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Daniel Blais : un Québécois établi en France depuis 25 ans

9 septembre 2020 - Par Jean Chouzenoux, correspondant européen

Dès mon installation à Nice en octobre 2010, j’ai voulu maintenir bien vivante ma fibre québécoise. J’ai d’abord joint l’Association Côte-d’Azur/Québec, puis je me suis inscrit à un site Facebook baptisé "Québécois exilés en France ou en Europe". Or récemment, sur le célèbre réseau social qui, parfois, joue bien son rôle, j’ai été invité à joindre un autre groupe : "Les Québécois à Nice". Premier constat, je n’étais pas seul !

Premier rassemblement à deux

Après avoir dû déclarer forfait aux premières retrouvailles de ce comité de Québéco-Niçois, j’ai enfin eu l’occasion de rencontrer l’un de ses membres compatriotes il y a quelques jours. Je vous le présente ici : Daniel Blais, originaire de Montréal, ex-cadre chez feu Nortel, installé à Paris depuis 25 ans, et qui coule désormais des jours heureux sous le ciel azuréen.

Ce diplômé en ingénierie de l’Université McGill démarre sa carrière en 1984 chez Nortel, à la glorieuse époque. Son attirance marquée pour les contrées étrangères le pousse à postuler pour un poste à Paris avec mandat de développer le marché européen pour l’entreprise canadienne ayant alors le vent en poupe. Il prend professionnellement quartier dans la capitale française et, avec son épouse Kim et leur fille Jessica alors âgée de six ans, ils emménagent dans une jolie et spacieuse maison en banlieue parisienne. Quand je l’interroge sur l’accueil qu’il a reçu à son arrivée, la réponse classique fuse : « Tu sais, les Français adorent les Québécois, qu’ils trouvent vachement sympathiques » !

Daniel avec son épouse Kim et sa fille Jessica, dans leur nouvel environnement de la Côte d’Azur.

Daniel n’a pas un contrat à durée déterminée pour sa mission. Conséquemment, après quelques années, c’est tout naturellement qu’émerge pour la famille la décision de demeurer définitivement en France. La carrière de Daniel évolue bien et socialement, l’intégration est réussie grâce à la formation d’un bon cercle d’amis, la visite fréquente de la famille et des amis du Québec. « Il y a des amis que j’ai vus plus souvent à Paris qu’au Québec », prend-il soin d’ajouter.

En outre, son épouse Kim et leur fille se plaisent dans ce vieux pays qu’elles n’avaient jamais visité auparavant. Le mandat d’abord européen de Daniel s’élargit avec objectif de déployer les services technologiques de l’entreprise au Moyen-Orient et en Afrique. Pour qui aime allier défis professionnels et goût de l’aventure et des voyages, quelle heureuse opportunité !

Mais en 2009 survient un épisode crucial pour qui se rappelle de l’effondrement de Nortel. Conséquence pour l’antenne parisienne : la boîte est vendue par blocs à des entreprises étrangères.

En 2010, Daniel rejoint alors une entreprise texane justement acquéreuse d’un secteur où les compétences et les contacts internationaux de notre Québécois sont requis. Il conserve ainsi son mandat en France et en Europe.

En 2017, Daniel est à nouveau à la croisée des chemins ; c’est au tour de Genband la Texane de fermer boutique à Paris. Entre l’opportunité de continuer pour la Maison mère aux Etats-Unis ou relever d’autres défis en Europe, c’est la seconde option qui l’emporte au conseil de famille. Reste à savoir où se poursuivra l’aventure…

Installation sur la Côte-d’Azur

Après avoir pressenti s’installer en Bretagne, un séjour de vacances au sud de la France fera miroiter une nouvelle alternative. Profitant d’une visite à la Fête du citron de Menton, le trio sillonne la région entre mer et montagne. Découvrant la douceur de vivre et les charmes provençaux, ils réalisent qu’ici, le soleil brille un peu plus qu’ailleurs, 300 jours par an, en fait. Changement de cap et de décor ! C’est sur les douces collines niçoises qu’ils jettent leur dévolu. Plus précisément, c’est jouxtant le vignoble de Bellet qu’ils trouvent une grande propriété où ils installent leur pénates, en 2018.

Ma rencontre avec Daniel Blais (à droite) s’est tenu dans un restaurant de grillades tenu par Thierry Cornuet (au centre), qui a longuement vécu au Québec. Témoignage de son passage, le cadre derrière…que j’ai contré de mon mieux !

Daniel souhaite demeurer actif et crée sa société de consultant en développement des affaires. Son porte-folio compte à ce jour un nombre grandissant de start-up en quête de nouveaux marchés. Celles-ci oeuvrent dans des domaines aussi variés que le monde de la bière, les simulateurs de courses automobiles, les équipements de sonorisation en hôtellerie, etc. Bien évidemment, ici aussi, les liens sociaux se tissent aisément, ce qui facilite la prise de greffe.

Daniel Blais, vigneron !

À la clé, lors de la dissolution de Nortel en 2010, une compensation financière que Daniel a souhaité investir à bon escient. Amateur de vin et de gastronomie, il jette un coup d’œil du côté de propriétaires viticoles à l’affût d’investisseurs. Il lui faut peu de temps pour, qu’avec d’autres partenaires, il acquiert une exploitation dans l’appellation Bergerac.

Daniel Blais présente son vin au festival Bordeaux fête le vin à Québec.

Les anciens propriétaires mettent à profit leur expertise en demeurant les exploitants du domaine, alors que Daniel et son épouse Kim modernisent les équipements, rajeunissent les étiquettes, ouvrent un gîte pour l’oenotourisme et créent un site d’achat en ligne. Fort expérimenté, Daniel s’emploie à ce qu’il sait faire de mieux : découvrir de nouveaux horizons pour commercialiser leur vin de Bergerac.

Vous l’aurez deviné : une approche est d’abord faite du côté du Québec. C’est ainsi que le Château Trolliet-Lafitte trône sur les rayons de la SAQ depuis quelques années. D’ailleurs, au moment où je déjeunais avec Daniel, une cargaison du précieux nectar quittait les entrepôts du Domaine… destination, le Québec.

Par ailleurs, c’est avec une fierté non dissimulée que le nouveau « vigneron » est venu promouvoir son vin à Québec, lors des premières éditions de Bordeaux fête le vin à Québec. Cerise sur le gâteau, son Château Trolliet-Lafitte s’est vu décerner une mention coup de cœur par le porte-parole officiel de l’événement, Philippe Lapeyrie.

Daniel, Kim et Jessica habitent tout près de chez moi. Nul doute que nous sommes appelés à se revoir et à rencontrer d’autres Québécois installés dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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