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26 moments magiques dans notre đ•đąđžđźđ±-đđźđžÌđ›đžđœ de 2026

23 février 2026| Jean-Marie Lebel, historien

26 moments magiques dans notre đ•đąđžđźđ±-đđźđžÌđ›đžđœ de 2026

Chaque fois que je traverse la porte Saint-Jean me viennent en tĂȘte les paroles de l’une des chansons de Gilles Vigneault : « en descendant la rue Saint-Jean, j’ai rencontrĂ© mon pĂšre
 » oui, dans le Vieux-QuĂ©bec, on peut toujours y faire de belles rencontres de gens d’aujourd’hui, ainsi que des siĂšcles passĂ©s. Voici 26 moments magiques Ă  y vivre ou Ă  y revivre.

1. Marcher sur les pas de Samuel de Champlain ? Cela est possible. Il suffit de se rendre devant l’église Notre-Dame-des-Victoires. Des marques sur le parvis indiquent l’emplacement de la seconde habitation de celui qui fonda QuĂ©bec en 1608.

2. Il y a de grands personnages historiques qui n’ont jamais quittĂ© leur Vieux-QuĂ©bec. C’est ainsi que, dans la chapelle des Ursulines, on peut s’approcher du tombeau de Marie de l’Incarnation. Dans la basilique-cathĂ©drale, il y a l’imposant tombeau de Mgr François de Laval auprĂšs duquel est venu prier le pape François. Ces personnages, qui occupaient tant de place dans nos manuels d’histoire de la petite Ă©cole, continuent Ă  faire partie de nos vies.

3. Malheureusement, trop peu de gens savent que l’on peut marcher sur les portes de QuĂ©bec. On emprunte l’escalier prĂšs de la porte Saint-Jean qui nous permet de monter sur la porte, et de lĂ , continuant sur les remparts, on peut se rendre Ă  la porte Kent et Ă  la porte Saint-Louis. Du haut des remparts Ă©rigĂ©s par les Français, on a de beaux points de vue sur le Vieux-QuĂ©bec et l’hĂŽtel du Parlement.

4. Dans le parc Montmorency, il faut prendre le temps d’admirer un magnifique groupe statuaire au pied du socle du monument Ă  Louis HĂ©bert. C’est l’une des Ɠuvres les plus Ă©mouvantes du grand sculpteur Alfred LalibertĂ©. On y voit une attentionnĂ©e Marie Rollet faisant la lecture Ă  ses trois enfants : la songeuse Anne, la curieuse Guillemette et le distrait Guillaume. Magnifique rappel de la premiĂšre famille Ă  s’établir Ă  QuĂ©bec en 1617.

5. Dans la rue des Jardins, vis-Ă -vis les jardins de l’HĂŽtel de Ville, des marquages sur le pavĂ© nous indiquent l’emplacement de la vĂ©nĂ©rable chapelle des JĂ©suites qui s’y trouvait de 1666 Ă  1800. On racontait que ce fut la plus belle Ă©glise de QuĂ©bec au temps de la Nouvelle-France.

6. Vous verrez parfois des gens appuyĂ©s Ă  l’arriĂšre du haut socle du monument de Mgr de Laval. Et ils relĂšvent la tĂȘte pour admirer une plaque qui orne la marquise du bureau de poste. On peut y admirer le fameux chien d’or qui ronge son os ! Cette pierre sculptĂ©e, qui date des annĂ©es 1690, avait jadis Ă©tĂ© placĂ©e sur la vieille maison qui fut dĂ©molie pour faire place au bureau de poste. C’est le docteur TimothĂ©e Roussel qui fit sculpter l’animal en mĂ©moire de son fidĂšle chien qu’un malicieux voisin avait tuĂ©.

7. Chaque jour oĂč se pointe le soleil, un vieux cadran solaire, sur le mur de l’aile de la Procure, dans la cour du Petit SĂ©minaire, nous indique l’heure. On peut s’y fier, mais il faut savoir qu’il donne toujours l’heure normale, ne connaissant pas l’heure avancĂ©e.

8. On peut encore apercevoir, rue des Remparts, la maison oĂč vivait le gĂ©nĂ©ral Louis-Joseph de Montcalm. Dans l’imposte vitrĂ©e de la porte, l’inscription CANDIAC rappelle le nom de son domaine en Provence. Si chaleureux et si loin des plaines d’Abraham oĂč il fut blessĂ© mortellement le 13 septembre 1759.

9. Une fois que l’on a dĂ©couvert les passages qui mĂšnent Ă  la ruelle Sous-le-Cap, on est agrĂ©ablement Ă©tonnĂ© par ce que l’on y voit, une rue Ă©troite que surplombent des passerelles comme dans certaines trĂšs vieilles rues d’Europe ou du Moyen-Orient.

10. Il y a beaucoup de plaisirs bien simples qui ne se dĂ©moderont jamais. Comme celui de s’installer sur la terrasse Dufferin avec une crĂšme glacĂ©e et regarder dĂ©filer les promeneurs venus de tous les coins du monde. Il en est ainsi depuis 1879, et les bancs publics conçus alors par l’ingĂ©nieur Charles BaillairgĂ© sont toujours aussi confortables.

11. On ne peut s’imaginer la terrasse Dufferin en hiver sans sa fameuse glissoire sĂ©culaire, et y entendre les cris des enfants dans les toboggans qui la dĂ©valent.

12. Parcourir la rue du Petit-Champlain peut paraĂźtre ne plus rien avoir d’original. Et pourtant, y rencontrer le flot ininterrompu des touristes enjouĂ©s et Ă©tonnĂ©s nous amĂšne Ă  revoir notre Vieux-QuĂ©bec avec leurs yeux et Ă  nous Ă©merveiller.

13. Prendre aussi le temps de marcher dans la ruelle du TrĂ©sor, oĂč tant d’illustrations du Vieux-QuĂ©bec sont offertes. Apercevoir les touristes choisir une Ɠuvre selon leurs goĂ»ts et leurs bourses. Repartant chez eux avec un souvenir de ce Vieux-QuĂ©bec qu’ils viennent de dĂ©couvrir.

14. Dans les jardins de l’HĂŽtel de Ville, Ă  proximitĂ© de la nouvelle fontaine miroir aux jets d’eau colorĂ©s, le design des tables et des chaises donne un aspect europĂ©en Ă  cet endroit. Et, il y a, Ă  proximitĂ©, une populaire sandwicherie.

15. Quoique l’on y arrive quelque peu essoufflĂ©, il faut se rendre Ă  la terrasse Pierre-Dugua de Mons, le point le plus Ă©levĂ© en altitude du Vieux-QuĂ©bec. On y a accĂšs par l’avenue Saint-Denis. Au centre de la terrasse, un monument rend hommage au sieur Dugua de Mons, le patron et le bon ami de Champlain lors de la fondation de QuĂ©bec. On le voit coiffĂ© de son grand chapeau de mousquetaire. De cette terrasse, nous avons une vue « Ă  couper le souffle » sur le fleuve, la cĂŽte de BeauprĂ©, l’üle d’OrlĂ©ans. Ce fut notre point d’observation lors du dĂ©part des grands voiliers en 1984.

16. Pique-niquer dans le Vieux-QuĂ©bec ! Pourquoi pas ? Les pentes au bas de la terrasse Pierre-Dugua de Mons, qui descendent vers la terrasse Dufferin, s’avĂšrent un endroit idĂ©al. De vieilles photographies nous prouvent qu’elles sont populaires en Ă©tĂ© depuis de nombreuses dĂ©cennies. Et, encore de nos jours, des gens y dĂ©gustent leur lunch tout en admirant le paysage impressionnant.

17. Victor Hugo n’aurait pas dĂ©testĂ© notre rue Christie. En arrivant par la rue Couillard, il faut monter tranquillement cette Ă©troite rue, qui pourtant a des trottoirs de chaque cĂŽtĂ©. Mais ils sont si Ă©troits que seuls les chats les utilisent. Les piĂ©tons prĂ©fĂšrent marcher dans la rue.

18. Lorsque l’on arrive de la rue des Remparts et que l’on marche dans la rue HĂ©bert, on y dĂ©couvre soudainement une Ă©troite et pittoresque maison Ă  la jonction des rues HĂ©bert et Monseigneur-De Laval. S’avançant comme une proue de navire depuis plus de deux siĂšcles, elle ne bouge pourtant pas, suscitant toujours la curiositĂ©.

19. Dans le Vieux-QuĂ©bec, l’histoire est gravĂ©e sur les murs. Bien peu de gens portent attention aux plaques historiques. Pourtant, elles ont tant Ă  nous apprendre sur les gĂ©nĂ©rations d’habitants qui ont occupĂ© ses lieux ! Sur un commerce de la cĂŽte de la Fabrique, une belle vieille plaque rappelle l’emplacement de la librairie d’Octave CrĂ©mazie fondĂ©e en 1844 : on y voit le profil de celui qui fut notre premier poĂšte national et qui mourut malheureux en exil en France, si loin de son cher Vieux-QuĂ©bec.

20. Se reposant sur un banc Ă  la place de l’HĂŽtel de Ville Ă  l’heure du souper, il est bouleversant d’entendre sonner l’AngĂ©lus au clocher de la basilique-cathĂ©drale. J’ai entendu un jour un touriste dĂ©clarer : « Ces cloches ont une telle gravitĂ© qu’elles transpercent nos Ăąmes. »

21. Puis, le dimanche matin, il faut entendre tinter le carillon de la cathĂ©drale anglicane, venu d’Angleterre. De ce qui nous semble d’abord une cacophonie se dĂ©gagent peu Ă  peu des mĂ©lodies lĂ©gĂšres et joyeuses. On se croirait transportĂ© Ă  Londres.

22. Mon lieu de quiĂ©tude prĂ©fĂ©rĂ© du Vieux-QuĂ©bec : la bibliothĂšque de la Maison de la littĂ©rature. De hautes fenĂȘtres gothiques font entrer une lumiĂšre apaisante dans cette ancienne Ă©glise mĂ©thodiste. Assis dans un fauteuil confortable, on peut y lire un roman de Jacques Poulin, ce romancier, disparu en 2025, qui aimait tant le Vieux-QuĂ©bec.

23. On peut encore faire du lĂšche-vitrines dans le Vieux-QuĂ©bec. Rue Saint-Paul, les vitrines des boutiques d’antiquitĂ©s et des galeries d’art attirent encore l’attention. Et, dans la cĂŽte de la Fabrique, les vitrines d’un grand magasin fondĂ© en 1840 sont admirablement changeantes au fil des saisons.

24. Au cƓur de ce que l’on appelait autrefois le Quartier latin, car s’y trouvait l’UniversitĂ© Laval, il y a, rue Couillard, un intello petit cafĂ© qui a quelque chose d’intemporel.

25. Dans une boutique de NoĂ«l de la rue Buade, je me souviens de la cĂ©lĂšbre librairie Garneau qui s’y trouvait autrefois et des premiers livres que je m’y suis procurĂ©s. C’est ainsi pour beaucoup de gens, il y a le Vieux-QuĂ©bec d’aujourd’hui et le Vieux-QuĂ©bec de nos souvenirs.

26. Lorsqu’on se trouve sur les quais quand nous quittons un paquebot de croisiĂšre, on a le cƓur gros. Il y a ces gens au bastingage qui envoient la main et qui contemplent pour une derniĂšre fois le Vieux-QuĂ©bec dominĂ© par son ChĂąteau Frontenac. Et le paquebot qui fait retentir son criard pour nous faire ses adieux.

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