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Jean-François St-Pierre – À la recherche d’un mode de vie

20 février 2017| Jean Chouzenoux, correspondant européen

Jean-François St-Pierre – À la recherche d’un mode de vie
À une certaine époque, alors que la foule se pressait pour voir du cinéma américain, Jean-François St-Pierre, lui, préférait les petites salles obscures du Clap à Québec, où il se rendait pour visionner un film étranger. S’asseoir à la terrasse d’une brûlerie pour siroter un bon café en lisant un livre, déguster un repas simple et gourmand dans une bonne brasserie… « Pour moi, ces petites choses relevaient d’une culture d’exception, dit-il. Mais en arrivant à Paris, j’ai réalisé que cela pouvait être la norme. » En somme, le mode de vie européen semble bien plaire à notre ami québécois.

Ingénieur en informatique et ceinture noire de karaté, Jean-François St-Pierre est natif de Rimouski. Il vivra quelques années à Québec avant d’accepter, en 1999, un contrat de deux ans à Paris pour son employeur de l’époque, la firme DMR. Là-bas, il rejoint une cohorte de 25 autres Québécois venus exporter leur savoir-faire en informatique. Paraît qu’on a du talent à revendre ! C’est aussi dans la ville aux charmes innombrables qu’il rencontre Lucie. La jeune Française originaire de la Sarthe (région de l’ouest de la France) deviendra la « guide particulière » de Jean-François et cette rencontre prolongera de trois autres années son séjour en France, période durant laquelle naîtra leur premier enfant. La contrepartie, c’est qu’à son tour, Jean-François fera découvrir son pays à celle qui est devenue son épouse, lors d’un retour au Québec, également pour trois ans. Depuis, la famille s’est agrandie; la jeune fille de 14 ans, Inès, née en France, a aujourd’hui un frère de 10 ans, Adam.





Balade en montagne en famille aux Rochers-de-Naye, au-dessus de Montreux.






Jetée - La Tour-de-Peilz






Une famille de karatékas : Jean-François et ses enfants, Adam et Inès, à l’école de karaté AKKL - Kyokushinkai Lausanne








Retour en Europe

En 2006, l’occasion s’offre à Jean-François de retourner en Europe, cette fois-ci à proximité de Genève, où il s’installe avec sa petite famille. Pour le couple, il s’agit d’un « choix de cœur » : un retour aux racines pour Lucie et un mode de vie près des montagnes devenues source d’inspiration pour Jean-François.

Fort de son expérience acquise au Québec, Jean-François fonde sa propre entreprise. Aujourd’hui, il emploie une vingtaine de spécialistes qui développent et intègrent des solutions informatiques pour le compte de sociétés et d’organisations internationales de renom. Et ce ne sont pas les sièges sociaux qui manquent en Suisse ! Bien que ce pays soit reconnu pour ses montagnes, ses montres et ses banques, il possède aussi d’autres atouts qui lui assureront de demeurer un pays phare sur le plan économique, un havre paisible au cadre enchanteur et une contrée qui se démarque par un style de vie hors normes. « La Suisse est vraiment un pays attachant et nous sommes tombés sur une région où les gens ont fait le même choix que nous, ont des valeurs communes ». Des gens d’un peu partout, qui ont opté pour la vie dans ce pays somptueux qui fait de chaque jour une promesse d’enchantement.

Dernier élément qui ne laisse pas insensibles nos Suisses d’adoption : la différence bien marquée entre les saisons… similitude qui sied bien à ces passionnés de la nature. Qui plus est, avec les outils technologiques qui rendent possibles les communications en temps réel avec les amis et la famille ainsi qu’avec toutes les plates-formes qui tiennent les gens informés de l’actualité québécoise, la preuve est faite que l’on peut faire cohabiter deux pays dans un seul cœur ! La binationalité, loin d’être un handicap, sert bien les enfants qui, fièrement, se targuent d’avoir un papa canadien quand cette terre d’Amérique est à l’étude dans les cours de géographie.

Aujourd’hui, la famille St-Pierre vit dans la petite ville de La Tour-de-Peilz, en bordure du lac Léman, entre Vevey (rendue célèbre par Charlie Chaplin) et Montreux (aussi connue pour son Festival de jazz). C’est en famille qu’ils s’adonnent à leur loisir favori, le karaté, et au moment d’écrire ces lignes, le chef de clan partait justement pour un stage d’entraînement de quelques jours.

Se lancer en affaires en Suisse : facile ou compliqué ?

Chef d’entreprise en Suisse, Jean-François St-Pierre avoue qu’il s’agit de l’un des pays d’Europe où il est le plus simple de se partir en affaires. Le support aux entreprises est bien orienté et les systèmes légaux et fiscaux sont logiques et efficaces. À ce chapitre, l’approche suisse ressemble davantage aux méthodes américaines que françaises, où les embûches administratives rebutent parfois les plus motivés. Étonnement, l’économie de la Suisse continue de prospérer dans un contexte européen qui, lui, est plus laborieux.

Quelques événements festifs célèbrent notre culture en terre vaudoise, le plus connu étant le Festival de Pully-Lavaux à l’heure du Québec, près de Lausanne. Le slogan de la 20e édition, en 2016 : « Ça toffe ! ». www.pully-quebec.ch


À Tour-de-Peilz, avec les vignes du Lavaux en arrière-plan.







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