Recherche

[ENTREPRENEURIAT] Les gérants d’estrade

14 septembre 2023 | Annie Fortin, Focus TDL

[ENTREPRENEURIAT] Les gérants d’estrade

« Avant de juger son frère, il faut avoir marché plusieurs lunes dans ses souliers. » Ce proverbe amérindien, beaucoup de gens rapides sur la gâchette de la critique devraient s’en inspirer.




Alors que les conséquences de la pandémie continuent à se manifester sur le milieu des affaires, surtout avec la fin récente des programmes de soutien, on assiste çà et là au naufrage de gros noms. Et en avant les critiques ! Dans la vie, la file des gens qui critiquent s’allonge à perte de vue. C’est vrai dans toutes les sphères de l’expérience humaine et pas seulement à l’égard des entrepreneurs. Or, la plupart du temps, quand on saute rapidement aux conclusions en observant une situation, que sait-on de son contexte ? Pas grand-chose, sinon rien du tout. En tant qu’entrepreneure, j’en ai entendu de toutes sortes au cours de l’été, et souvent par des personnes qui ne connaissent rien du monde des affaires. Pourquoi alors critiquer autant alors que ce faisant, nous sommes à peu près certains d’être dans le champ ?

Plusieurs raisons expliquent le phénomène de la critique. Il peut s’agir de projection, un système de défense par lequel on projette sur autrui nos peurs et nos failles pour éviter de les voir en soi. Un sentiment d’infériorité peut aussi être en cause, car il se traduit souvent par une supériorité déguisée. La critique peut aussi être utilisée comme outil de vengeance. Et on pourrait en mentionner plusieurs autres.




J’invite les amateurs de critiques à se répéter que sans savoir ce qui se passe vraiment, on est forcément à côté de la plaque. Je suggère davantage d’ouverture d’esprit, plus de douceur et de compréhension lorsque la tentation de tirer des conclusions hâtives est trop forte.


La seconde catégorie est celle des personnes qui disent ce qu’il aurait fallu ou ce qu’il faudrait faire dans une situation donnée. Moins fréquentée que la précédente, elle recueille néanmoins nombre d’adeptes, ces gérants d’estrade qui auraient pris de meilleures décisions. Il est certes facile de juger et d’émettre des opinions, mais encore là sans savoir de quoi il retourne. Tout entrepreneur sait très bien qu’il faut beaucoup de courage pour oser faire les choses différemment, en décidant de sa propre voie, sans déléguer son pouvoir à un patron au-dessus de soi. De l’extérieur, il est difficile de voir tous les sacrifices que cela implique, car ceux-ci demeurent en coulisses. La paye par exemple. Pas de revenus, pas de salaire, c’est aussi simple que cela. Il ou elle aurait dû prendre une pause… Ah oui ? Pendant ce temps, l’entreprise ne t’attendra pas… Même nos proches ne comprennent pas bien souvent notre réalité. Les gens seraient surpris du taux horaire final au prorata des heures travaillées. En effet, quand un projet nous passionne, nous ne regardons pas le temps que nous y consacrons.

Finalement, les personnes qui AGISSENT appartiennent à la troisième catégorie, et la file est drôlement plus courte ! En effet, il faut assumer tous les risques, incluant la déroute, et s’adapter chaque jour à de nouvelles réalités, porter tous les chapeaux. Les entrepreneurs ont des idées et des projets à réaliser, et ils s’y investissent même si l’échec fera toujours partie des possibilités. Telle est la fibre du bâtisseur. Notre santé physique et mentale doit être au rendez-vous, sinon tout s’écroule.

J’invite donc les amateurs de critiques à se répéter que sans savoir ce qui se passe vraiment, on est forcément à côté de la plaque. Je suggère davantage d’ouverture d’esprit, plus de douceur et de compréhension lorsque la tentation de tirer des conclusions hâtives est trop forte. Et ici encore, la règle d’or « Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’ils te fassent » reste toujours d’une indélogeable actualité.


Pour en savoir davantage sur Focus TDL : focustdl.com






rêver

Gérer le consentement