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Essai routier de la Volvo XC90 - Bra jobb

1er mars 2016 - Par Frédéric Masse

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Volvo était dû. Son VUS XC90 datait de 2002 ! Un pan d'histoire, que dis-je, une éternité dans le monde automobile ! Le constructeur, maintenant fort d'un appui financier de la compagnie chinoise Geely, a donc mis les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu. Résultat ? Le nouveau XC90 a été élu le camion nord-américain de l'année par l'Association des journalistes automobiles du Canada et le célèbre Motor Trend. Impressionnant, certes. Simple attrait de la nouveauté ou véritable coup de circuit ?

Solide comme le roc

Pas facile pour Volvo de se distinguer de la masse en raison de la taille très modeste de son organisation. En effet, le coût de développement d'une seule plateforme est prohibitif. À preuve, la conception et l’élaboration du XC90 ont nécessité à elles seules un investissement de près d’un milliard de dollars ! En fait, la dernière véritable plateforme du constructeur remontait à plus de deux décennies, ça vous donne une idée. Cette nouvelle architecture, savamment développée, possède de brillants attributs — comme une suspension novatrice — qui lui permettront d'être utilisée sur tous ses modèles à venir. 

 

Le XC90 se veut donc la première vraie Volvo signée Geely. Ce modèle teintera inévitablement la perception des produits à venir et influencera l'avenir entier de la compagnie. Visiblement, le constructeur était aussi conscient de cette réalité. Il n'a donc rien pris à la légère et propose ici un véhicule pensé différemment. L’expérience commence par sa clé, qui offre des boutons latéraux plutôt que sur le dessus afin d’éviter de les accrocher en marchant ou simplement en la manipulant. Un design simple et intelligent. 

Puis le moteur. Un 8 cylindres ? Pas question. Un 10 ? Encore moins. Pour un véhicule pesant plus de 4 000 livres, un minimum de 6 cyclindres est requis... Eh non ! Le nouveau XC se meut grâce à un moteur de quatre cylindres… Vous avez bien lu. Cette motorisation est dotée d'un bon gros turbo et d'un compresseur permettant d'éviter tout délai lorsqu'on le sollicite. C'est magique, intelligent, amplement puissant, et ça permet de développer la bagatelle de 316 chevaux et 295 livres-pied de couple. Et la consommation d’essence ? En plein hiver, à moins 16, j'ai maintenu une moyenne sous les 10 litres aux 100 km, en ville. Là encore, impressionnant ! Pourquoi aucun constructeur ne l'avait fait auparavant ? La fin (pour ne pas dire la « faim », dans le cas de Volvo) justifie souvent les moyens. C’est parfait.

Une transmission à huit rapports accompagne cette mécanique novatrice capable de performances plus qu'adéquates. Et puisque le couple est généré à bas régime, l'habitacle reste silencieux pratiquement tout le temps. Nul besoin de faire gémir le moteur pour obtenir un bon punch : encore une fois, c'est intelligent et différent. Une version enfichable — que je n'ai pas essayée — est également offerte. Celle-ci permettrait de rouler plus de 40 km uniquement en mode électrique, ce qui contribuera à réduire encore davantage la consommation moyenne d’essence.

La traction intégrale est offerte de série. L'adhérence aussi. C'est d'ailleurs l’un des points qui m'a le plus impressionné. Non, la Volvo n'est un pas un véhicule qui implique, comme le fait la X5 ou la Porsche Cayenne… et c’est tant mieux. On se bat ailleurs, en offrant une conduite énergique (pas ennuyante pour un sou), mais tout de même pas sportive. Un type de conduite qui plaira à la grande majorité. Ma suspension — une pneumatique offerte en option — se voulait ferme, sans exagération. J'adore. Le volant n'offre pas le plus grand des feedbacks, mais propose un usage quotidien agréable. C’est un peu comme si Volvo en avait fait un véhicule précis, sans demander d’effort lors de la conduite. Bien fait.

L'habitacle du XC90 est tout aussi remarquable : spacieux et MAGNIFIQUE. Fidèle à la réputation de la marque, les sièges, peu importe où vous serez assis, sont beaux et confortables. Même la troisième rangée parvient à accommoder des adultes : une figure d'exception dans la catégorie. Le design a aussi été poussé plus loin. Le système de contrôle des interactions — appelé Sensus, qui se veut l'équivalent d'un gros iPad — est intuitif et simple. Il y a certes quelques petits apprentissages à faire, mais le système est l’un des meilleurs, voire le meilleur, que j'ai essayé à ce jour. Aucun ralentissement. On trouve facilement les réglages, l’interface est magnifique. Marc Engellen, le président de Volvo Canada, ne m'avait pas menti lors de l’entrevue qu’il m’avait accordée : le travail effectué dans l'habitacle est tout simplement ahurissant et novateur.

Le XC90 recèle bien quelques défauts, mais ceux-ci sont assez mineurs. Par exemple, j’ai trouvé que les interrupteurs de fenêtres faisaient un peu bon marché. Il y a aussi cette quasi-absence de prises USB. Une seule pour sept passagers ! Il va falloir m'expliquer cette incongruité dans un véhicule si techno. Visiblement, soit les Suédois ont terriblement bien caché ces prises, soit ils interdisent à leurs enfants de jouer avec leur tablette à l'intérieur du véhicule. J’ai aussi constaté que le fini de la clé se désagrège rapidement et que les poignées de portes s’étirent un peu trop. Mais honnêtement… il s'agit là d'erreurs de jeunesse, facilement corrigibles. On ne peut faire d’omelette (surtout si elle est nouvelle) sans casser des œufs.

Le XC90 occupe donc une place de choix dans cette catégorie ultra compétitive. Il est différent, innovant, intelligent, bien conçu. Grâce à ce VUS de luxe, l’un des plus impressionnants et différents que j’ai eu la chance de conduire dans ma carrière, Volvo entre de nouveau par la grande porte. De plus, son prix de base (61 300 $) est tout à fait dans le coup. Si cette réussite est le présage des véhicules de demain, attendez-vous à voir beaucoup de Volvo sur les routes ! Bra jobb ! Ce qui signifie, selon Google Translator, « bon travail » en suédois.

 

 

 

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