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Cora Tsouflidou

9 novembre 2013 - Par Donald Charette

Cora Tsouflidou aime citer John Lennon pour expliquer comment elle en est venue à bâtir une chaîne de restaurants qui affichent son prénom en grosses lettres à travers le Canada. « La vie, c'est ce qui vous arrive quand vous êtes occupé à faire d'autres plans. » (« Life is what happens to you when you’re busy making other plans. »)

 

À 33 ans, mère de trois ados, divorcée, sans pension alimentaire, elle cherchait désespérément du travail pour nourrir sa famille. Incapable d'obtenir du financement, elle vend sa maison pour acheter un snack bar qui deviendra florissant. En 1987, elle ouvre, à Ville Saint-Laurent, le premier « Chez Cora », qui fait rapidement des petits. « C'est simple, nous avons réinventé le petit déjeuner. » Le reste, c'est le success story bien documenté de Cora Déjeuners.

« C'est effectivement par nécessité que je me suis lancée en affaire. Je ne m'étais jamais dit qu'un jour, j'aurais mon entreprise. Je me préparais plutôt une carrière d'intellectuelle », raconte la femme d’affaires. Si la jeune Gaspésienne, née Mussely, à Caplan, avait suivi un parcours linéaire, elle serait peut-être, dit-elle avec humour, « une écrivaine ratée aujourd'hui ». Mais la vie en a décidé autrement ; heureusement pour ses milliers d'employés et les innombrables personnes qui prennent leur petit déjeuner avec Cora.

« Je suis l'exemple de la réussite de quelqu'un qui n'avait pas ce qu'il fallait. »

« Je ne suis pas un exemple de conciliation travail-famille réussie, avoue-t-elle avec franchise. Nous sommes ce que nous sommes et il n'était pas question pour moi de séparer mes deux mondes. Il s'agit de savoir comment s'organiser et d’être responsable de ses choix. Je n'ai pas été une mère autrement attentionnée aux besoins personnels des enfants. On ne peut pas tout avoir dans la vie. Par contre, ils ont été mes motivateurs », ajoute-t-elle en insistant sur la qualité des moments passés ensemble et non l'obligation « de faire acte de présence ».

Cora Tsouflidou a transmis son sens du commerce à sa famille. Son fils Nicolas assume, depuis 2011, la direction de l'entreprise en pleine expansion, mais « Madame Cora » demeure très près des opérations. Pour expliquer la passation des pouvoirs, elle note que ce fut « le sacrifice d'une mère, un deuil énorme à faire » pour elle. « Mais je suis très contente de l'avoir fait. À 37 ans, Nicolas était prêt et il a toujours voulu "aider maman" ».

Son entreprise, elle l'a dirigée comme une « mère poule » et constate que les jeunes femmes ne sont pas toujours conscientes de leurs qualités en tant que chefs d'entreprises, elles qui, plus souvent qu'autrement, assument la gouverne de la famille. « Au début de ma carrière, il y a 30 ans, je croyais qu'il fallait être un homme pour réussir. Je ne pensais pas avoir ce qu'il fallait. Lorsque je donne des conférences, je souligne que je suis l'exemple de la réussite de quelqu'un qui n'avait pas ce qu'il fallait. » Ceci dit, elle estime que son désir de conquérir des marchés provient « du côté mâle de [son] cerveau »...

« Il y a beaucoup de talent et de génie au Québec et l'entrepreneuriat, c'est la voie royale

Elle se hérisse, d'ailleurs, quand on lui fait valoir que l'entreprise de restauration est à maturité. « Pas du tout. Si c'était le cas, je monterais sur une pile de livres, que j'aime tant, et je me jetterais en bas. » Cora souligne la progression des franchises en Saskatchewan, au Manitoba, en Alberta, et ajoute qu’elle pourrait ouvrir une vingtaine de restaurants en plus des 44 existants en Ontario.

Cora Déjeuners, c'est 130 restaurants, dont 126 franchisés et 50 établissements au Québec. Cora fera bientôt une incursion chez nos voisins américains en ouvrant un restaurant à Boston. Le groupe a été sollicité dans d'autres pays, mais joue de prudence. « Nous sommes des gens raisonnables. On ne veut pas ouvrir 1 000 restaurants pour en fermer 500. »

Tout au long de l'entretien, Cora Tsouflidou insiste sur la contribution des employés de Cora, dont plusieurs sont là depuis le début, faisant ressortir son côté mère poule. « Ils sont attachés à la réussite de Cora. Ils veulent que tout le monde aime Cora et que les clients soient satisfaits. Dans leurs veines, il y a de la crème pâtissière », image-t-elle.

« L'entrepreneuriat a changé ma vie. Il y a beaucoup de talent et de génie au Québec et l'entrepreneuriat, c'est la voie royale », conclut celle qui porte un des prénoms les plus affichés au Québec, la reine incontestée des petits déjeuners.

 

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