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Alain Girard et Aude Lafrance-Girard, Hôtel Château Laurier Québec - La recette d’un transfert père-fille harmonieux

6 décembre 2019 - Par Gilles Levasseur

© Laetitia photographe

L’histoire de l’Hôtel Château Laurier Québec est véritablement marquée au sceau de la famille. Fondé en 1948, l’établissement a été acquis en 1975 par le courtier immobilier Robert Girard, qui avait été entrepreneur forestier pendant deux décennies à Lac-Saint-Jean. Cinq de ses six enfants ont travaillé au sein de l’entreprise jusqu’à ce que l’un d’eux, Alain, se retrouve seul au gouvernail. C’est aujourd’hui à son tour de compléter le long processus qui a permis à sa fille Aude de tenir depuis 2016 les rênes de l’une des figures hôtelières emblématiques de Québec. Portrait d’une harmonieuses passation des pouvoirs.

Respect et confiance, toujours penser au suivant, responsabilisation, délégation de pouvoirs, collaboration : telles sont des valeurs fondamentales pour Alain Girard et sa fille Aude Lafrance-Girard. Pas étonnant qu’ils se soient autant appliqués à réussir cette démarche qui s’avère souvent délicate.

« Le changement de garde vers la relève comporte trois grandes étapes : il s’agit de transférer le pouvoir, le savoir et les avoirs, explique M. Girard. Sauf que dans beaucoup de cas, c’est la question des avoirs qui est abordée en priorité, alors que nous pensons qu’elle devrait être réglée à la toute fin. Il est alors bien plus facile de laisser la place à l’autre pour qu’il fasse ses expériences, tandis que le transfert du pouvoir et du savoir fait l’objet d’une évaluation continue.

Plus que tout, la confiance mutuelle doit être présente en tout temps, elle est la clé. Cela permet aussi, surtout dans un contexte familial riche en émotions, de s’assurer que la personne choisie pour reprendre l’entreprise est la bonne. Du côté du repreneur, l’humilité est de mise afin d’éviter les rôles de sauveur ou de celui qui veut tout bousculer. En ce qui nous concerne, le consultant qui nous accompagnait nous a convaincus de mettre cartes sur table devant un comité de direction composé des principaux cadres de l’entreprise. Quand tout se fait dans un tel climat de transparence, toute l’équipe peut s’exprimer et l’intégration s’effectue bien plus facilement. »

« Le changement de garde vers la relève comporte trois grandes étapes : il s’agit de transférer le pouvoir, le savoir et les avoirs. Sauf que dans beaucoup de cas, c’est la question des avoirs qui est abordée en priorité, alors que nous pensons qu’elle devrait être réglée à la toute fin. » – Alain Girard, président de l’Hôtel Château Laurier Québec.

TEL PÈRE, TELLE FILLE

Aude Lafrance-Girard affiche le même esprit de libre pensée et le même goût pour l’entrepreneuriat que son père. Dès l’adolescence, elle s’est apprivoisée aux rouages de l’hôtellerie en travaillant l’été au Château Bellevue. Puis elle est passée au Château Laurier Québec comme réceptionniste avant de remplacer des directeurs pendant leurs vacances, ce qui lui a permis d’expérimenter la gestion d’équipes. Ont suivi des études universitaires en administration des affaires ainsi que trois années à travailler pour un grand hôtel montréalais, pendant qu’elle s’impliquait dans le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec.

« L’élément-clé dans mon apprentissage a été ma décision, en 2015, de m’inscrire au programme Émergence de l’École d’Entrepreneurship de Beauce. J’y ai beaucoup appris sur moi-même ainsi que sur le type de leadership que j’avais le goût d’exercer, ce qui a été déterminant pour augmenter ma confiance en mes moyens. » - Aude Lafrance-Girard, fille d’Alain Girard.

Au bout de sept ans, elle est rentrée au bercail pour travailler aux banquets avant de prendre la relève de sa tante nouvellement retraitée à la direction des opérations. Elle a occupé le poste pendant six mois avant de devenir directrice générale en 2016. « L’élément-clé dans mon apprentissage a été ma décision, en 2015, de m’inscrire au programme Émergence de l’École d’Entrepreneurship de Beauce, raconte Aude. J’y ai beaucoup appris sur moi-même ainsi que sur le type de leadership que j’avais le goût d’exercer, ce qui a été déterminant pour augmenter ma confiance en mes moyens. »

Libéré de la direction générale, Alain Girard se voit encore pendant quelques années à présider aux grandes orientations de l’entreprise, reconnue pour son implication communautaire et comme le porte-étendard de son « bébé », la Francoresponsabilité, qui consiste à faire vivre à la clientèle une expérience essentiellement francophone. « N’est-ce pas ce qui nous distingue à Québec ? Ainsi que la valeur incomparable du site, pour lequel mon père avait vraiment eu le pif de l’entrepreneur… »

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