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Mieux comprendre la cyberassurance : un élément essentiel de la stratégie de cybersécurité

8 Décembre 2025| Julie Bédard LL.B, MBA, ASC et Walid Khayate

Mieux comprendre la cyberassurance : un élément essentiel de la stratégie de cybersécurité

Dans un monde de plus en plus numérique, la cybersécurité est devenue essentielle pour assurer la résilience des organisations. C’est dans cette perspective que Julie Bédard souhaite nous introduire l’expertise de Walid Khayate, directeur de pratique nationale — Cyberrisques et gestion intégrée des risques, BFL CANADA.

En matière de gestion des risques, il est possible d’atténuer, d’éviter, d’accepter ou de transférer ces risques. La cyberassurance relève de cette dernière approche : elle offre une protection financière contre les conséquences d’un incident de cybersécurité.

Qu’est-ce que la cyberassurance ?

La cyberassurance est une police conçue pour soutenir les organisations lors d’incidents informatiques. Elle couvre généralement deux volets : les pertes directes subies par l’entreprise (première partie) et la responsabilité envers des tiers (troisième partie). Les garanties portent souvent sur les violations de données, les rançongiciels, les interruptions d’activité, la cyberextorsion et les enquêtes réglementaires (Loi 25, LPRPDE).

Cependant, certaines exclusions s’appliquent : actes de guerre, terrorisme, incidents antérieurs, dommages matériels ou corporels, pertes causées par des systèmes obsolètes ou un manque de sécurité.

L’importance des mesures de cybersécurité

Pour obtenir une couverture avantageuse, il faut démontrer une hygiène numérique solide. Les assureurs évaluent attentivement les pratiques de sécurité : plan de réponse aux incidents, sensibilisation des employés, authentification multifacteur, sauvegardes et maturité des contrôles. Une entreprise bien préparée bénéficie de primes plus faibles et d’une couverture plus complète. La cyberassurance ne remplace donc pas la prévention, elle la renforce.

Idées reçues courantes

Plusieurs idées erronées subsistent…

  • Premièrement, une cyberassurance ne couvre pas tout : des exclusions et conditions précises s’appliquent toujours.
  • Deuxièmement, elle ne concerne pas uniquement les grandes entreprises : les PME sont souvent les plus vulnérables et ciblées.
  • Enfin, elle ne dispense pas d’investir en cybersécurité. Au contraire, les assureurs exigent des preuves de contrôles adéquats avant de souscrire. La comparaison avec l’assurance de biens est révélatrice : la majorité protège ses immeubles ou équipements, mais néglige ses actifs numériques, pourtant tout aussi précieux.

L’exposition personnelle aux cyberrisques

Les cybermenaces touchent aussi les particuliers. Appareils intelligents, domotique et services infonuagiques créent de nouveaux points d’entrée pour les cyberattaquants. Beaucoup pensent que leur environnement domestique est plus sûr que leur lieu de travail, alors qu’il est souvent moins protégé. Les cybercriminels exploitent cette faiblesse, ciblant notamment les individus fortunés dont la sécurité numérique est insuffisante.

Une valeur stratégique pour la résilience

La cyberassurance agit à la fois comme bouclier financier et levier stratégique. Elle offre non seulement une indemnisation, mais aussi un accès à des experts judiciaires, à des spécialistes en communication de crise et à des équipes d’intervention. Intégrée dans une stratégie globale, elle favorise la prévention, renforce la préparation et accélère la reprise après incident.

Les cyberattaques ne sont plus hypothétiques, mais inévitables. Les organisations qui combinent pratiques de sécurité rigoureuses et couverture adaptée protègent efficacement leurs actifs, leurs opérations et leur réputation dans un environnement numérique en constante évolution.

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