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Pierre-François Legendre

1er février 2012 - Par Marie-Josée Turcotte

Sans peur et sans regret

Il en a fait du chemin, le « p’tit gars » de Québec, depuis sa sortie du Conservatoire en 1997. Et à l’instar du personnage qu’il interprète dans le dernier film de Gabriel Pelletier, La peau de l’eau, Pierre-François Legendre connaît une belle évolution artistique et affirme son style, autant sur scène qu’au petit et au grand écran.

Le rôle lui va comme un gant : celui d’une « police de village », anxieuse et peu confiante en ses capacités, qui devra surmonter ses phobies (dont celle de l’eau) afin d’élucider un meurtre aux ramifications complexes. Même si l’acteur a dû passer une audition pour obtenir ce rôle, il reconnaît que son « casting » concordait à la perfection. « Tous les acteurs en ont un, explique-t-il. Le mien, c’est celui du gars “mollasson”. Je n’ai donc pas vécu le syndrome de l’imposteur en interprétant ce personnage, mais je craignais qu’il soit trop identique à celui de Carlos Fréchette (en référence à la série culte Les Invincibles). » La lecture du scénario – qu’il a d’ailleurs dévoré du début à la fin sans jamais trouver le coupable – l’a rassuré et convaincu d’aller de l’avant. Non seulement lui proposait-on de tenir le rôle principal dans un thriller policier captivant (un genre peu exploité au Québec), mais son personnage prenait du galon et parvenait à retrouver sa confiance en soi ; un facteur très important à ses yeux.

Le comédien joue le rôle d'André Surprenant, un policier qui enquête sur un meurtre sordide survenu aux Îles-de-la-Madeleine.
Le comédien joue le rôle d’André Surprenant, un policier qui enquête sur un meurtre sordide survenu aux Îles-de-la-Madeleine.

Qui plus est, le fait de tourner aux Îles-de-la-Madeleine l’a incité à ralentir, à devenir plus contemplatif (se livrant, à l’occasion, à l’observation des mouettes et des phoques) et, par conséquent, à mieux camper son personnage, un être qui réfléchit, qui essaie de faire des liens. « Ce lieu m’a également forcé à m’incliner devant les forces de la nature, beaucoup plus grandes que nous, » avoue-t-il. Qu’à cela ne tienne ! Pierre-François n’a pas hésité à se jeter à l’eau afin de tourner une cascade lui-même.

En réalité, on l’aura deviné, la véritable personnalité de ce comédien se trouve à mille lieues des rôles de « looser » qu’on lui a souvent confiés. Il aimerait bien, d’ailleurs, qu’on lui offre un jour le rôle d’un homme puissant en costard, « avec des boutons de manchette tant qu’à y être ! », lance-t-il avec tout l’humour qui le caractérise. Pourquoi ? « Peut-être parce que mon père est avocat et, bien qu’il soit très fier de mon parcours, il aurait sûrement souhaité, d’une certaine manière, que je suive ses traces, comme mon frère. » Mais le destin en a décidé autrement pour celui qui, avant de croiser la route de Marie-Josée Bastien (une figure importante de la scène théâtrale à Québec), ignorait qu’on pouvait étudier l’art dramatique dans un conservatoire. Après avoir exploré l’univers de l’improvisation à l’Université Laval et terminé ses études, les contrats se sont mis à débouler, si bien que, voilà huit ans, il a été, en quelque sorte, obligé de déménager ses pénates à Montréal, « pour ne pas avoir de regrets plus tard. » D’ailleurs, le film Québec-Montréal (également produit par GO Films), c’est un peu son histoire, celle du gars qui résiste à la Métropole. Mais comme sa famille habite toujours à Québec (sauf sa sœur, une diplomate, qui vit présentement à Montréal), il revient régulièrement dans son patelin en compagnie de sa petite famille à lui. Comédien accompli et heureux papa de deux jeunes enfants, Pierre-François Legendre respire le bonheur et l’équilibre.

Présentement à l’affiche :

Lisette Oropesa © Jason Homa

-* La peur de l’eau

  • Réalisé par Gabriel Pelletier
  • Produit par Nicole Robert, GO Films
  • D’après le roman de Jean Lemieux, On finit toujours par payer
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