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L’école, côté coulisses : mieux comprendre pour mieux collaborer

8 Décembre 2025| Nathalie Roy

L’école, côté coulisses : mieux comprendre pour mieux collaborer

Comme je l’ai mentionné dans la précédente chronique, mon but est de renforcer la collaboration entre l’école et les familles en vous permettant de mieux comprendre la réalité quotidienne de la vie scolaire. Dans ce texte, je vous propose un aperçu du milieu dans lequel votre enfant évolue chaque jour, ainsi que quelques précisions sur les moyens de communiquer avec l’enseignant. À l’approche du temps des Fêtes, il me semble également opportun d’aborder la question des absences en classe liées aux voyages familiaux.

La composition d’une classe aujourd’hui

Voici un aperçu réaliste de la composition d’une classe dans plusieurs milieux scolaires. Dans certains secteurs du Québec, la situation peut même être encore plus complexe.

D’abord, il faut savoir que le gouvernement fixe un nombre maximal d’élèves par classe, selon le niveau scolaire, le type de classe (régulière ou en adaptation scolaire) et la cote de défavorisation du milieu. Le nombre varie entre 20 et 26 élèves.

Exemple : une classe de 24 élèves.

Voici, à titre d’exemple, à quoi peut ressembler la composition d’une classe ordinaire de 24 élèves au secteur public.

  • 7 élèves ayant un plan d’intervention pour des besoins particuliers : 1 élève présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ; 4 élèves avec de grandes difficultés d’apprentissage (DA), dont 2 qui n’ont pas acquis les notions de 2e année et qui se retrouvent en situation d’échec ; 1 élève avec un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et un trouble d’opposition (TO) ; 1 élève souffrant d’un trouble anxieux sévère.
  • 4 élèves à profil moyen-faible, sans plan d’intervention, mais à surveiller de près, car ils sont à risque d’échec.
  • 6 élèves dans la moyenne, sans besoins particuliers.
  • 2 élèves à profil moyen/fort.
  • 3 élèves forts, toujours à jour dans leurs travaux, qu’il faut stimuler davantage pour maintenir leur motivation.
  • 1 élève à haut potentiel (douance), qui connaît déjà toute la matière actuelle et à venir, s’ennuie profondément et ne veut plus venir à l’école.
  • 1 élève nouvellement arrivé au Québec, ne parlant pas français, bénéficiant de seulement quelques heures de francisation par semaine. Le reste du temps, l’enseignante doit lui préparer des activités de niveau de première année pour l’aider à acquérir les bases de la lecture.

Une réalité frappante

En résumé, dans cette classe de 24 élèves, 16 présentent des besoins particuliers, soit plus des deux tiers du groupe. Seuls 8 élèves fonctionnent de manière réellement autonome, sans soutien ni plan d’intervention. Malheureusement, qu’il s’agisse d’un élève en difficulté ou d’un élève qui s’ennuie, les besoins sont tout aussi importants.

Bien que les services aux élèves soient moins présents, étant donné les coupes budgétaires, je vous assure que les enseignants sont pleinement conscients de la réalité et qu’ils mettent tout en œuvre pour répondre aux besoins de leurs élèves afin que chacun se sente encadré et soutenu. Tous ont profondément à cœur le bien-être de leurs élèves, même si cela représente chaque jour un véritable tour de force.

Communiquer avec l’enseignant

Les imprévus et les rendez-vous

Il arrive fréquemment que des parents envoient un courriel pour signaler un rendez-vous médical ou familial, puis se présentent à l’école pour chercher leur enfant sans avoir reçu de confirmation.

Résultat : l’enfant n’est pas prêt, l’enseignant n’a pas vu le message et peut être pris par surprise. Cela peut causer des retards ou des oublis, par exemple, comme de remettre un devoir ou un document important avant le départ. Pour éviter ces situations, un appel à la secrétaire demeure la méthode la plus fiable. Selon la nature du message que vous souhaitez faire parvenir, il est important de savoir quoi faire pour vous assurer que l’enseignant reçoive bien le message.

Les courriels et les délais de réponse

Certains parents qui ont des questions durant la période des devoirs et des leçons écrivent à l’enseignant et s’attendent à une réponse rapide, et ce, même durant la soirée. Or, il faut savoir que tous les enseignants ne consultent pas nécessairement leurs courriels en dehors des heures de travail.

  • Certains le font de façon volontaire et répondent en soirée ou tôt le matin.
  • D’autres préfèrent attendre leur arrivée à l’école pour le faire.

L’enseignant n’est pas tenu de répondre à ses courriels en dehors de ses heures de travail.

Les absences non motivées

J’aimerais aborder un sujet bien présent dans nos écoles : l’absence des élèves en raison d’un voyage.

Tout d’abord, je crois qu’aucun enseignant ne s’opposera à ce qu’un enfant parte en voyage avec ses parents. En revanche, aucun d’eux ne peut accorder d’autorisation pour motiver l’absence d’un élève. De votre côté, il est important de réfléchir à l’impact que ces journées d’absence peuvent avoir sur le parcours scolaire de votre enfant. En effet, il faut savoir que si des évaluations sont prévues durant cette période, l’enseignant n’est pas tenu de les lui faire reprendre. Dans le cas d’un élève en difficulté, il est fortement déconseillé de lui faire manquer des journées de classe, car chaque heure d’enseignement compte. Plus l’enfant est exposé aux notions et a l’occasion de les pratiquer, mieux il consolide ses apprentissages.

Les impacts pour l’enseignant

Les absences ont également un impact significatif sur la charge de travail de l’enseignant, surtout lorsqu’elles s’étendent sur plusieurs jours. Si l’enfant est très autonome et qu’il peut rattraper rapidement les notions manquées, la situation demeure généralement simple — à condition que le parent ne demande pas de matériel à l’avance. En effet, bien que certains enseignants planifient leurs leçons à long terme, la majorité le fait d’une semaine à l’autre. Lorsqu’un parent demande les travaux avant le départ, cela oblige l’enseignant à planifier son enseignement plus tôt que prévu, à préparer et adapter du matériel supplémentaire, et souvent à répéter ces démarches pour plusieurs familles. Ce travail supplémentaire, combiné aux exigences quotidiennes déjà élevées, alourdit considérablement la tâche de l’enseignant.

En résumé

Mon but n’est pas de vous dissuader de partir, mais bien de vous assurer d’avoir toutes les informations nécessaires qui vous permettront de faire un choix éclairé sur les dates avant de réserver un voyage. Il est donc souhaitable de communiquer avec l’enseignant pour en discuter. Cela vous permettra au moins d’être au fait des apprentissages prévus et des conséquences que pourrait occasionner son absence.

L’objectif est d’assurer un équilibre entre les expériences familiales et la continuité scolaire. Avec une bonne communication et un peu de prévoyance, tout le monde y gagne, l’enfant, le parent et l’enseignant.

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