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Essai routier de l’Audi S5

2 juin 2011| Frédéric Masse

Essai routier de l’Audi S5


Sculpturale allemande



Je me suis fait plaisir pour mon anniversaire. Depuis le temps que je voulais essayer un coupé Audi S5, enfin, elle était disponible pour un essai ! Je suis donc allé chercher la clé comme un gamin prêt à monter dans un manège.


Les plaisirs…


Lorsqu’on m’a remis la clé, j’ai franchi la porte du concessionnaire et elle m’attendait, là, toute pimpante, magnifique avec ses roues de 19 pouces, son gris foncé ardent et les insignes S5 judicieusement placés. J’ai fait le tour du véhicule, regardé son arrière svelte et ses échappements doubles… elle était toute en courbes. Sa partie avant, avec l’immense calandre, ne laissait aucun doute sur ses prétentions : l’allemande allait en redemander encore et encore !


Les habitacles d’Audi demeurent des références en matière de présentation.
Les habitacles d’Audi demeurent des références en matière de présentation.

J’ai ensuite ouvert la portière avec un certain respect. Après tout, elle s’était fait désirer pendant si longtemps que je n’allais pas gâcher le moment en la brusquant. Avant même de démarrer (je savais que ce moment serait sublime grâce au gros V8), j’ai pris le temps de tout regarder attentivement : la qualité des cuirs, le confort et le support des sièges, le système MMI qui permet la gestion de la plupart des interactions (assez simple à manier et à utiliser, quoiqu’il demande encore un peu trop d’attention par moment). Premier constat : la position assise est excellente pour un véhicule de ce type (sauf à l’arrière, on s’en doute). On se sent dans une voiture sport de grand luxe ou de grand tourisme.


Après ce premier examen, j’ai pesé sur le bouton de démarrage (évidemment, nul besoin de clé pour démarrer) et j’ai ainsi pu jouir de l’allure magnifique de l’univers Audi une fois éclairée. Les contrastes sont beaux, même si le noir est omniprésent. Les habitacles d’Audi demeurent des références en matière de présentation. Ma voiture d’essai était également munie, en option, du système de son Bang & Olufsen, qui est absolument grandiose. Seule ombre au tableau : la prise pour brancher le téléphone se trouve dans le coffre à gants. Pas très pratique quand on veut mettre de la musique et reprendre son téléphone une fois arrivé à destination. Et comme nous sommes dans le pratico-pratique, il est bon de savoir que le coffre de la S5 est tout de même assez spacieux et que les places arrière peuvent accueillir deux enfants.


Au démarrage, le moteur V8 de 4,2 litres de 354 chevaux et 325 livres-pied de couple réservé au coupé a alors pris vie sous un vrombissement propre à la mécanique puissante. Ce fut un moment presque magique. J’ai ensuite passé la première, la pédale d’embrayage à un point d’engagement assez élevé qui surprend la première fois. Le levier de vitesse permet des passages remarquables, doux et précis. Puis j’ai poussé la mécanique un peu. Deuxième constat : elle a des tripes, cette voiture. Je ne me serais pas attendu à moins, compte tenu de ce qui est annoncé. Toutefois, il faut mettre les choses en perspective… La puissance délivrée ne se trouve pas dans les mêmes eaux que la BMW M3 ou la Mercedes C63 AMG, qui valent 10 000 $ de plus. Il ne s’agit pas de la même conduite non plus. La S5 possède davantage les caractéristiques du grand tourisme : confort de roulement, excellentes performances et maniabilité enviable. Avec un 0-100 km autour de 5 secondes, une stabilité exceptionnelle lors de tests de slalom et un freinage puissant, elle réunit bel et bien ces qualités.


Une fois plusieurs kilomètres parcourus, j’ai été ravi par la qualité de l’insonorisation et du confort de roulement. En mode confort, la voiture donne vraiment envie de la rouler longtemps, simplement pour être à son volant. En mode dynamique, la direction devient plus vive, avec un juste dosage de lourdeur et de précision, la suspension se raffermit et les réponses du pied sur l’accélérateur se font plus violentes. Les courbes ? La S5 n’en fait qu’une bouchée, malgré son poids. Sa traction intégrale et ses gros pneus, avec un biais aux roues arrière, crampent littéralement la voiture sur la route. Les excès sont permis et récompensés par un léger dérapage en sortie de courbe. Même les maladresses seront effacées. Et la cerise sur le sundae : ces plaisirs pourront se poursuivre pendant l’hiver !


… et les bogues


Comme tout n’est pas parfait, je dois également mentionner que la sculpturale Audi a connu quelques bogues… Lors de certains démarrages, j’avais l’impression d’être un adolescent devant une machine à arcade… le plaisir en moins. Des bips et des signaux lumineux me faisaient savoir que la direction, la suspension et les contrôles de stabilité faisaient défaut. J’ai d’ailleurs dû ramener la voiture chez le concessionnaire (le jour de mon anniversaire), car le problème était trop agaçant. Problème de surcharge d’information, m’a dit le concessionnaire. Je suis allé sur le Net pour trouver des problèmes semblables. Niet, rien du tout. J’étais visiblement seul sur mon île.


En résumé, l’Audi S5 comblera les amateurs de grand tourisme sur tous les plans. Assez puissante, elle génère des accélérations et des reprises satisfaisantes. Sur la route, elle peut agir telle une dame distinguée ou une véritable chipie, tout dépend de vos envies. Sa belle gueule fera des envieux et, en prime, vous pourrez en profiter autant l’été que l’hiver. Avouez que l’offre est tentante… Je vous le dis, n’eut été des problèmes électroniques qui ont assombri ma semaine d’essai, je n’aurais que de bons mots pour la S5.


Fiche technique



  • Modèle d’essai : Audi S5 coupé

  • Prix de base : 59 900 $

  • Prix du modèle essayé : 65 650 $ (approx.)

  • Moteur : V8 de 4,2 litres | 354 chevaux à 7000 tr/min | 335 lb-pi à 3500 tr/min

  • Transmission : manuelle à six rapports




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