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De la résilience, plus que jamais !

18 juin 2020 - Par Annie Fortin, Le Groupe Structura

Je vous ai déjà parlé des coups durs qui m’ont permis de développer ma résilience. Mais personne n’aurait pu me préparer à ce qui se passe depuis quelques mois. Et c’est non seulement ma réalité, mais celle d’à peu près tous mes collègues entrepreneurs, pas juste ici, mais partout sur la planète. Résilience exposant 10 !

Comme tout est relié, c’est comme si le monde des affaires — pour ne nommer que celui-là — était devenu un gigantesque jeu de dominos. Même les entrepreneurs les plus favorisés, les propriétaires immobiliers par exemple, sont aussi plongés dans la tourmente alors que leurs locataires sans revenus et la montée en flèche du télétravail sont en train de vider leurs locaux pour bureaux. Petits entrepreneurs comme grandes sociétés, presque tous sont frappés de plein fouet, exception faite de quelques épargnés qui assurent services et produits essentiels dans les circonstances. Oublions le développement des affaires comme il se faisait auparavant, les événements de réseautage, les galas. Pour un temps seulement, je le souhaite ardemment.

Il n’empêche que ma capacité de résilience et mon optimisme tenace m’amènent à voir dans la crise des éléments positifs.

Pour faire face à pareil chamboulement, les mots-clés sont humilité, fragilité, solidarité, adaptabilité… et courage ! Humilité de reconnaître sa vulnérabilité, courage pour passer à travers l’épreuve autant que faire se peut. Il faudra bien s’entourer, se chercher des alliés, collaborer entre nous, se réinventer complètement. Trouver des façons différentes de fournir le service, mais pas comme on l’a connu dans l’avant-COVID. Et le plus bousculant, c’est que nul ne peut prédire pour l’instant ce que sera demain. Visibilité presque nulle, on ne vole même pas aux instruments, car ceux-ci n’existent pas encore. Ce qui me déchire le cœur, c’est de n’avoir pas pu reprendre, depuis la réouverture, une partie de l’équipage de mes entreprises, sans même savoir si je pourrai un jour profiter de nouveau des compétences de ces précieux collaborateurs.

Tout ce temps pour penser, ce n’était pas la joie sur le plan de la profitabilité financière, même que celle-ci risque de se faire attendre. Mais mon petit doigt me dit qu’à long terme, nous en sortirons grandis.

Il n’empêche que ma capacité de résilience et mon optimisme tenace m’amènent à voir dans la crise des éléments positifs. D’abord, du temps pour réfléchir, pour expérimenter autre chose et pour relativiser. Du temps pour soi, pour sa famille, ses proches, ce qu’on néglige bien souvent quand on est dans les affaires. Une introspection qui a donné lieu à des constats, des changements. Travailler cinq jours et 60 heures par semaine au bureau ? Ça ne m’intéresse plus. Je serai à mon bureau les lundis et mardis, et le reste du temps à la maison en télétravail. Plus productive parce que moins dérangée, ai-je rapidement constaté. J’ai aussi eu le temps d’améliorer au sein de mes entreprises les processus de travail et les façons de faire, notamment la poursuite du virage numérique, ce qui a permis d’informatiser la moitié des tâches auparavant faites à la main. L’occasion de le faire était unique, avouons-le. Tout ce temps pour penser, ce n’était pas la joie sur le plan de la profitabilité financière, même que celle-ci risque de se faire attendre. Mais mon petit doigt me dit qu’à long terme, nous en sortirons grandis. En effet, tous les grands bouleversements que nos sociétés ont connus ont permis une évolution rapide qui autrement aurait mis des années, voire des décennies à se concrétiser. Des rappels à l’ordre qui évacuent vite les futilités au profit de l’essentiel…

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