Centre Vidéotron
250, boulevard Wilfrid-Hamel, Québec
lecentrevideotron.ca
À l’époque, on débattait de son coût, de l’absence d’une équipe de la LNH et de la pertinence d’un tel amphithéâtre. Aujourd’hui, la vraie question est plutôt : que ferions-nous sans lui ? « Aujourd’hui, il n’y a plus grand monde à Québec qui souhaiterait se passer du Centre Vidéotron. C’est devenu un élément de fierté, les gens se le sont approprié », répond Martin Tremblay, président de Gestev et acteur clé du projet depuis les premières négociations avec la Ville.
Un bilan qui parle
Depuis dix ans, près de 8 millions de billets ont été vendus pour plus de 770 événements culturels et sportifs, dont 325 matchs des Remparts de Québec. La salle accueille plus de 18 000 personnes en hockey et plus de 20 000 en mode concert. Ces chiffres placent régulièrement le Centre Vidéotron parmi les amphithéâtres les plus actifs au pays. « Si on réussit à attirer les grandes tournées, c’est parce que le public suit, spectacle après spectacle », insiste Martin Tremblay.

© AnnieTRoussel
Des moments qui ont fait basculer l’image
16 septembre 2015. Le premier grand test survient : Metallica monte sur scène. Quelques jours après la fermeture définitive du Colisée, le groupe inaugure la scène et confirme la capacité du nouvel amphithéâtre à répondre aux exigences les plus élevées. Suivent Madonna, Pearl Jam, Elton John, Paul McCartney et bien d’autres. Billie Eilish choisit Québec pour lancer sa tournée mondiale Hit Me Hard and Soft le 29 septembre 2024, un lancement qui a attiré l’attention des médias spécialisés et des fans de l’artiste bien au-delà de Québec. « Très peu d’amphithéâtres peuvent se vanter d’avoir accueilli autant de premières mondiales en si peu de temps, souligne Tremblay. Chaque fois, le message est clair : les artistes savent qu’ils seront bien reçus et qu’ils peuvent nous faire confiance. »
La scène locale y trouve aussi sa place. Les Cowboys Fringants, Salebarbes, Roxane Bruneau, PA Méthot et plusieurs autres remplissent la salle, rappelant que cet équipement appartient autant aux artistes d’ici qu’aux grandes têtes d’affiche internationales.
Une scène sportive autant qu’émotive
Pour le hockey junior, le Centre Vidéotron est devenu l’une des forteresses marquantes au pays. Les Remparts y attirent des foules parmi les plus importantes de la Ligue canadienne de hockey, avec un sommet lors du parcours vers la Coupe Memorial 2023, disputé devant des salles combles. S’ajoutent à cela des matchs hors-concours de la LNH, douze galas de boxe, dont certains combats de championnat, des événements de basketball et de volleyball internationaux, ainsi que des passages répétés de la WWE, qui consolident le statut de Québec comme ville capable d’accueillir du sport de haut niveau.
Parmi les moments les plus chargés en symboles, Martin Tremblay cite le retrait du chandail de Guy Lafleur en 2021 : « La salle debout, Lafleur avec sa famille, l’émotion à fleur de peau… On savait que l’on vivait un moment qui dépassait le sport. »

© Jonathan Roy

De la controverse à la fierté assumée
Il ne faut pas l’oublier : le Centre Vidéotron est né dans le tumulte. Contestations juridiques, débats sur le montage financier, scepticisme autour du fameux « retour de la LNH ».
Dix ans plus tard, le récit a changé. Pour Martin Tremblay, cette légitimité ne tient ni aux promesses ni aux slogans : « C’est un événement à la fois, un souvenir à la fois. Quand les gens ressortent avec l’impression d’avoir vécu quelque chose d’important, ils reviennent. »
Des retombées concrètes pour la ville
Le Centre Vidéotron joue aussi un rôle économique notable. Pour les grands spectacles internationaux, environ 30 % des spectateurs viennent de l’extérieur de la grande région de Québec, estime M. Tremblay. Hôtels, restaurants et commerces en profitent directement. C’est sans compter le rayonnement que procure chaque première mondiale, chaque événement télévisé, qui projette le nom de Québec bien au-delà du boulevard Wilfrid-Hamel.
L’amphithéâtre s’inscrit en outre dans une démarche de responsabilité sociale et environnementale : certification LEED, optimisation de la consommation d’eau et d’énergie, réduction des îlots de chaleur, ainsi que la redistribution de surplus alimentaires à des organismes comme La Tablée des Chefs et d’autres partenaires. Pour le président de Gestev, cette dimension fait partie du contrat moral avec la population : offrir des événements majeurs en limitant l’empreinte environnementale et en redonnant concrètement au milieu.
La relation avec le milieu des affaires de Québec contribue aussi à la pérennité du lieu. Loges, salons corporatifs et événements-bénéfice témoignent d’un appui assumé d’entreprises qui ont choisi de s’identifier à cet équipement majeur, non seulement pour la visibilité, mais aussi parce qu’elles y voient un outil structurant pour la région.
Regard vers la prochaine décennie
Les dix premières années auront servi à démontrer que Québec peut se mesurer aux grandes salles nord-américaines. La suite vise à consolider cette position. Le Centre Vidéotron accueillera le Championnat du monde de hockey féminin en 2027, puis le Championnat mondial junior en 2029, deux vitrines internationales qui confirmeront son statut d’amphithéâtre de calibre mondial et mettront à profit l’expertise développée sur la dernière décennie. « Notre promesse, c’est de continuer à faire du Centre Vidéotron un lieu où les gens vivent quelque chose d’assez fort pour avoir envie de revenir », résume Martin Tremblay, rappelant que la crédibilité de l’endroit repose d’abord sur l’expérience offerte au public.
Une décennie après les premières foules, le Centre Vidéotron n’a pas effacé tous les débats qui l’ont vu naître. Mais il est devenu ce que ses défenseurs espéraient : un lieu phare de la vie culturelle et sportive, un levier économique pour Québec et le théâtre de moments qui s’ajoutent à la mémoire de la ville.



