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La menace fantôme

5 septembre 2012 - Par Pierre Paul-Hus

Voilà quelques semaines, j’ai eu la chance de vivre une expérience stimulante, d’abord en tant que dégustateur international invité à juger des vins lors du Mondial des Pinots en Suisse (il y a pire dans la vie !), mais également en tant que touriste étranger, plongé au cœur d’une autre culture.

S’il est vrai que ce pays d’Europe de l’Ouest, fait de montagnes, de vallées et de cantons, est d’une beauté à couper le souffle, je dois admettre que c’est surtout le peuple suisse en tant que tel qui m’a le plus impressionné. Comme nous le faisons tous à divers degrés lorsque nous traversons nos frontières québécoises, je n’ai pu m’empêcher de comparer leur situation à la nôtre.

Premier constat : les Suisses doivent négocier avec beaucoup plus de cultures étrangères à la leur que nous, qui vivons au sein d’un pays majoritairement anglophone. La Suisse, comme vous le savez sans doute, est divisée en trois grandes zones linguistiques, l’allemand étant dominant, suivi du français et de l’italien. Dans ce contexte, la très grande majorité des gens parlent au moins deux langues, quand ce ne sont pas trois, quatre… et même cinq ! J’en ai été témoin ! Il y a la langue maternelle, celle qu’ils utilisent à la maison, et la ou les autres langues, pour le travail et les déplacements à l’extérieur de leur « zone linguistique ». Pour eux, c’est on ne peut plus normal. C’est même nécessaire et indispensable pour leur survie économique.

Ce qui m’amène au second constat… Les Suisses ne craignent pas de perdre leur identité culturelle parce qu’ils baignent dans une marre multilingue. Nous ? Oui… même si je ne m’inclus pas dans le « nous ». En Suisse, les enfants peuvent apprendre deux langues simultanées à l’école. Un Québécois vivant en Suisse depuis 2006 a relaté il y a quelques jours, à l’émission de Sylvain Bouchard du FM 93, que ses enfants suivent leurs cours en français les trois premières journées d’école, et en allemand les deux dernières.

Au Québec, nous avançons sur cette question du bilinguisme à l’école comme sur des charbons ardents. Pourtant, s’il y a une langue seconde que nous devrions tous maîtriser, ne serait-ce que pour communiquer avec nos voisins de l’ouest, de l’est et du sud, c’est bien l’anglais. À force de vouloir protéger notre langue qui, selon moi, n’est pas plus menacée que le français du côté de la Suisse romande, nous nous fermons à de très grandes occasions d’affaires. Comme nous l’avons appris récemment, l’entrepreneuriat au Québec est plutôt timide. Or, les Québécois qui s’expatrient sont beaucoup plus nombreux, en proportion, à se lancer en affaires. Tirons nos propres conclusions…

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