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Les élections françaises : Regard d’outremer

5 juillet 2012 - Par Nelson Michaud, Ph.D.

À la veille de l’été, la France s’est donné un nouveau gouvernement, s’assurant la gauche de l’Élysée et d’une majorité au palais Bourbon. Que nous réserve ce changement de la garde politique française ?

Le changement

C’est avec cet appel : « le changement, c’est maintenant » que François Hollande a remporté l’élection présidentielle. Le slogan électoral faisait écho au rejet d’un président dont le style direct a autant fait pour sa popularité première que pour sa défaveur récente. Mais entre ce cri de ralliement et la réalité qui rattrapera vite le nouvel élu, il y a un monde. Car le changement en France ne sera pas simple. La France pourrait peu bousculer ses politiques, car elle aura la responsabilité de la stabilité dans une Europe écartelée entre la Grèce et l’Espagne.

Le Palais de l'Élysée, résidence officielle du président de la République française et siège de la présidence.
Le Palais de l’Élysée, résidence officielle du président de la République française et siège de la présidence.

L’équilibre

C’est donc davantage dans l’espace continental que sur le territoire national que les effets de la victoire socialiste doivent être interprétés. Ainsi, il faudra voir comment la gauche française pourra composer avec la droite britannique et l’Allemagne d’Angela Merkel. Si cette dernière s’est fait servir un sévère avertissement lors des élections régionales de mai, il lui reste tout de même plus d’un an pour se replacer.

Entretien entre François Hollande et le premier ministre du Canada, Stephen Harper, de passage en France le 7 juin dernier.
Entretien entre François Hollande et le premier ministre du Canada, Stephen Harper, de passage en France le 7 juin dernier.

Dans ce contexte, nous pouvons nous demander si les résultats des scrutins en France amèneront la chancelière allemande à redéfinir sa position pour contrer tout effet d’entraînement que ceux-ci pourraient avoir. Il faudra aussi tenter de comprendre comment l’opposition à l’austérité maintes fois proclamée par Hollande se conjuguera avec l’avenue contraire préconisée sans relâche par Merkel, alors que le premier ministre britannique, David Cameron, impose lui-même une cure draconienne aux finances de son pays.

Le Québec

Dans ce contexte, le Québec sera sans doute loin d’être une préoccupation première. Il peut toutefois être intéressant de prospecter la relation qui prévaudra entre les gouvernements. On a souvent évoqué le « retour » à la « politique du ni, ni » (ni ingérence, ni indifférence), mais pour bien évaluer ce qui pourrait être, il faut savoir aller au-delà de ces symboles.

François Hollande et la chancelière allemande, Angela Merkel.
François Hollande et la chancelière allemande, Angela Merkel.

En ce sens, le rôle que jouera Pierre Moscovici auprès de François Hollande pourrait être l’élément le plus important de l’équation. Moscovici a été l’artisan de la victoire présidentielle. Dans le contexte évoqué de sensibilité économique continentale, sa nomination à Bercy (Finances) plutôt qu’à Matignon (premier ministre) démontre la confiance que lui voue Hollande. Or, Moscovici connaît bien le Québec et il a des relations avec les deux principales familles politiques. C’est cet homme qui pourrait colorer les relations de la France, autant envers l’Europe qu’envers le Québec, aux yeux du nouveau Président. Les décideurs québécois seraient avisés de bien le connaître.

Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances, sera un acteur d'importance pour les relations France-Québec.
Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances, sera un acteur d’importance pour les relations France-Québec.

Pour en savoir plus :
Mission impossible ? Comment la gauche peut battre Sarkozy en 2012, Pierre Moscovici, Paris : le cherche midi, 2009.

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