Le potentiel du concept
Mélissa Laberge, propriétaire de l’entreprise, ne dépose plans et matériaux sur la table qu’après avoir présenté son concept. Ces composantes tangibles deviennent, pour elle, le prolongement de son intention créative, un appui qui lui donne forme et la sublime.
Elle commence donc par soumettre aux clients un ensemble d’idées qui relie la maison à ses habitants : leur histoire, leur personnalité, leur profession, leurs aspirations. L’emplacement de la résidence et l’environnement enrichissent aussi sa réflexion. Une rivière tumultueuse, d’immenses conifères ou le cachet d’une vieille rue se transforment en sources d’inspiration.
Le potentiel des particularités
En rénovation, les contraintes, que Mélissa préfère appeler « particularités », sont inhérentes au projet. Une colonne porteuse au milieu d’une aire ouverte, un plafond bas ou une faible luminosité semblent restreindre les possibilités. Pourtant, ces contraintes structurales et architecturales sont, pour la designer, génératrices d’inventivité.
Ambria Design aborde ces réalités avec intelligence et astuce. Un foyer de bois authentique, une fois restauré, retrouvera sa prestance au salon. Un escalier, embelli grâce à un nouveau garde-corps ou à des contremarches en céramique, donnera envie de monter à l’étage.
Certaines particularités deviennent ainsi des occasions d’innover. Une résidence enclavée entre ses voisines, privée de deux façades lumineuses, semblait promise à la pénombre. L’ajout d’un second puits de lumière et de planchers de verre a permis à la clarté de se diffuser dans les niveaux inférieurs et à ses propriétaires de flâner au soleil.
Le potentiel de la créativité
Il arrive que les désirs des clients se heurtent aux limites de leur demeure. Le rôle du designer est alors de réconcilier les uns et les autres au moyen de solutions ingénieuses.
Un jeune couple sans enfants souhaitait loger beaucoup de gens et d’usages dans une même aire ouverte : des invités à table, un foyer, un cellier et des espaces de rangement. La solution n’était pas d’agrandir la maison, mais de repenser son aménagement. Une longue banquette sur mesure, intégrant des tiroirs et se prolongeant jusqu’à l’entrée, a permis le rangement voulu et l’accueil confortable des amis. Puis, le jour venu, les propriétaires pourront s’y asseoir pour enfiler leurs chaussures.
Cette capacité à lire le bâtiment et à saisir l’art de vivre des occupants constitue l’une des grandes forces du designer, capable de faire dialoguer l’intérieur et l’extérieur, le passé et le présent, les aspirations des clients et l’âme de leur demeure.