Il y a quelques jours avait lieu le plus grand rendez-vous international du soccer. Pour les pays hôtes, cette compétition couronnait plusieurs années de planification. Il en allait de même pour les athlètes, préparés à représenter leur nation au plus haut niveau. Pour leur permettre d’atteindre leur meilleure performance, tout avait été mis en œuvre afin de leur garantir un environnement optimal. Toutefois, la tenue d’un tel événement repose avant tout sur une gestion rigoureuse du risque, essentielle à la sécurité, à la santé des participants et à la continuité des opérations.
Voici quatre catégories de risques majeurs à considérer.
1. Les risques liés à la sécurité
Priorité absolue des autorités, la sécurité physique constitue un enjeu de protection et de réputation internationale. Alors que les éditions précédentes devaient sécuriser un seul territoire, celle de 2026 exigeait une coordination entre trois pays hôtes (Canada, États-Unis et Mexique) pour protéger les joueurs, les supporters, les stades et les zones de visionnement publiques.
Le dispositif de sécurité repose sur trois piliers fondamentaux :
- La prévention des incidents violents ou des tensions entre supporters;
- La gestion des mouvements de foule aux abords et à l’intérieur des enceintes sportives;
- La surveillance continue des sites, combinée à un contrôle technologique des accès.
2. Les risques sanitaires
Face à la propagation possible de maladies infectieuses ou de contaminations alimentaires dans les zones à haute densité, les trois nations devaient aligner leurs normes de santé publique. Un seul virus pouvait compromettre les chances de qualification d’une sélection entière. Pour prévenir ces crises, des protocoles stricts et standardisés sont essentiels :
- L’application de mesures sanitaires identiques dans les centres d’entraînement et les hôtels;
- Des contrôles alimentaires rigoureux pour la restauration des délégations;
- Un suivi médical personnalisé, incluant la récupération des joueurs;
- Des plans d’isolement rapides en cas de contamination.
3. Les risques environnementaux et climatiques
Le soccer se pratiquant en plein air, les conditions météorologiques exigent une grande flexibilité. Les comités doivent s’appuyer sur des analyses prédictives pour s’adapter aux facteurs suivants :
- Les fluctuations thermiques, imposant des pauses d’hydratation;
- Les précipitations pouvant dégrader la pelouse;
- La surveillance de la qualité de l’air dans les métropoles d’accueil.
4. Les risques liés à la cybersécurité
Ce tournoi figure parmi les manifestations les plus visées par les cybermenaces. La popularité des vedettes du ballon rond en fait aussi des cibles de choix pour le piratage. La cybersécurité est donc centrale pour contrer :
- Le piratage de comptes et le vol de données sensibles;
- Les attaques envers les infrastructures des stades;
- L’usurpation d’identité de joueurs et la manipulation d’information;
- La perturbation numérique de la télédiffusion mondiale.
Derrière chaque but se déploie une ingénierie de l’ombre. Cet univers révèle à quel point la protection des humains, des infrastructures et des données repose sur l’anticipation, les technologies de pointe et une culture du risque intégrée.
Julie Bédard
LL.B, MBA, ASC
Vice-présidente, positionnement stratégique et relations d’affaires — Province de Québec chez BFL CANADA
Sacha Vaillancourt
Vice-président principal et directeur de pratique nationale chez BFL CANADA