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LÉVIS HORS SÉRIE - Une galerie des maires de Lévis

25 octobre 2012 - Par Jean-Marie Lebel, historien

Depuis 2005, Danielle Roy Marinelli est la première mairesse de Lévis. Vingt-cinq maires l’avaient précédée depuis 1861. Tous ont contribué, par leur dévouement et leur implication, au façonnement de la ville de Lévis telle que nous la connaissons aujourd’hui. Comme ailleurs, bien entendu, il y eut des rivalités et les campagnes électorales furent souvent chaudement disputées.

L’hôtel de ville de Lévis de 1885 à 1964
L’hôtel de ville de Lévis de 1885 à 1964

Ce furent d’abord des marchands

C’est le 18 mai 1861 que la ville de Lévis fut officiellement incorporée par le gouvernement du Canada-Uni, au temps des premiers ministres John A. Macdonald et George-Étienne Cartier. On avait aboli les seigneuries à peine sept ans plus tôt. Dans la seigneurie de Lauzon, le village d’Aubigny (le Vieux-Lévis), fondé dans les années 1810, prenait tellement d’expansion depuis l’arrivée du chemin de fer, en 1854, qu’il avait pris les allures d’une ville. Avant l’inauguration du pont de Québec, qui n’aura finalement lieu qu’en 1917, c’est Lévis, et non point Québec, qui profita du boom ferroviaire nord-américain.

Louis Carrier, premier maire de Lévis, de 1866-1890.
Louis Carrier, premier maire de Lévis, de 1866-1890.

Les quais et les voies ferrées avaient fait de Lévis une ville commerciale et industrielle. Ses premiers maires furent donc tout naturellement des marchands et des hommes d’affaires. Les deux premiers maires, bien enracinés dans leur milieu, étaient des descendants des premiers pionniers établis dans la seigneurie dès le XVIIe siècle. Les marchands Louis Carrier (1861-70) et Georges Couture (1870-71 et 1874-84) se succédèrent à la mairie. Ils administrèrent Lévis en collaboration avec les deux très influents pasteurs de la ville : le curé Joseph-David Déziel et le révérend Duncan Anderson.

C’est à cette époque, où l’on craignait encore les Américains, que furent érigés les trois forts de Lévis, entre 1865 et 1872. Georges Couture était encore maire lorsque le gouvernement provincial le nomma conseiller législatif, ce qui révélait son importance ainsi que celle de sa ville. Le troisième maire, Jacques Jobin (1871-74), était un mesureur de bois. Ce qui n’est pas étonnant pour une ville où le commerce du bois jouait encore un rôle important. Lévis se dota d’un bel hôtel de ville victorien, rue Fraser, en 1885.

Les avocats s’en mêlent !

À compter de 1891, et pour de nombreuses décennies, ce furent des avocats et un notaire qui occupèrent les fonctions de maire. Ils étaient férus de politique, étant souvent d’anciens candidats aux élections provinciales ou fédérales. Les bleus et les rouges se disputaient la mairie de Lévis.

Isidore-Noël Belleau
Isidore-Noël Belleau

Le journaliste de L’Écho de Lévis et avocat Isidore-Noël Belleau (1891-96), qui fut député avant de devenir maire de Lévis, était considéré comme l’un des plus redoutables débatteurs politiques de son époque, presque à l’égal du grand Chapleau. C’est le maire Belleau qui décida de donner comme armoiries à sa ville celles de la famille Lévis. Il eut même l’honneur d’accueillir le marquis de Lévis en 1895 (ces armoiries ont été remplacées par de nouvelles en 2002). Le notaire Joseph-Edmond Roy (1896-1900), un homme de lettres, était maire lorsqu’il commença à publier, en 1897, sa grande Histoire de la seigneurie de Lauzon, laquelle comprendra plusieurs tomes. Il connaissait fort bien Alphonse Desjardins, qui fonda sa première caisse populaire à Lévis, en 1900.

Joseph-Edmond Roy, maire de 1896 à 1900.
Joseph-Edmond Roy, maire de 1896 à 1900.
Les armoiries de Lévis étaient celles de la famille de Lévis de la Vieille France.
Les armoiries de Lévis étaient celles de la famille de Lévis de la Vieille France.

C’est le maire Napoléon Lamontagne (1902-05) qui vit à ce qu’une compagnie privée installe des rails et inaugure un service de tramway électrique à Lévis en 1903. Et cela, seulement six ans après Québec ! Alphonse Bernier (1907-17), professeur de droit maritime à l’Université Laval, fut maire de Lévis tout en étant député provincial de Lévis (1912-16). C’est le maire Noël Belleau (1917-20) qui assista à l’inauguration du pont de Québec en 1917. Il était le fils de l’ancien maire Isidore-Noël Belleau. Tous deux furent avocats et juges, et constituèrent le seul duo père-fils à avoir dirigé les destinées de Lévis.

La ville confiée à des docteurs

Puis, ce fut au tour de gens de médecine à diriger Lévis. C’est le docteur Joseph Leblond (1929-33) qui dut affronter la Grande Crise. On devait occuper les chômeurs. Le maire et son conseil décidèrent donc de faire construire la terrasse de Lévis en 1930-31. La ville retrouva sa prospérité à l’époque de Sylvio Durand (1933-1943), car la Seconde Guerre mondiale fit bourdonner d’activités les chantiers maritimes. Adélard Bégin (1943-57) fut le maire de la prospère période de l’après-guerre et de l’expansion de Lévis aux abords de la route 2 (boulevard de la Rive-Sud).

Un fameux rond-point, à la croisée de la route 2 et de la route Saint-Henri (route du Président-Kennedy), devint le cœur de Lévis au temps où le docteur Clément-Marie Thivierge (1957-66) était maire. En 1960 s’amorçait d’ailleurs la construction du campus Desjardins sur la route 2 (boulevard de la Rive-Sud). En 1964, un incendie détruisit l’hôtel de ville qui datait de 1885.

Le règne du maire Chagnon

Vincent F. Chagnon, maire de 1966 à 1990.
Vincent F. Chagnon, maire de 1966 à 1990.

Vincent F. Chagnon (1966-90) est entré dans la légende à Lévis. Il en fut le maire durant un quart de siècle. Trois fois, il fut réélu par acclamation à la mairie, n’ayant pas d’opposants. Très proche de ses citoyens, il devint « Monsieur Lévis ». Il s’était d’abord fait connaître comme président de la commission scolaire. Comme maire, on considère qu’il fit de Lévis une ville moderne, la dotant d’un nouvel hôtel de ville et de nouvelles infrastructures. En 1974, Lévis eut son premier grand centre commercial grâce à ses incessants efforts, et les promoteurs Cadillac Fairview décidèrent de l’appeler Galeries Chagnon en son honneur. Le maire Chagnon fut aussi l’initiateur de la fusion des villes de Lévis et de Lauzon en 1989, et de Saint-David-de-Lauberivière en 1990.

C’est d’ailleurs un ancien maire de Lauzon, qui était devenu l’un des conseillers municipaux du maire Chagnon, Robert Guay (1990-94), un populaire directeur d’école et instructeur de hockey, qui lui succéda à la mairie de Lévis. La famille Guay est l’une des plus anciennes familles de la seigneurie et l’une des plus importantes en nombre à Lévis. Au maire Robert Guay succéda donc le maire Denis Guay (1994-1998).

À la tête d’une nouvelle grande ville

Lorsque l’ancien ministre péquiste Jean Garon devint maire de Lévis en 1998, il avait déjà beaucoup fait pour cette ville, puisqu’il avait été le député de la circonscription électorale de Lévis (1976-1998) plus de 20 ans. Le regroupement de 10 municipalités en 2002 faisait de Jean Garon le maire de la nouvelle grande ville de Lévis, la huitième plus importante du Québec, comptant 125 000 citoyens. L’ancien hôtel de ville de Saint-Romuald devint le nouvel hôtel de ville de Lévis. Sous l’égide de Jean Garon prit forme le « Nouveau Lévis » et il prépara la construction du Centre de congrès et d’expositions. Il laissa aussi comme héritage le Parcours des Anses, la piste cyclable longeant le fleuve.

En novembre 2005, Danielle Roy Marinelli, qui avait été la dernière mairesse de Saint-Jean-Chrysostome, fut élue mairesse de Lévis. Le développement du Nouveau Lévis s’accéléra. Les projets domiciliaires se multiplièrent. La mairesse présida les grands anniversaires et les grandes célébrations de 2011, rappelant le riche passé de Lévis et voulant renforcer le sentiment identitaire. D’ailleurs, durant la campagne électorale de 2009, la mairesse avait souligné que Lévis n’était pas que la rive sud de Québec, mais bien une ville avec son patrimoine distinctif et sa propre destinée.

Sources des illustrations :

-* Centenaire de Lévis 1861-1961

  • Le centenaire de Notre-Dame de Lévis, 1950
  • 25 ans à la mairie
  • Vincent F. Chagnon, 1990
  • Les juges de la province de Québec, 1933
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