme bien des gens qui rêvent de s’évader de leur quotidien, de prendre du recul sur leur propre vie et sortir du tourbillon. « Hélas, il y a toujours une bonne raison pour remettre ce genre de projet à plus tard : l’argent, le travail, la famille, le confort de son chez-soi. Je n’étais pas différent des autres », admet Jean-Michel. Ce qui l’a finalement motivé à « passer à l’acte » ? « La cinquantaine, avoue-t-il. Je me suis rendu compte que le temps allait trop vite et que, tout à coup, il en restait moins devant que derrière. C’est devenu plus pressant de réaliser ce projet. »

La trépidante ville de Bangkok

L’art du slow travel

Qu’est-ce que le slow travel plus concrètement ? D’abord, il implique de rester assez longtemps dans un même lieu pour y vivre au rythme local, comme l’explique Jean-Michel dans son récit de voyage. L’idée n’est pas de visiter, mais bien de « vivre » un endroit. L’objectif, c’est de réussir à s’imprégner d’une ville ou d’un village, de son ambiance et de ses coutumes. Pour y parvenir, on établit des liens avec la population locale sans essayer de tout voir, tout explorer. On se mêle à la foule ambiante et, à la fin, on repart avec une expérience authentique qui se rapproche de la vie quotidienne de l’habitant. En d’autres mots, voyager moins pour voyager mieux, soit tout à fait l’inverse de ces circuits surchargés qui promettent de visiter 14 capitales en 15 jours.

Bien choisir ses points d’ancrage

Pour commencer son année sabbatique, Jean-Michel a choisi Chiang Mai, en Thaïlande, une ville à taille humaine, près de la nature et moins touristique que la capitale, Bangkok. Pourquoi l’Asie ? « Tout simplement parce que je m’y suis toujours senti bien. Je répète souvent qu’aller en Asie, c’est comme amener son cœur au garage : ça fait du bien à l’âme. » Une fois sur place, il s’est loué une chambre d’hôtel, le temps de trouver un hub, soit un pied-à-terre où habiter et passer la majorité du temps. « Je voulais être stimulé par l’environnement. Ce qui m’intéressait vraiment, c’était l’offre café et culture, une ville vivante, des événements variés, des restaurants. Pas une ville consacrée seulement aux touristes. » Mais ça peut être différent pour chaque personne, et Jean-Michel insiste sur l’importance de trouver un quartier qui nous plaît et correspond au mode de vie que l’on souhaite adopter.

Après Chiang Mai, où il est demeuré pendant trois mois, Jean-Michel s’est ensuite envolé pour Mazatlan, au Mexique, où il s’est « posé » durant trois autres mois, avant de revenir en Asie, à Da Nang, au Vietnam (le coup de cœur de son séjour à l’étranger). Son périple s’est finalement conclu en Europe, après avoir vécu dix mois de slow travel.

Plage au sud de Phuket en Thaïlande.

« Se poser quelque part est beaucoup moins éreintant que de bourlinguer d’une ville à l’autre. On revient donc chez soi plus reposé que si on avait voyagé en mode de tourisme classique. Je le dis souvent : à vouloir être partout, on n’est nulle part. »

Le slow travel, pour tout le monde ?

Jean-Michel admet que ce type de tourisme demande évidemment du temps et exige des compromis parfois importants. Puisqu’on voyage de manière locale et contemplative, on est souvent hors-circuit de ce que certains appellent les incontournables de la région, les must-see. « Plus jeune, j’aurais eu de la difficulté à voyager avec autant de retenue, admet le globe-trotter, qui était alors victime du syndrome FOMO (Fear of missing out). Il me fallait tout voir, je ne tenais pas en place, j’étais curieux et je voulais me gaver du monde que j’explorais. » Jean-Michel est donc d’avis que le slow travel est mieux indiqué pour les gens qui ont plus de temps, qui sont à la retraite ou qui peuvent se permettent, comme lui, de travailler à distance.

Il n’est cependant pas impossible d’adopter une approche de slow travel même lors d’un voyage plus court. S’accorder des moments de répit entre deux visites se trouvant sur la fameuse bucket list, ne rien prévoir à l’agenda, décélérer la cadence, embrasser le lâcher-prise, se laisser imprégner par les lieux, les rencontres, et finalement, prendre le temps de vivre.

L’église de Cristiana à Mazatlan, au Mexique.

Les avantages du slow travel

Le premier avantage du slow travel, et non le moindre : le coût. Selon les endroits, louer une maison pour un mois coûte beaucoup moins cher qu’une chambre à plein prix dans un hôtel pour quelques jours. Cuisiner à partir des provisions achetées au marché public permet aussi d’économiser. En évitant les grands centres, on évite aussi les pièges à touristes et on s’assure de vivre une expérience unique, loin de la horde de voyageurs et des attractions principales. Enfin, avantage non négligeable, « se poser quelque part est beaucoup moins éreintant que de bourlinguer d’une ville à l’autre. On revient donc chez soi plus reposé que si on avait voyagé en mode de tourisme classique. Je le dis souvent : à vouloir être partout, on n’est nulle part », lance Jean-Michel.

Voyager après la pandémie

Vivre à l’étranger durant un an, au sein d’autres cultures qui adoptent un mode de vie différent du nôtre et qui négocient avec d’autres régimes politiques et des contraintes économiques, suscite nécessairement des réflexions. L’écart entre les riches et les pauvres fut parfois confrontant. « Et avec le tourisme de masse qui est exponentiel depuis les années 2010, j’ai d’autant plus pris conscience de la fragilité de notre planète, confie Jean-Michel. En tant que globe-trotteur, je n’ai évidemment rien contre le tourisme, mais selon moi, il ne doit pas se pratiquer au détriment d’une vie locale authentique et conservée. Il y a une limite au développement et au nombre maximum de touristes pour ne pas dénaturer, voire détruire un lieu. » Il espère que la pandémie aura accéléré cette prise de conscience du « nous collectif ». « Comme l’a si bien dit Barack Obama : “We only get one planet. There is no Plan B”. » Voilà pourquoi il choisit souvent de « se poser » dans des villes moins connues : le tourisme y est plus doux et ne déséquilibre pas la vie locale.

Repartir

Jean-Michel se dit évidemment heureux d’avoir surmonté ses peurs afin de vivre ce grand rêve qui, selon lui, est beaucoup plus accessible qu’il n’y paraît à première vue. Est-il rassasié pour autant ? « J’aimerais repartir une autre année à l’étranger, cette fois-ci en France ou en Suisse. » À quand le deuxième volet de son récit de slow travel ?


Mon année à l’étranger : récit de slow travel , publié aux éditions Parfum d’encre.
Texte et photographies de Jean-Michel Dufaux
En vente dans toutes les bonnes librairies dès le 16 mars 2022
Pour suivre Jean-Michel dans ses périples : siegehublot.com

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