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Un tramway dans la ville

18 décembre 2019 - Par Jean Chouzenoux, correspondant européen

C’est le samedi 14 décembre dernier que la ligne 2 du tramway a fait son arrivée officielle au Port de Nice. © Ville de Nice

L’implantation d’une ligne de tramway à Québec suscite bien des discussions et des questionnements qu’un possible référendum viendra clarifier. Curieusement, c’est l’idée même du tramway qui est mise en cause comme solution pérenne à désengorger la circulation, et ce, de façon écoresponsable.

Trouver un accord

Dans les villes européennes où des voies de tramway ont été tracées, des controverses ont aussi éclatées, mais rarement sur la pertinence du projet. Ce sont plutôt des enjeux collatéraux tels le tracé, le budget ou l’impact des travaux sur les riverains qui ont alimenté ces débats, le tramway trouvant généralement toute son utilité dans des cités aux superficies plus petites que la ville de Québec et à des densité de population beaucoup plus élevées.

Les Niçois se sont déplacés en grand nombre pour assister à l’événement.

L’équation est patente quand vous avez 500 000 personnes à desservir sur un territoire de 50 km carrés, à Lyon, par exemple. Plus difficile d’accorder les violons dans la capitale québécoise de 500 000 habitants disséminés sur 400 km carrés.

La semaine dernière, à Nice, d’où parvient cette chronique, le maire Christian Estrosi a inauguré le dernier tronçon du Tramway qui compte trois lignes afin de servir 350 000 résidents établis sur les 70 km carrés du territoire.

Fluidifier et oxygéner

C’est la ligne 2 qui a été livrée dans sa totalité à Nice le 14 décembre dernier. Elle traverse la ville dans l’axe est - ouest sur un parcours de 11 kilomètres comprenant 20 stations dont 4 souterraines.

Le tramway est beau, rouge ocre avec des courbes aérodynamiques. Surtout, aucun câble ni caténaire pour l’alimenter et qui auraient alors hachuré le ciel et défiguré le paysage. En effet, on assiste ici à une première mondiale avec une recharge statique par le sol des puissantes batteries embarquées se rechargeant en 20 secondes, à chaque arrêt en station. Une technologie révolutionnaire… reste à savoir si cela s’adapte à des villes plus nordiques.

Or, les rames desservent les principaux secteurs névralgiques de la municipalité et relient le secteur du port jusqu’à l’aéroport. Quel avantage pour les voyageurs, car au sortir des wagons, ceux-ci n’ont que 20 pas à franchir avant d’entrer directement dans l’aérogare.

Par ailleurs, dès sa mise en service, qui s’est faite en trois phases, ce sont 20 000 automobiles et 900 bus qui ont disparu de la circulation, au quotidien. Conséquemment, la direction de la ville a choisi de remplacer les anciens couloirs réservés aux autobus par des pistes cyclables et des trottoirs plus larges permettant aux automobilistes, cyclistes et piétons de respectueusement cohabiter. Enfin, sur cette seule ligne 2, on estime déjà le taux de fréquentation à 100 000 passagers par jour qui paient 1,50 € leur déplacement ou 1 € s’ils ont acheté une carte de 10 passages.

L’autre objectif poursuivi par les autorités était d’assainir la ville fortement polluée, en diminuant bien sûr la circulation automobile et en transitant vers des bus électriques mais, pièce maîtresse du projet, en verdissant un maximum d’espaces urbains.

D’abord, c’est un véritable ruban vert qui a été déroulé dans la cité, car les lignes 2 et 3 sont quasi totalement gazonnées. C’est splendide et diminue d’autant les îlots de chaleur.

Ensuite, tout le long du parcours, 6000 arbres ont été plantés, donnant l’illusion de circuler sur des allées royales.

Touche finale, les anciens corridors de bus dont je parlais plus haut, sont dorénavant totalement revégétalisés avec des ornements d’arbustes et de fleurs sur des trottoirs au joli revêtement beige.

Et l’art qui s’invite

De plus en plus, dans les grandes villes, on s’efforce pour que ces vastes projets d’infrastructures contribuent à l’embellissement du paysage avec une architecture audacieuse, mais aussi, en laissant une place à l’art pour s’exprimer.

Dans cette optique, l’intégration d’œuvres d’art est apparu aux concepteurs comme un accompagnement incontournable de ce réaménagement urbain. Par conséquent, une douzaine d’artistes locaux ont été sollicités pour réaliser autant de sculptures qui jalonnent le circuit de tramway, aussi bien en surface qu’en souterrain. S’agit d’être attentif et de lever les yeux.

Voilà autant de bonnes idées dont s’inspireront, je l’espère, les futurs concepteurs de l’éventuel tramway de Québec.

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