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Vivre l’expérience ARVI

18 juin 2024 | Johanne Martin

Vivre l’expérience ARVI

© Marjorie Roy, Optique Photo

L’équipe du restaurant ARVI : Pierre-Antoine Pouliot, Thomas Beaufils, Julien Masia, Antoine Roy, Roxanne Boivin Ganhadeiro. Louis-Emmanuel Thibault et Thomas-William Lebrun.

« Une équipe et une cuisine libres : voilà ce qui nous définirait le mieux ! Chez Arvi, le personnel est polyvalent et fait autant la préparation, le service, la sommellerie que la vaisselle. Ici, nous servons une cuisine contemporaine québécoise avec le meilleur produit disponible selon la période de l’année et nos affinités avec les fournisseurs. »

EN CUISINE OU AU DOMAINE

ARVI, AU REVOIR, À LA REVOYURE !

Qu’il s’agisse du restaurant ou du domaine, le mot « arvi » en intrigue plus d’un. « Je suis né à Lyon et j’ai vécu longtemps en Haute-Savoie, une région située près de l’Italie et de la Suisse allemande, explique Julien Masia. C’est un terme que nous employons pour saluer les amis lorsqu’ils quittent la maison. Nous leur disons alors : Arvi !, ce qui signifie ‘‘au revoir’’ et tire sans doute son origine des termes ‘‘arrivederci’’ en italien, et ‘‘Auf Wiedersehen’’ en allemand ! »

Chef propriétaire du restaurant ARVI situé sur la 3e Avenue à Québec, Julien Masia insiste sur l’expérience humaine qui caractérise l’établissement ouvert en 2018. Français d’origine, issu du monde de la cuisine gastronomique, il a un jour voulu se détacher de cette étiquette qui vient avec certaines exigences et donner au ARVI sa propre personnalité. Ce qui motive son équipe : accueillir le client, sans prétention, en lui servant une cuisine forte en caractère.

« Nous faisons ce que nous aimons, c’est-à- dire cuisiner, et le produit est véritablement mis en avant, confirme M. Masia. À la base, l’idée avec le Arvi, c’était de faire quelque chose de plus humain, de plus terre à terre, sans gants blancs ni nappe, en écoutant la musique que nous voulions. De nous voir cuisiner, de pouvoir s’asseoir à côté d’un client, d’avoir une relation de proximité, c’est ce que nous souhaitions et ce qui nous permet de nous distinguer. »

SORTIR DES SENTIERS BATTUS

Le chef propriétaire rappelle qu’il est arrivé au Québec à l’âge de 23 ans – il en a maintenant 41 –, ce qui lui a offert l’occasion de s’imprégner d’une autre culture culinaire, de nouvelles saisons, de produits, de fournisseurs et de goûts différents. « C’est ce qui m’a donné envie de lancer le restaurant ARVI, dit-il. Dans les faits, le restaurant est un rêve. Et il y a quelques années seulement, des restos où il y avait un menu unique, on n’en comptait presque pas ! »

Concrètement, deux menus – un courant et un autre végétarien – sont proposés au client. Les plats sont renouvelés toutes les huit semaines. Chaque produit revient, mais sera apprêté différemment. L’équipe du ARVI tente constamment de sortir des sentiers battus et d’innover. En 2019, le 519, 3e Avenue a d’ailleurs reçu le titre de meilleur nouveau restaurant au Canada par le magazine enRoute. Depuis ses débuts, la cuisine a bien entendu évolué.

IMMERSION, PARTAGE ET DÉFIS

Si la volonté d’explorer des mets inédits est sans limites, il n’existe pas, non plus, de frontière entre la cuisine et la table. Les plats sont concoctés sous les yeux du client. « L’expérience d’immersion est vraiment complète ! », atteste Julien Masia. Rappelons que l’établissement comprend 30 places et est ouvert du mardi au samedi, de 18 h à 22 h. À dimension humaine pour le client, le restaurant l’est également pour l’équipe, unie autour de valeurs communes.

« Chez nous, tout le monde a des forces, mais travaille ensemble, émet le chef propriétaire. Tout le personnel entre à 14 h et quitte en même temps, à la fin du service. Les tâches sont partagées entre tous et les pourboires sont distribués de manière égale dans l’équipe. L’impact de cette façon de faire, c’est que tous les gens se sentent investis dans l’entreprise. Le nouveau défi, maintenant, c’est de laisser une belle empreinte écologique aux autres ! »

En effet, tous les ans, l’équipe du restaurant ARVI effectue un exercice de réflexion. Cette année, celui-ci portait sur les gestes environnementaux à instaurer. Des mesures telles que la réduction des déchets de plastique, l’élimination des emballages sous vide et la mise en place d’un système de recyclage et de production de compost efficace ont été déployées. Le restaurateur vise à faire sa part pour assurer un avenir meilleur aux générations futures.

Domaine ARVI - Terrasse
© Jean Nicolas Dauwe

UN RETOUR À LA TERRE

Prendre du recul et s’interroger, c’est aussi ce que le chef propriétaire et sa conjointe, Ariel Pinsonneault, ont fait durant la pandémie. La fermeture des restaurants a permis un temps d’arrêt que le couple a exploité pour amorcer un retour à la terre. En janvier 2022, ils procèdent à l’acquisition du vignoble Domaine Bel-Chas, rebaptisé depuis Domaine ARVI. Le chef, qui assumait jusque-là le rôle d’acheteur, se retrouve donc également dans celui de producteur.

« Je considère cette nouvelle aventure comme un projet familial auquel Ariel et moi donnons notre couleur. En tant que restaurateur, ça apporte une perspective différente du travail du champ à l’assiette, commente M. Masia. Il y a évidemment un lien entre ce que nous faisons à Saint-Charles-de-Bellechasse et dans le quartier Limoilou. En plus du vin qui provient du vignoble, j’intègre aux mets du miel, des produits de notre jardin et des plantes sauvages. »

BIOLOGIQUE ET BIODYNAMIQUE

Les deux entrepreneurs ont complété la conversion biologique de leur ferme et vont obtenir leur certification dès la fin de cette année. Sur la propriété de quatre hectares où poussent 10 000 vignes issues de plusieurs cépages, des arbres, arbustes et fleurs, ils travaillent la terre selon les principes de la biodynamie afin de rétablir un équilibre et favoriser la diversité.

« Le Domaine sera ouvert du jeudi au dimanche à partir du 27 juin et nos nouvelles cuvées y seront disponibles, notifie Julien Masia. En mode apéro, une assiette de produits du terroir est proposée pour accompagner la dégustation du vin sur la terrasse. Étant restaurateur et Ariel ancienne pâtissière, nous voulions intégrer le volet de nos métiers de bouche à ce lieu unique, devenu notre petit coin de paradis, et inviter les gens à en profiter durant tout l’été ! »

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