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Une réputation à sauvegarder… ou une image à refaire

29 septembre 2011 - Par Denys Paul-Hus

Vous vous souvenez de l’article publié en septembre 2010 dans le magazine torontois MacLean’s ? L’enquête effectuée par le journaliste Martin Patriquin révélait que la province de Québec est la plus corrompue au Canada. Bien que le reportage ait surtout adressé ses reproches à la classe politique et au gouvernement québécois, ce scandale a provoqué plusieurs dommages collatéraux insoupçonnés en salissant au passage la réputation de tout un peuple. Et avec les dernières données soumises par l’Unité anticollusion, dirigée par Jacques Duchesneau, ce n’est rien pour améliorer notre image partout au Canada, et même au-delà des frontières.

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je tiens mordicus à ma réputation. Ma réputation personnelle en premier lieu, il va de soi ! Mais aussi, ma réputation en tant que Québécois. Tout comme vous sans doute, ce que j’entends dans les médias depuis quelques semaines m’horripile au plus haut point. Si toutes ces allégations s’avèrent fondées – et j’espère sincèrement que nous irons au bout du processus d’enquête –, nous sommes prisonniers d’un système qui enrichit un petit réseau bien structuré et sans scrupules au Québec avec notre argent. Autrement dit, nous sommes impliqués, sans le vouloir, dans les rouages d’une organisation criminelle. Et comme dans le jeu de société Clue, dont le but est de découvrir le meurtrier d’un crime commis dans un manoir anglais, dans le cas qui nous concerne, nombreux sont ceux qui peuvent être soupçonnés de corruption. Jusqu’à ce que la lumière soit faite, les rumeurs courent, et qu’elles soient vraies ou fausses, elles créent un climat hostile de suspicions.

Mais le plus désolant et, à mon avis, le plus dommageable dans tout cela, c’est d’être perçu, en tant que Québécois, comme un spécialiste de la « magouille », bien que la vaste majorité d’entre nous n’ayons absolument rien à nous reprocher. Notre image nationale, peut-être même internationale, en a pris un coup. De là à comparer notre situation à celle des Arabes qui, depuis les attentats du 11 septembre, sont tous perçus comme des terroristes en puissance, il n’y a qu’un pas…

Je vous invite d’ailleurs à lire le premier volet d’une série d’articles consacrés aux communautés culturelles à Québec. Nous avons débuté par le peuple arabe, sans doute le plus discret de tous, pour les raisons qu’on devine… Leur situation porte à réfléchir et me rappelle qu’on ne doit jamais inclure tout le monde dans le même panier. Et cela vaut aussi pour les membres du gouvernement, tous éclaboussés par ce scandale, alors que la plupart d’entre eux font un travail honnête. Bref, j’espère que les gens de l’extérieur du Québec auront ce même raisonnement et feront la part des choses…

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