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Essai routier de l’Infiniti M

7 avril 2011 - Par Frédéric Masse

Transformation extrême

Je désirais, depuis un bon moment, essayer la nouvelle Infiniti M. Je dois dire que j’affectionnais beaucoup le modèle précédent, qui n’avait jamais su réellement se démarquer sur le marché. Son design extérieur était quelque peu ennuyeux et son habitacle, correct, sans plus. Puis est arrivée cette nouvelle mouture… qui se laisse dévorer des yeux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Mais cette transformation extrême est-elle convaincante et suffisante pour aspirer au titre de voiture de prestige ?

Un intérieur raffiné et techno

Soumettons tout de suite l’Infiniti M aux comparaisons. Cette voiture est nettement plus axée sur la technologie, la légèreté et les matériaux tendance que la BMW Série 5, l’Audi A6, la Lexus GS, la Jaguar XF, ou encore, la Mercedes Classe E. Même son de cloche quant à la conduite sur route : la M est plus agressive, plus vivante, plus sèche, surtout dans sa version Sport (M37 S), mon modèle d’essai.

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Napa Grill du Bonne Entente

Il y aura certainement des preneurs pour cette voiture bien assemblée et au design merveilleusement bien fini, le tout accentué par des cadrans vifs, gracieux et joliment éclairés, de même qu’un nombre suffisant de bidules technologiques pouvant rendre heureux le plus exigeant des geeks. En effet, le tableau de bord de l’Infiniti M est plutôt chargé. « Commandant, êtes-vous à l’écoute ? » J’exagère à peine... Mais j’avoue qu’une fois familiarisé avec tous les contrôles, la plupart des interactions se font de façon intuitive ; la preuve qu’un travail d’ergonomie important a été réalisé.

Pour ce qui est des sièges, leur design est sublime et procure un excellent confort, tant à l’avant qu’à l’arrière. Par contre, l’insonorisation de mon modèle d’essai sur l’autoroute était passable. Beaucoup de bruits de vent et de route pénétraient dans l’habitacle, d’autant plus audibles pour les passagers arrière.

Performante à souhait, mais…

La M se distingue également par son moteur un peu brut pour cette catégorie. Sous de fortes accélérations, il laisse entendre sa présence par un son métallique peu commun pour la catégorie, rappelant un caractère propre à la G37. Normal, me direz-vous, puisqu’il s’agit de la même mécanique, mais ce qui est admirable pour une berline de 40 000 $ ne l’est pas nécessairement pour une voiture de 60 000 $.

Sa transmission automatique à sept rapports parvient aussi à extirper efficacement les 330 chevaux sous le capot. Lorsqu’on rétrograde, la transmission ne se fait d’ailleurs jamais prendre et les accélérations sont impressionnantes. En fait, le 0-100 km est réalisé sous la barre des 6 secondes, ce qui est absolument démentiel pour une voiture de cette taille avec un moteur six cylindres. Je n’ai pas essayé le V8 de la M56 de 420 chevaux et 417 livres-pied de couple, mais j’imagine à quel point la M doit ressembler à un missile avec une telle mécanique.

J’ai adoré la précision de la direction, absolument sublime grâce aux quatre roues directionnelles, mais j’ai un peu moins apprécié sa légèreté. Le feedback est excellent, mais il donne le sentiment de conduire une voiture bas de gamme par son habileté à tout transmettre de la route, sans aucun filtre. Une fois au volant, on se sent toutefois en plein contrôle, comme si on ne faisait qu’un avec la grosse berline. Il faut dire qu’en test de slalom, de freinage et d’évitement d’obstacles, ma M d’essai a été l’une des plus impressionnantes voitures de sa catégorie, malgré des pneus d’hiver. Sa suspension à la configuration unique travaille de façon admirable pour la performance. Mais, il y a un mais…

L’ensemble de la voiture réagit de façon abrupte ; tempérament exacerbé par les grosses roues de 20 pouces, qui sont bien belles, mais qui font en sorte que la suspension « cogne dur ». En fait, la M Sport n’apprécie pas beaucoup nos chemins.

En résumé

La nouvelle M est belle et bien construite. Toutefois, pour un plaisir accru, tournez-vous vers les versions de base ou le V8, traction intégrale ou pas, mais avec des roues de 18 pouces qui permettront des comportements routiers certainement plus doux. La version Sport est plutôt réservée aux amateurs qui placent l’allure au premier plan, chose que la M livre admirablement bien. Non, la M ne possède pas le raffinement d’une allemande, ni d’une anglaise. Par contre, elle est fiable (si l’on se fie à l’historique de la marque), procure des performances démentielles, propose une ligne agressive et offre un rapport qualité-prix ultra compétitif. Reste à voir si tous ces arguments en sa faveur suffiront à convaincre les acheteurs de grandes berlines allemandes de faire le saut chez les japonaises.

  • Fiche technique
  • Modèle d’essai : Infiniti M37 Sport
  • Prix de base : 52 400 $
  • Prix du modèle essayé : 63 700 $ (version Sport)
  • Moteur : V6 de 3,7 litres / 330 chevaux à 7 000 tr/min / 270 lb-pi à 5 200 tr/min
  • Transmission : automatique à sept rapports
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