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TENDANCES EN IMMOBILIER - Un marché qui poursuit sa transformation

3 mars 2022 - Par Gilles Levasseur

Le télétravail a créé un besoin pour les vastes demeures comportant davantage de pièces, et situées en banlieue, voire au cœur de la nature. ©Deve Media, photo immobilière

Le contexte mondial qui prévaut depuis deux ans n’a pas fini de remodeler les préférences en matière de bien-être chez soi. Après la surchauffe de 2020, les observateurs prévoyaient un ralentissement immobilier l’an dernier ; mais au contraire, les augmentations se sont poursuivies dans un climat notamment marqué par la surenchère et un engouement pour la résidence unifamiliale. Chez Engels & Völkers, les courtières Vicky Gagnon et Christine Gervais font le point.

Les acheteurs recherchent plus que jamais un produit clés en main où il fait bon vivre, et qui offre même un art de vivre. ©Deve Media, photo immobilière

Le confinement, le télétravail et les restrictions relatives à tout ce qui touche au divertissement ont exacerbé l’importance de se sentir bien chez soi et d’y trouver tout ce que la pandémie avait limité. Devant les aires communes fermées des immeubles à condos, beaucoup s’y sont sentis particulièrement à l’étroit, prenant d’assaut la catégorie des maisons unifamiliales pour profiter des commodités qui s’y rattachent. Ce phénomène a fait grimper les prix, surtout que les taux d’intérêt atteignaient un creux historique facilitant l’accès à la propriété et que les revenus de la clientèle haut de gamme n’avaient pas fléchi, bien au contraire, en raison de la réduction des dépenses.

« Le nombre d’acheteurs a bondi de 40 % tandis que l’inventaire diminuait du tiers, bousculant le rapport entre l’offre et la demande, explique Vicky Gagnon. Ajoutons à ce tableau les séparations dans les couples multipliant le nombre d’acheteurs et les hésitations de propriétaires plus âgés, qui ont repoussé leur projet de vente compte tenu de ce qu’on rapportait dans des résidences pour aînés. Ce contexte a donné lieu à de la surenchère, de sorte que pour une propriété d’un demi-million par exemple, un vendeur pouvait se voir offrir 100 000 $ de plus, et, bien souvent, par plusieurs acheteurs à la fois. Et ce phénomène touche maintenant des résidences très luxueuses. »

©Simon Dufresne

« Les acheteurs recherchent plus que jamais un produit clés en main où il fait bon vivre, et qui offre même un art de vivre. » - Vicky Gagnon, courtière immobilière chez Engel & Völkers.

Transactions en forte hausse

Pendant ce temps, la construction neuve ralentissait compte tenu de la hausse du coût des matériaux et des retards de livraison. Les acheteurs se sont donc tournés vers le marché de la revente (maisons usagées, dont certains cas de restauration d’anciennes demeures de prestige), ce qui a aussi contribué à la surenchère. « Au-delà des soubresauts du marché, nous avons découvert depuis le début de la pandémie que la région de Québec recèle davantage de richesse qu’on le pensait, exprime Christine Gervais. Le nombre de transactions a explosé : nous avons enregistré quatre fois plus de ventes millionnaires et jusqu’à cinq fois plus du côté des multimillionnaires. Plusieurs de nos clients fortunés ont même acheté des propriétés-cadeaux à leurs enfants, autant du côté du condo que de l’unifamilial, faisant ainsi d’une pierre deux coups, autant pour les aider que pour investir dans une valeur sûre. »

Les vastes cuisines aux très grands îlots ont la cote, ainsi que les immenses garde-manger walk-in, bars et hottes commerciales, comme si on cherchait à reproduire l’ambiance des restos. ©Deve Media, photo immobilière
©Catherine Potvin Photos

Les effets du télétravail

Entre autres conséquences, le télétravail a créé un besoin pour les vastes demeures comportant davantage de pièces, et situées en banlieue, voire au cœur de la nature. Des records de ventes ont ainsi été enregistrés du côté de l’immobilier de villégiature, créneau propulsé par l’interdiction de voyager, encourageant le tourisme intérieur et la location de chalets de grand luxe pouvant accueillir des dizaines de personnes. Le travail à distance et son besoin d’espace a aussi poussé à la hausse les ventes de penthouses de grande superficie, plusieurs ayant rapidement trouvé preneur alors qu’ils étaient depuis longtemps sur le marché.

©Simon Dufresne

« Au-delà des soubresauts du marché, nous avons découvert depuis le début de la pandémie que la région de Québec recèle davantage de richesse qu’on le pensait. » - Christine Gervais, courtière immobilière chez Engel & Völkers.

Désir d’autonomie chez soi

Pour ce qui est des préférences, la tendance est vers le « tout chez soi », conséquence plausible des interdits sociaux. Les gens se tournent vers des maisons s’ouvrant sur des terrasses et jardins extérieurs, des piscines et des spas. Les vastes cuisines aux très grands îlots ont la cote, ainsi que les immenses garde-manger walk-in, celliers vitrés, bars et hottes commerciales, comme si on cherchait à reproduire l’ambiance des restos. « On a aussi constaté un retour vers les cloisons et les pièces séparées, les aires ouvertes ayant peut-être souffert du confinement, indique Vicky Gagnon. Salles à manger et boudoirs gagnent donc en popularité. Et dans les bureaux à la maison, on apprécie les murs vitrés pour plus de luminosité, peut-être pour contrer la déprime ambiante. Entre autres critères, on signale enfin des demandes pour la domotique, une ventilation haut de gamme et, bien sûr, des bornes pour voitures électriques. En bref, les acheteurs recherchent plus que jamais un produit clés en main où il fait bon vivre, et qui offre même un art de vivre. »

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