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Mesdames, soulevez le capot !

4 mai 2023| Marilyn Bouchain

Mesdames, soulevez le capot !

Que s’est-il passé depuis la Seconde Guerre mondiale, alors que les femmes avaient (par défaut certes) pris leur place dans la fabrication des véhicules de guerre, prouvant sur le terrain leurs capacités à non seulement tenir la cadence en atelier de production, mais aussi à faire montre de qualités professionnelles indéniables ? Au Québec, elles ne représentent que 18 % de la main-d’œuvre dans les services automobiles dont seulement 6,4 % dans les métiers spécialisés et un maigre 2,5 % en carrosserie. Si l’avancée existe, elle reste timide : 1 % de femmes en mécanique en 2014 contre 1,6 % en 2021 ! Par quels mystères expliquer cette présence, plus que chiche, des femmes dans le secteur automobile ? Quelques pistes de réflexion à méditer ici avant de retourner régler son carburateur !



La balle est dans le camp des employeurs



Soyons francs : à l’heure du quasi-plein emploi, qu’est-ce qui pourrait pousser une femme à travailler dans l’industrie automobile alors que tant d’emplois offrent des avantages déterminants, notamment en ce qui a trait à la famille ? Selon l’étude lancée par le Comité sectoriel de main-d’œuvre des services automobiles, hors conditions salariales, c’est la conciliation du travail et de la vie personnelle qui importe le plus pour les femmes (58 %). Rien d’étonnant à cela lorsque l’on observe que deux fois plus de travailleuses du secteur tiennent un rôle de proche aidante et qu’elles ont en grande majorité la garde à temps plein de leurs enfants.

De même, bien que l’expérience sur le terrain semble démontrer que les équipes de travail mixtes résolvent les problèmes de façon complémentaire, les aprioris négatifs selon lesquels les travailleuses manqueraient de force physique et de compétences techniques font partie des raisons de départ invoquées. Vient ensuite le manque d’intégration et de formation, auquel le jumelage à d’autres femmes dans l’industrie ou des programmes de mentorat pourraient remédier.


Un « accélérateur » pour les femmes dans l’industrie automobile



Parmi les leviers possibles vers une avancée concrète, l’augmentation du nombre de dirigeantes comporterait plusieurs avantages. D’une part, cela permettrait d’accroitre la représentativité des travailleuses dans l’industrie automobile et peut-être de faire évoluer les conditions de travail qui mobiliseraient ainsi plus de femmes, les incitant à se joindre à l’industrie. La Banque Scotia l’a bien compris en créant le programme (une première du genre au Québec) « Accélérateur Femmes en automobile », qui vise à développer le leadership féminin dans ce secteur, en proposant du codéveloppement entre pairs, du coaching et des rencontres de groupe avec l’ensemble des mentores et mentorées. Lancé l’an dernier grâce aux efforts et à l’expertise d’Ana Marinescu, directrice principale de L’initiative Femmes de la Banque Scotia au Québec, le programme a connu un succès tel que non seulement une deuxième cohorte a été renouvelée ici, mais il se verra désormais proposé en Ontario et dans les Maritimes.

Résultat concret : les mentores participantes ont souligné qu’elles ont reçu beaucoup plus de curriculum vitæ de la part des femmes dans la dernière année grâce, entre autres facteurs, aux retombées médiatiques dans le milieu de l’automobile et dans les médias sociaux. Quant aux mentorées, elles ont confié que ce programme avait changé leur vie, qu’elles ont davantage appris en 12 mois que ce qu’elles auraient pu développer seules en 20 ans. Nous ne pouvons que saluer cette initiative de la part de la Banque Scotia qui, comme l’explique Sylvie Hurtubise, directrice principale, Relations d’affaires pour le centre de financement aux concessionnaires, vise ultimement à accroitre les perspectives économiques et professionnelles des femmes tout en encourageant la diversité au sein de l’industrie. Quant à L'initiative Femmes de la Banque Scotia, il s’agit d’un programme phare conçu pour accroitre les perspectives économiques des femmes ou des personnes non binaires, avec comme engagement 10 milliards de dollars de capital déployés auprès d'entreprises canadiennes détenues ou dirigées par des femmes.


©Laetitia photographe


Les mentores 2022-2023 de l’Accélérateur Femmes en automobile de la Banque Scotia :
Annie Laliberté, Beauport Hyundai et Genesis de Québec;
Emmanuelle Verreault, Groupe Maison de l’Auto;
Joëlle Lambert, Brossard Hyundai et Honda St-Jean (absente sur la photo);
Julie Fortier, Capitale Nissan et Kia Lévis;
Nathalie Aumont, Joliette Toyota;
Valérie Tremblay, Arnold Chevrolet.

En compagnie des mentorées 2022 :
Andréanne Whittom, Sept-Îles Hyundai et Sept-Îles Kia;
Camille Riendeau, Riendeau Hyundai;
Katerine Lamoureux, Les Sommets Chevrolet;
Steffy Theetge, Groupe Theetge;
Rosie Dulac-Bouffard, Marquis Automobile;
Vanessa Poirier, Hull Hyundai.

De la Banque Scotia :
Sylvie Hurtubise, Cynthia Ficca et Julie Simard, directrices principales, Relations d’affaires, Financement aux concessionnaires, et Martine Drolet, directrice, Ventes aux particuliers, Région du Québec.


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