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L’État : maillon vital de notre vouloir-vivre collectif

7 avril 2011 - Par Nelson Michaud, Ph.D.

Les premiers mois de 2011 nous ont placés devant des bouleversements inattendus. Bouleversements politiques au Maghreb et bouleversements géologiques en Asie. Si, de prime abord, il peut sembler n’y avoir aucun lien entre la descente dans la rue de populations sous le joug d’un leader omnipotent et la montée d’une vague à la puissance meurtrière, un second regard nous amène à focaliser sur une même institution : l’État.

L’État au Maghreb

Dans le cas du Maghreb, au-delà de l’État contesté par ses commettants, il faut analyser la situation actuelle en fonction des incertitudes que les soulèvements apportent avec eux : qui, demain, formera l’État dans ces pays ? L’inquiétude est fondée, sachant qu’il vaut mieux un État ennemi et prévisible qu’une absence d’État génératrice d’instabilité et d’anarchie. Cette nécessité de pouvoir reconnaître, non seulement un interlocuteur, mais surtout un cadre de référence – deux fonctions essentielles de l’État –, explique en grande partie la tolérance des pays occidentaux vis-à-vis des totalitarismes nord-africains, voire ailleurs dans le monde. C’est aussi pour cela que les États « faibles et en déroute » inquiètent tant.

L’État au Japon

Les lendemains des catastrophes naturelles qui ont frappé le Japon nous offrent un portrait complémentaire. Dans un pays aussi densément peuplé, sans un État solide, les séquelles auraient été encore plus importantes. Nous n’avons qu’à songer à l’accès à certaines ressources, comme l’eau potable, laquelle aurait pu être détournée si une panique anarchique avait prévalu et si l’État n’avait pas imposé des priorités d’approvisionnement. C’est dans ces situations que l’homme devient véritablement un loup pour l’homme, comme disait Thomas Hobbes. Ici encore, l’État doit savoir faciliter notre vie en collectivité. Une brève comparaison avec la situation haïtienne nous fait comprendre, au-delà des considérations économiques, l’importance de l’État dans la capacité d’une population de retrouver une vie normale.

L’État au Québec

Chez nous, nous aimons bien blâmer l’État, lui faire porter une partie de nos malheurs. Il est facile de montrer du doigt ses artisans, qui sont pourtant de véritables chimistes du tissu social, soucieux de maintenir en équilibre les diverses composantes de notre univers rapproché. Sans rejeter la nécessaire efficacité que tout État doit constamment rechercher, nous devons reconnaître la contribution de l’État pour faciliter nos rapports, répartir la richesse et nous fournir ce à quoi nous ne pourrions avoir accès individuellement, ou ce que nous ne pourrions obtenir individuellement.

Pour en savoir plus :

  • L’État démocratique, Louis Côté, Presses de l’Université du Québec, 2008.
  • La contre-démocratie : la politique à l’âge de la défiance, Pierre Rosanvallon, Le Seuil, 2006.
  • Pour une nouvelle gouvernance ; l’humanisme en action, Jean-Pierre Raffarin, L’Archipel, 2002.
  • L’État québécois au XXIe siècle, Robert Bernier, Presses de l’Université du Québec, 2004.
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