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Des œuvres d’art psychédéliques sur route

6 décembre 2019 - Par Luc Gagné

Les années 1960 ont engendré de nombreux bouleversements de nature culturelle, politique, sociale et artistique. Époque du Peace and Love, elles ont aussi donné naissance au psychédélisme, un phénomène de contre-culture exprimant un besoin de liberté intense, incontestablement lié au rock’n’roll. Ce mouvement artistique, certaines personnalités de l’époque l’ont adopté et exploité à toutes les sauces. Il s’est exprimé, naturellement, par de nombreuses pochettes de disques, mais il a aussi servi à singulariser jusqu’à des véhicules utilisés au quotidien !

La Porsche psychédélique de Janis Joplin

La célèbre Porsche 356 C cabriolet 1964 de Janis Joplin © RM Sotheby’s

D’une voix rauque, Janis Joplin chantait : « Oh Lord, won’t you buy me a Mercedes-Benz ? My friends all drive Porsches, I must make amends... » Ironiquement, avant de composer cette chanson, en 1970, la reine du rock’n’roll avait déjà possédé une Porsche.

© RM Sotheby’s

Quelques années plus tôt, Janis tombe en amour avec une Porsche 356 C 1964 qu’offre un concessionnaire de Beverly Hills. Elle débourse 3 500 $ US pour ce cabriolet qui, tristement, est de couleur terne : Dolphin Grey, l’une des neuf teintes offertes par le constructeur allemand à l’époque.

Le timbre-poste émis par la Tanzanie, en 1996. © eBay

Qu’à cela ne tienne, elle offre 500 $ US à un admirateur qui accompagne régulièrement sa troupe de musiciens, Dave Richards, pour transformer sa voiture. Il en fait une murale mobile inspirée par l’histoire de l’univers (et sans doute aussi les effets secondaires de quelques psychotropes). De couleurs vives, l’œuvre marie l’œil de Dieu au symbole du Capricorne (signe astrologique de Janis) avec un panorama verdoyant, des papillons, des oiseaux et des champignons, sans oublier les visages des membres du Big Brother and the Holding Company, sa troupe.

© RM Sotheby’s

Très vite, cette Porsche devient connue. Les admirateurs de Janis accrochent régulièrement des messages à ses essuie-glaces. Malheureusement, durant un spectacle, en 1969, l’inévitable survient. Un voyou la vole. Il tente même de masquer son acte à l’aide d’une peinture en aérosol, mais la police le retrouve avant qu’il n’ait fini son travail.

© RM Sotheby’s

Grâce au vernis incolore qu’il avait appliqué, Richards réussira à retirer cette peinture et Janis continuera de conduire sa Porsche, du moins jusqu’au jour où une surdose d’héroïne l’emportera, le 4 octobre 1970.

Son frère et sa sœur, Michael et Laura, conserveront la Porsche jusqu’aux années 1990. Elle sera alors restaurée, tant sa mécanique que sa peinture défraîchie, puis ils en feront don au Rock and Roll Hall of Fame and Museum. Mais cette institution de Cleveland, en Ohio, choisira de s’en départir pour regarnir ses coffres. C’est ainsi que le 10 décembre 2015, la petite Porsche de la reine du rock’n’roll sera vendue pour la somme mirobolante de 1,76 M$ US lors d’une vente aux enchères organisée par RM Sotheby’s à New York. Une rumeur veut qu’une femme du Michigan en ait fait l’acquisition en guise de cadeau pour ses 60 ans !

© RM Sotheby’s

Faute de posséder cette voiture mythique, aujourd’hui, un passionné qui s’adonne à la philatélie pourra s’offrir à moindre coût (de 10 $ à 15 $ sur eBay) le timbre-poste émis par la Tanzanie, en 1996. Il montre Janis souriante, assise sur le capot de sa Porsche comme si elle entonnait : « Oh Lord, you bought me a... Porsche ! »


Le Microbus VW de Light renaît

Plus de 50 ans après son apparition au légendaire festival de Woodstock de 1969, l’emblématique Volkswagen Microbus baptisé « Light Bus » a repris la route cette année.

Ce minibus flamboyant est le fruit de trois années d’efforts déployés par l’artiste du Maryland, Robert Hieronimus (surnommé Dr Bob) et le documentariste canadien, John Wesley Chisholm. Tous deux souhaitaient recréer ce véhicule avant le jubilé du festival de Woodstock, le fameux Woodstock 50 prévu pour août dernier qui n’a finalement pas eu lieu.

La Microbus 1963, pour Bob Grimm, leader du groupe musical Light de Baltimore, au Maryland. © Arcadia Content_Newswire_Associated Press licensed to Woodstock Bus Project

Par contre, le projet de Hieronimus et Chisholm a abouti, et ce, grâce à un financement Kickstarter qui a réussi, de même qu’à une aide précieuse fournie par Volkswagen of America.

« C’est une machine à voyager dans le temps qui ramène les gens dans le passé, les fait voyager dans le présent et les transporte dans le futur », a dit Chisholm lors du dévoilement de cette « recréation » à Long Beach en Californie, en février 2019.

En 1968, Hieronimus avait peint ce véhicule, un Microbus 1963, pour Bob Grimm, leader du groupe musical Light de Baltimore, au Maryland. Ce dernier souhaitait l’utiliser pour amener ses musiciens, sa chanteuse et sa copine à Woodstock. Sa commande à Hieronimus était simple : « Fais-moi un minibus magique » ! Il a fallu six mois à l’artiste pour peindre l’œuvre pour laquelle il a reçu 1 000 $ US, « une mégafortune à l’époque pour une œuvre symbolique, et non psychédélique », précise-t-il aujourd’hui.

Évoquant la paix, l’amour et l’unité, ce véhicule est devenu le symbole de Woodstock par la diffusion d’un cliché croqué par un photographe de l’Associated Press durant le festival dans une foule de journaux et de magazines américains de l’époque. Cette photo apparaît même sur la pochette intérieure de l’album 33 tours officiel de Woodstock !

Après le festival monstre, l’histoire du Light Bus devient floue. « Ce tas de ferraille a disparu... à un moment donné », admet Hieronimus. Voilà pourquoi il a dû être recréé.

Pour sa part, Chisholm a tiré un documentaire en cinq épisodes de l’histoire de ce véhicule qui a marqué l’imaginaire des gens. Intitulé The Woodstock Bus – Finding The Light, on peut le visionner sur CuriosityStream depuis mars dernier.

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