Ce qu’on se raconte
La plupart des freins au développement professionnel sont des récits qu’on répète assez souvent pour qu’ils semblent vrais. « Mon employeur devrait financer tout ça. » Votre évolution professionnelle dépend-elle alors des priorités budgétaires d’autrui ? « Je n’ai pas le temps. » Vous avez le temps que vous protégez.
Le véritable problème est que cette réunion avec soi est toujours la première à sauter. « J’approche de la retraite, ça ne vaut plus la peine. » Ce frein est peut-être le plus coûteux. Les meilleures années de rémunération sont souvent les dernières.
Un actif qui ne figure dans aucun bilan
Voici ce qui distingue les compétences de presque tous les autres avantages liés à l’emploi : elles vous appartiennent, traversent chaque transition avec vous.
Investir dans son développement constitue donc l’un des paris les plus sûrs qu’un professionnel puisse faire. Selon le Forum économique mondial, près de 44 % des compétences considérées comme essentielles aujourd’hui seront transformées ou dépassées d’ici 2030. Les professionnels qui vivent ces transformations avec le plus d’agilité ne sont pas nécessairement les plus brillants. Ils ont simplement maintenu l’habitude d’apprendre, car il y a une différence fondamentale entre suivre passivement les formations proposées et construire délibérément son propre parcours, se poser les questions les plus pertinentes dans un marché qui évolue constamment.
Et la bonne nouvelle, c’est que cette curiosité n’a jamais eu autant d’occasions de s’exprimer, notamment grâce à Internet. Ce qui manque, ce n’est pas l’accès, c’est la volonté. Découvrir qu’on ne sait pas encore.
Des gestes simples, des effets durables
Quelques habitudes concrètes peuvent faire une différence réelle dans la durée. Par exemple, tenir un registre de ses apprentissages, un outil précieux pour bien visualiser son parcours et très utile lors d’une discussion salariale, d’une évaluation annuelle ou d’une transition de carrière. Ensuite, faire part de ses intentions à son gestionnaire.
L’organisation ne peut rien faire si elle ne sait pas où vous voulez aller. Son rôle dans le développement de ses équipes est évidemment essentiel, en créant des environnements plus mobilisateurs, plus innovants. Mais dans un marché du travail en transformation accélérée, attendre que l’initiative vienne uniquement de l’extérieur est une stratégie de plus en plus fragile.
Une responsabilité qui ne se délègue pas
Prendre en charge son développement professionnel n’est pas qu’une question de carrière. C’est une façon de préserver sa capacité d’agir, de s’adapter, et de continuer à contribuer pleinement, peu importe où l’on se trouve dans son parcours. Dans dix ans, vous serez en grande partie la somme des décisions d’apprentissage que vous aurez prises — ou évitées — pendant cette période. Ce n’est pas une métaphore, c’est arithmétique.
Vos prochaines expériences fascinantes seront celles que vous ignoriez hier. Soyez curieux !