1. Marcher sur les pas de Samuel de Champlain ? Cela est possible. Il suffit de se rendre devant lâĂ©glise Notre-Dame-des-Victoires. Des marques sur le parvis indiquent lâemplacement de la seconde habitation de celui qui fonda QuĂ©bec en 1608.
2. Il y a de grands personnages historiques qui nâont jamais quittĂ© leur Vieux-QuĂ©bec. Câest ainsi que, dans la chapelle des Ursulines, on peut sâapprocher du tombeau de Marie de lâIncarnation. Dans la basilique-cathĂ©drale, il y a lâimposant tombeau de Mgr François de Laval auprĂšs duquel est venu prier le pape François. Ces personnages, qui occupaient tant de place dans nos manuels dâhistoire de la petite Ă©cole, continuent Ă faire partie de nos vies.
3. Malheureusement, trop peu de gens savent que lâon peut marcher sur les portes de QuĂ©bec. On emprunte lâescalier prĂšs de la porte Saint-Jean qui nous permet de monter sur la porte, et de lĂ , continuant sur les remparts, on peut se rendre Ă la porte Kent et Ă la porte Saint-Louis. Du haut des remparts Ă©rigĂ©s par les Français, on a de beaux points de vue sur le Vieux-QuĂ©bec et lâhĂŽtel du Parlement.
4. Dans le parc Montmorency, il faut prendre le temps dâadmirer un magnifique groupe statuaire au pied du socle du monument Ă Louis HĂ©bert. Câest lâune des Ćuvres les plus Ă©mouvantes du grand sculpteur Alfred LalibertĂ©. On y voit une attentionnĂ©e Marie Rollet faisant la lecture Ă ses trois enfants : la songeuse Anne, la curieuse Guillemette et le distrait Guillaume. Magnifique rappel de la premiĂšre famille Ă sâĂ©tablir Ă QuĂ©bec en 1617.
5. Dans la rue des Jardins, vis-Ă -vis les jardins de lâHĂŽtel de Ville, des marquages sur le pavĂ© nous indiquent lâemplacement de la vĂ©nĂ©rable chapelle des JĂ©suites qui sây trouvait de 1666 Ă 1800. On racontait que ce fut la plus belle Ă©glise de QuĂ©bec au temps de la Nouvelle-France.
6. Vous verrez parfois des gens appuyĂ©s Ă lâarriĂšre du haut socle du monument de Mgr de Laval. Et ils relĂšvent la tĂȘte pour admirer une plaque qui orne la marquise du bureau de poste. On peut y admirer le fameux chien dâor qui ronge son os ! Cette pierre sculptĂ©e, qui date des annĂ©es 1690, avait jadis Ă©tĂ© placĂ©e sur la vieille maison qui fut dĂ©molie pour faire place au bureau de poste. Câest le docteur TimothĂ©e Roussel qui fit sculpter lâanimal en mĂ©moire de son fidĂšle chien quâun malicieux voisin avait tuĂ©.
7. Chaque jour oĂč se pointe le soleil, un vieux cadran solaire, sur le mur de lâaile de la Procure, dans la cour du Petit SĂ©minaire, nous indique lâheure. On peut sây fier, mais il faut savoir quâil donne toujours lâheure normale, ne connaissant pas lâheure avancĂ©e.
8. On peut encore apercevoir, rue des Remparts, la maison oĂč vivait le gĂ©nĂ©ral Louis-Joseph de Montcalm. Dans lâimposte vitrĂ©e de la porte, lâinscription CANDIAC rappelle le nom de son domaine en Provence. Si chaleureux et si loin des plaines dâAbraham oĂč il fut blessĂ© mortellement le 13 septembre 1759.
9. Une fois que lâon a dĂ©couvert les passages qui mĂšnent Ă la ruelle Sous-le-Cap, on est agrĂ©ablement Ă©tonnĂ© par ce que lâon y voit, une rue Ă©troite que surplombent des passerelles comme dans certaines trĂšs vieilles rues dâEurope ou du Moyen-Orient.
10. Il y a beaucoup de plaisirs bien simples qui ne se dĂ©moderont jamais. Comme celui de sâinstaller sur la terrasse Dufferin avec une crĂšme glacĂ©e et regarder dĂ©filer les promeneurs venus de tous les coins du monde. Il en est ainsi depuis 1879, et les bancs publics conçus alors par lâingĂ©nieur Charles BaillairgĂ© sont toujours aussi confortables.
11. On ne peut sâimaginer la terrasse Dufferin en hiver sans sa fameuse glissoire sĂ©culaire, et y entendre les cris des enfants dans les toboggans qui la dĂ©valent.
12. Parcourir la rue du Petit-Champlain peut paraĂźtre ne plus rien avoir dâoriginal. Et pourtant, y rencontrer le flot ininterrompu des touristes enjouĂ©s et Ă©tonnĂ©s nous amĂšne Ă revoir notre Vieux-QuĂ©bec avec leurs yeux et Ă nous Ă©merveiller.
13. Prendre aussi le temps de marcher dans la ruelle du TrĂ©sor, oĂč tant dâillustrations du Vieux-QuĂ©bec sont offertes. Apercevoir les touristes choisir une Ćuvre selon leurs goĂ»ts et leurs bourses. Repartant chez eux avec un souvenir de ce Vieux-QuĂ©bec quâils viennent de dĂ©couvrir.
14. Dans les jardins de lâHĂŽtel de Ville, Ă proximitĂ© de la nouvelle fontaine miroir aux jets dâeau colorĂ©s, le design des tables et des chaises donne un aspect europĂ©en Ă cet endroit. Et, il y a, Ă proximitĂ©, une populaire sandwicherie.
15. Quoique lâon y arrive quelque peu essoufflĂ©, il faut se rendre Ă la terrasse Pierre-Dugua de Mons, le point le plus Ă©levĂ© en altitude du Vieux-QuĂ©bec. On y a accĂšs par lâavenue Saint-Denis. Au centre de la terrasse, un monument rend hommage au sieur Dugua de Mons, le patron et le bon ami de Champlain lors de la fondation de QuĂ©bec. On le voit coiffĂ© de son grand chapeau de mousquetaire. De cette terrasse, nous avons une vue « Ă couper le souffle » sur le fleuve, la cĂŽte de BeauprĂ©, lâĂźle dâOrlĂ©ans. Ce fut notre point dâobservation lors du dĂ©part des grands voiliers en 1984.
16. Pique-niquer dans le Vieux-QuĂ©bec ! Pourquoi pas ? Les pentes au bas de la terrasse Pierre-Dugua de Mons, qui descendent vers la terrasse Dufferin, sâavĂšrent un endroit idĂ©al. De vieilles photographies nous prouvent quâelles sont populaires en Ă©tĂ© depuis de nombreuses dĂ©cennies. Et, encore de nos jours, des gens y dĂ©gustent leur lunch tout en admirant le paysage impressionnant.
17. Victor Hugo nâaurait pas dĂ©testĂ© notre rue Christie. En arrivant par la rue Couillard, il faut monter tranquillement cette Ă©troite rue, qui pourtant a des trottoirs de chaque cĂŽtĂ©. Mais ils sont si Ă©troits que seuls les chats les utilisent. Les piĂ©tons prĂ©fĂšrent marcher dans la rue.
18. Lorsque lâon arrive de la rue des Remparts et que lâon marche dans la rue HĂ©bert, on y dĂ©couvre soudainement une Ă©troite et pittoresque maison Ă la jonction des rues HĂ©bert et Monseigneur-De Laval. Sâavançant comme une proue de navire depuis plus de deux siĂšcles, elle ne bouge pourtant pas, suscitant toujours la curiositĂ©.
19. Dans le Vieux-QuĂ©bec, lâhistoire est gravĂ©e sur les murs. Bien peu de gens portent attention aux plaques historiques. Pourtant, elles ont tant Ă nous apprendre sur les gĂ©nĂ©rations dâhabitants qui ont occupĂ© ses lieux ! Sur un commerce de la cĂŽte de la Fabrique, une belle vieille plaque rappelle lâemplacement de la librairie dâOctave CrĂ©mazie fondĂ©e en 1844 : on y voit le profil de celui qui fut notre premier poĂšte national et qui mourut malheureux en exil en France, si loin de son cher Vieux-QuĂ©bec.
20. Se reposant sur un banc Ă la place de lâHĂŽtel de Ville Ă lâheure du souper, il est bouleversant dâentendre sonner lâAngĂ©lus au clocher de la basilique-cathĂ©drale. Jâai entendu un jour un touriste dĂ©clarer : « Ces cloches ont une telle gravitĂ© quâelles transpercent nos Ăąmes. »
21. Puis, le dimanche matin, il faut entendre tinter le carillon de la cathĂ©drale anglicane, venu dâAngleterre. De ce qui nous semble dâabord une cacophonie se dĂ©gagent peu Ă peu des mĂ©lodies lĂ©gĂšres et joyeuses. On se croirait transportĂ© Ă Londres.
22. Mon lieu de quiĂ©tude prĂ©fĂ©rĂ© du Vieux-QuĂ©bec : la bibliothĂšque de la Maison de la littĂ©rature. De hautes fenĂȘtres gothiques font entrer une lumiĂšre apaisante dans cette ancienne Ă©glise mĂ©thodiste. Assis dans un fauteuil confortable, on peut y lire un roman de Jacques Poulin, ce romancier, disparu en 2025, qui aimait tant le Vieux-QuĂ©bec.
23. On peut encore faire du lĂšche-vitrines dans le Vieux-QuĂ©bec. Rue Saint-Paul, les vitrines des boutiques dâantiquitĂ©s et des galeries dâart attirent encore lâattention. Et, dans la cĂŽte de la Fabrique, les vitrines dâun grand magasin fondĂ© en 1840 sont admirablement changeantes au fil des saisons.
24. Au cĆur de ce que lâon appelait autrefois le Quartier latin, car sây trouvait lâUniversitĂ© Laval, il y a, rue Couillard, un intello petit cafĂ© qui a quelque chose dâintemporel.
25. Dans une boutique de NoĂ«l de la rue Buade, je me souviens de la cĂ©lĂšbre librairie Garneau qui sây trouvait autrefois et des premiers livres que je mây suis procurĂ©s. Câest ainsi pour beaucoup de gens, il y a le Vieux-QuĂ©bec dâaujourdâhui et le Vieux-QuĂ©bec de nos souvenirs.
26. Lorsquâon se trouve sur les quais quand nous quittons un paquebot de croisiĂšre, on a le cĆur gros. Il y a ces gens au bastingage qui envoient la main et qui contemplent pour une derniĂšre fois le Vieux-QuĂ©bec dominĂ© par son ChĂąteau Frontenac. Et le paquebot qui fait retentir son criard pour nous faire ses adieux.


