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Au bout du monde pour Adaptavie

5 octobre 2026 | Julie Marie Dorval

Au bout du monde pour Adaptavie

© Adaptavie

Jimmy Pelletier et Manon Bélanger

À la mi-septembre, Jimmy Pelletier était en Turquie et entrevoyait la prochaine étape en Argentine. Il parcourra en tout 40 000 kilomètres en deux ans, au bénéfice d’Adaptavie. Entre les continents, il enchaîne des milliers de kilomètres qui ne se ressemblent pas. Pendant cette fabuleuse traversée, les journées finissent par se confondre. « On ne sait jamais quel jour on est. Le samedi, c’est comme le lundi ! », plaisante-t-il. Cette perte de repères et la richesse de l’aventure résument bien le quotidien du cycliste paraplégique et de sa conjointe, Manon Bélanger.

Le déclic et la cause

L’idée d’un tour du monde a germé au terme de sa traversée du Canada en 2019. À quelques mètres de l’arrivée, devant le paysage portuaire et cosmopolite d’Halifax, Jimmy s’est tourné vers Manon : « Il me semble que je ferais le tour du monde ! » Le projet prendra forme au fil des années suivantes, après que le couple l’a mis à l’épreuve sur la Côte-Nord, puis en Gaspésie. Ce test a exposé les failles de l’idée initiale. Le duo roulera finalement épaulé par une équipe sur la route. Restait à donner un sens à cette odyssée et à trouver un « pourquoi » susceptible de rallier partenaires et donateurs.

La construction du grand complexe de services d’Adaptavie est alors apparue comme la cause à embrasser, d’autant plus que Jimmy et Mario Légaré, directeur général de l’organisme, collaborent depuis 2014.

Les épreuves et les mains tendues

Depuis, l’inattendu dicte le rythme. Routes étroites, dénivelés vertigineux, pollution, températures de 45 degrés Celsius et cinq semaines de canicule ont éprouvé l’endurance des cyclistes. « Parfois, c’est très dur. Mais je vais toujours jusqu’au bout. Je roule pour le dépassement et la cause », confie Jimmy. En contrepartie, des mains se sont tendues. En Thaïlande, des policiers les ont escortés, et des habitants leur ont offert une sortie inoubliable auprès des éléphants ; au Maroc, des inconnus les ont accueillis avec une générosité mémorable.

Manon, à ses côtés, est indispensable à cette expédition menée dans des environnements qui compliquent l’autonomie de Jimmy. Chambres étroites, salles de bain inadaptées, absence de climatisation : le quotidien réclame de nouvelles stratégies. Mais le cycliste retient surtout la formidable aventure humaine et la complicité qui l’unit à Manon. « J’ai une femme extraordinaire ! » Avec elle, avec ceux qui les rejoignent et pour les personnes qu’il veut soutenir, il poursuit sa route.

Transformer l’élan en projet durable

Tandis que Jimmy actionne les manivelles, Mario Légaré assure la direction stratégique du Tour. L’entrepreneur social coordonne financement, partenariats, logistique et communications, en plus d’accompagner parfois Jimmy sur le terrain. « En fait, je canalise l’énergie de Jimmy et je structure les coulisses. Pour Jimmy, c’est un long marathon. Pour moi, c’est un long téléthon ! », lance-t-il à la rigolade.

Du tour au complexe

Depuis plus de 30 ans, Mario transforme des besoins sociaux en projets structurants, et Adaptavie en atteste. Chaque année, l’organisme prête main-forte à plus de 2 000 personnes vivant avec des limitations fonctionnelles. Chaque kilomètre du Tour contribue à un projet plus vaste : l’aménagement du Complexe Santé Adaptavie à Fleur de Lys, dont l’ouverture est prévue en janvier 2029.

© Yanick Maltais
Mario Légaré, directeur général

En ses murs prendra vie le Pôle santé, qui réunira clinique de kinésiologie adaptée, espace psychosocial et Laboratoire vivant Adaptavie. Déjà actif, le Laboratoire développe des solutions pour améliorer l’autonomie et la participation sociale des personnes concernées. Le financement repose sur la mobilisation du public, notamment par la vente de kilomètres, ainsi que sur la contribution de Grands Gouverneurs et de partenaires.

Pour Mario, chaque dollar récolté élargira le cercle des bénéficiaires. « Ce qui nous guide, ce sont les besoins des personnes et ce qu’on peut rendre possible pour elles. Le Pôle santé nous permettra d’accompagner davantage de personnes et de familles en fonction de leur réalité. »

C’est là que réside le véritable legs du Tour : transformer l’élan suscité par l’exploit en retombées durables. Un jour, peut-être, le modèle du Pôle santé essaimera ailleurs au Canada, souhaite Mario. « On se rend rarement compte à quel point une idée peut inspirer quelqu’un et contribuer à une société meilleure. »

Pour en savoir davantage :

Adaptavie
Siège social : 525, boulevard Wilfrid-Hamel Est, Québec
418 529-9238 | [email protected]
adaptavie.org

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